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Un médecin français formé par l’US NavyImprimer cette page
 
 
 

Philippe Mailleuchet est médecin adjoint chargé du personnel navigant (PN) à la base aéronavale Nîmes-Garons. Cette spécialité, il l’a acquise au cours d’un stage au Naval Aerospace Medical Institute à Pensacola en Floride. Tous les deux ans, un médecin exerçant dans la marine est sélectionné pour suivre le Flight Surgeon Course, formation intensive de sept mois à la médecine aéronautique navale.

 
Le médecin Mailleuchet à terre

En novembre 2006, le médecin Mailleuchet s’envole pour les États-Unis. À son arrivée à Pensacola, berceau de l’aéronautique navale américaine, il passe des tests d’aptitude médicale, de maîtrise de l’anglais et de natation. Objectif : accéder au cours de spécialisation en médecine aéronautique appliquée à l’environnement aéromaritime.

Chaque épreuve est potentiellement éliminatoire. Le centre d’expertise médicale du personnel navigant (CEMPN) de Toulon a donc vérifié au préalable son aptitude physique. Le médecin s’est aussi sérieusement entraîné à la natation au cours des six derniers mois. Les Wings of Gold remises au terme de la formation se méritent.

... et en vol

Mais, les conditions d’apprentissage sont excellentes. Le matériel est abondant et de qualité. Bien sûr, « un temps d’adaptation linguistique est nécessaire lorsque les cours sont donnés par des professeurs texans, à l’accent très marqué ».

Les quatre premiers mois, personnel navigant et médecins, américains et étrangers, suivent les mêmes cours. L’élève Flight Surgeon éprouve les difficultés de l’apprentissage initial du pilotage. Ce partage d’une formation au rythme volontairement rapide permet aux médecins de ne jamais oublier pourquoi les navigants sont tellement attachés à leur métier.

Epreuve de survie en mer : harnachés dans un hélicoptère retourné sous l’eau, les stagiaires doivent rejoindre la surface par leurs propres moyens.

Au programme de la ground school, la théorie : aérodynamique, navigation aérienne, météorologie, motorisation des aéronefs, circulation aérienne. Les tests se succèdent. Si la note est inférieure à 16 sur 20, le couperet tombe : retour à la maison. « La pression est grande, confie Philippe Mailleuchet. Il est nécessaire d’être très motivé et de bien gérer son stress. Ma hiérarchie m’avait fait confiance et je représentais la France. Je m’interdisais donc d’imaginer un échec. »

La pratique vient ensuite. Les épreuves de survie en mer sont cruciales pour le futur médecin de SAR (Search And Rescue) en mer ou affecté sur un porte-avion. Leurs réussites conditionnent d’ailleurs l’accès, tant espéré, aux vols de familiarisation, de nuit, acrobatiques, en formation serrée, aux instruments et tactiques.

Les élèves-pilotes découvrent sur la base de Whiting-field le T-34c, avion-école de l’US Navy. Ils utilisent aussi l’hélicoptère TH57.

La troisième et dernière phase est réservée aux médecins. « On étudie la prise en charge chez le personnel navigant, par exemple, des pathologies et traumatismes en ORL, ophtalmologie et psychiatrie ainsi que leur prévention, explique Philippe Mailleuchet. Nous découvrons pendant deux semaines toutes les techniques de prise en charge d’un accident aérien. » Enfin, c’est le temps de l’apprentissage, au cours de mises en situation, du vertige, des illusions sensorielles, de l’hypoxie d’altitude, de la décompression explosive et du siège éjectable.

« La volonté de nos instructeurs est de faire des médecins des membres à part entière des équipages : rassurés par le sentiment que nous partageons leur passion du vol, les pilotes nous livrent plus facilement leurs soucis de santé. »

Le médecin français a pu constater que les Américains savent accueillir chaleureusement les étrangers. À Pensacola, aucune rivalité franco-américaine. La volonté d’ouverture de l’US Navy est évidente. L’apprenti-pilote porte la combinaison de vol américaine, sur laquelle le drapeau français lui attire intérêt et amitié, parfois même dans la rue.

Le travail sur cartes, l’une des premières phases de l’apprentissage du vol, de la ground school.

Le médecin Mailleuchet ajoute : « Je voudrais particulièrement remercier une compatriote vivant à Pensacola. Elle s’occupe des médecins qui passent là-bas. Elle nous accueille à l’aéroport et nous guide dans les démarches administratives. »

D’un point de vue professionnel, huit mois après son retour, le recul est faible. « Mais, dit-il, cette formation est appréciée du personnel navigant. Elle nous rapproche car elle est un prétexte idéal de conversations. Celles-ci montrent que nous partageons leur goût et leur connaissance du vol. Le Flight Surgeon Course nous prépare concrètement à nos futures fonctions, au quotidien dans les flottilles ou escadrilles, et lors de situations particulières comme la récupération de blessés en mer ou l’embarquement sur le porte-avions Charles-de-Gaulle ».

Le médecin reste en relation avec ses camarades de stage. « Nous discutons de cas, échangeons de la documentation médicale. Nous nous enrichissons des méthodes de travail et de l’expérience des autres. »

« Ce séjour à Pensacola a été une expérience incroyable, conclut Philippe Mailleuchet. J’ai découvert le plaisir de voler. Cela m’a permis de comprendre ce que ressent et vit le personnel navigant, sa volonté de toujours voler ».

Les Wings of Gold, insigne de spécialiste en médecine aéronautique navale, sont remises au cours d’une cérémonie solennelle

 
Sources : Bcissa / C.Pinard
Droits : DR
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