La 10e cérémonie du prix de l'Audace, décerné par la fondation Maréchal Leclerc de Hauteclocque, s’est déroulée le mercredi 5 décembre 2012 à l'école militaire, à Paris. Le médecin en chef Jean-Michel Pontier médecin major de l'école de plongée de Toulon a été récompensé pour le projet de lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation.
Le Prix de l'Audace récompense les personnels les plus audacieux et innovants du ministère de la Défense et de la gendarmerie. Il apporte des réponses concrètes, simples et rapides à des besoins opérationnels ou, plus généralement, de nature à améliorer le fonctionnement des unités. Cette année, le projet LIPOD® ou lot individuel portatif d’oxygénation et de dénitrogénation du médecin en chef Pontier, pour lequel il a été distingué.
Lors d’opérations spéciales, la mise à terre de personnel et de matériel peut faire appel aux techniques de sauts opérationnels à très grande hauteur (SOTGH) ou au largage de matériel à très grande hauteur (LMTGH). L’utilisation d’avions dépressurisés nécessite de prévenir le manque d’oxygène et le risque de décompression par saturation en azote pour des altitudes supérieures à 4 200 mètres. Ce résultat est actuellement obtenu par l’utilisation d’un réseau collectif de distribution d’oxygène.
Toutefois, la capacité d’emport de l’oxygène limite ces missions à des altitudes inférieures à 8 000 m, alors que l’arrivée du gros porteur A 400M devrait permettre la réalisation de largages jusqu’à 11 000 m. Le médecin en chef Pontier a eu l’idée de concevoir, en collaboration avec les sociétés ULMER et M3S, un dispositif simple d’oxygénation et de dénitrogénation permettant les missions opérationnelles compatibles avec les capacités futures de l’A 400M.
Le système LIPOD® simple et rustique constitue une rupture technologique par rapport au système actuel d’oxygénation pour cinq raisons : une autonomie garantie de deux heures jusqu’à 11 000 m grâce au principe de fonctionnement en circuit fermé, une réduction du volume d’oxygène emporté pour la mission et disparition du réseau collectif à bord de l’aéronef, l’absorption du dioxyde de carbone par réaction chimique avec de la chaux sodée permettant également de lutter contre le grand froid en altitude, la réalisation de l’oxygénation et de la dénitrogénation avec le même système, la réduction du risque de syncope hypoxique lors du passage du réseau collectif au réseau individuel du chuteur, le faible encombrement du matériel et l’ergonomie réduisant le risque d’incident lors du déploiement de la voile.
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