Le SSA est engagé auprès de plusieurs ministères, notamment celui de l’Intérieur où il assure le soutien et les missions médicales de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, du bataillon des marins-pompiers de Marseille et des Formations militaires de la sécurité civile (ForMiSC).
Les ForMiSC sont des régiments de l’armée de Terre appartenant à l’arme du Génie et mis pour emploi à disposition du ministère de l’Intérieur. Elles regroupent 3 Unités d’instruction et d’intervention : les UIISC 1 de Nogent-le-Rotrou, UIISC 5 de Corte et UIISC 7 de Brignoles. Elles interviennent en cas de catastrophe naturelle ou technologique sur le territoire français ou à l’étranger, sur demande d’assistance de pays touchés par un sinistre. Elles sont en particulier spécialisées dans la recherche de victimes sous décombres lors de tremblements de terre, la lutte contre les feux de forêt et disposent de moyens de détection et de décontamination dans le cadre du risque NRBC-E.
L’exemple remarquable du feu de forêt de la Réunion
Les UIISC sont caractérisées par leur rapidité de déploiement. Ainsi, le 25 octobre 2011, pour la 2e année consécutive, cinq départs de feux sont dénombrés au cœur du Parc Naturel de la Réunion inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Devant l’extension rapide du sinistre, des renforts de métropole sont demandés dès le lendemain et 60 sapeurs-sauveteurs, dont 2 sections du DIH (Détachement d’Intervention Héliporté), quittent l’UIISC 7 en quelques heures.
La mission du DIH est d’intervenir sur des zones inaccessibles aux moyens terrestres et/ou dépourvues d’eau. Les hommes, le matériel et l’eau sont acheminés au plus près du sinistre par des hélicoptères. Le soutien sanitaire de ces sections souvent isolées est effectué à l’avant par un médecin ou un infirmier totalement intégré à l’équipe et titulaire des formations d’équipier FDF (feux de forêt) et DIH. Ces personnels santé participent à tous les exercices de la mise en condition opérationnelle (séances d’aérocordage, manœuvres) et à toutes les missions.
Les pathologies susceptibles d’être rencontrées sont l’intoxication aux fumées d’incendie, le coup de chaleur d’exercice, la déshydratation et l’épuisement à l’effort, les atteintes oculaires et la pathologie traumatique. Les brûlures sont également possibles, diffuses lors des phénomènes « d’embrasement généralisé éclair » ou localisées, comme sur cette mission à la Réunion, où l’existence de puits de cendres brûlantes et poudreuses rendait possible l’atteinte des membres inférieurs.
L’intervention à la Réunion s’est caractérisée par une forte intensité initiale. Le binôme santé (un médecin et un infirmier) assurait le soutien sur le terrain en permanence (1 personnel par section) ainsi que, le soir, les consultations et les soins. Ont été pris en charge principalement des pathologies ORL, dermatologiques et rhumatologiques.
Le feu de 2011 à la Réunion a ravagé 2800 hectares de forêt et près de 1000 sapeurs, militaires et civils, se sont relayés sur le terrain pendant plusieurs semaines pour le circonscrire et l’éteindre définitivement.
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