Vincent Collardeau a accepté de témoigner de sa double expérience civile et de réserviste opérationnel.
Quel est votre parcours professionnel ?
Après avoir obtenu mon diplôme d'ingénieur TELECOM (Telecom Sud Paris) en 2006 j'ai commencé ma carrière chez Neuf Cegetel pour le déploiement de ses infrastructures d'accès internet pour le grand public et les entreprises.
En 2007 j'ai intégré une société de conseil et d'intégration (Niji) au titre de consultant Telecom. J'accompagne depuis cette date un opérateur de téléphonie mobile majeur français dans la gestion des validations (planning, pilotage, tests etc.) pour l'ensemble des projets de son coeur de réseau là où transitent l'ensemble des flux internet des abonnés.
Malgré un travail dans un univers très technique, le sens du relationnel, du contact et de l'esprit d'équipe animent en permanence ma vie professionnelle.
Quelles ont été vos motivations pour intégrer la réserve ?
Pourtant issu d'une famille n'ayant pas le moindre militaire dans ses rangs j'étais toujours fasciné par l'environnement des armées (prestige, rigueur, discipline!). Les nouvelles technologies (NTIC) m'attiraient aussi. C'est la JAPD qui m'a informé sur la réserve: avoir un pied dans le militaire et l'autre pied dans le civil pour une carrière dans les télécoms m'a paru un bon compromis!
Tout en servant mon pays, je voulais me rendre utile au plus prés de la population et aimant le sens du relationnel j'ai donc choisi d'intégrer la réserve de la Gendarmerie. Six années après la JAPD, une fois que les prépa, école d'ingénieur et préparation militaire (PMSG) furent achevées, j'ai signé mon ESR en 2005.
Le goût des responsabilités m'a amené à poursuivre ma formation militaire par le cycle PEOR (finalisé l'année dernière à l'EOGN) afin de devenir officier de réserve. Depuis cette année j'ai pris la responsabilité auprès du conseiller réserve de mon groupement de la formation des militaires du rang de réserve. La mise en place des plannings, la prise de responsabilité et le relationnel ne sont pas si éloignés de la vie civile, la boucle est bouclée!
Que vous apporte cette activité ?
Mon activité de réserviste (2 jours par mois en moyenne) me donne entière satisfaction dans la mesure où en fin de journée en unité j'ai pu apporter une contribution dans le bon déroulement d'une enquête, d'une manifestation de grande ampleur, de secours sur un accident de la circulation... Mais au delà du sentiment d'avoir aidé la population, la rigueur et la ponctualité sont des atouts que m'apportent mon deuxième emploi!
Ayant depuis le début de l'année la charge d'un peloton de 30 personnes dans le cadre de leurs formations DAR, il faut donc être responsable et responsabiliser, deux comportements qui me guident en tant que militaire mais aussi en tant que citoyen.
Comment conciliez-vous votre vie personnelle, professionnelle et vos activités de réserviste ?
Lorsque je me suis engagé je ne pensais pas gérer un planning "complexe" de mes week-ends. Mes amis planifiaient des sorties le soir, moi je me préparais pour des patrouilles de surveillance générale nocturne!
Le plus contraignant a été la formation initiale étalée sur 3 ans sur trois modules (PMSG-PEOR1-PEOR2, EOGN Melun), les vacances ont été vite organisées! Faire état de ses disponibilités à l'avance permet une stricte planification pour que notre vie privée ne soit pas perturbée.
Au niveau professionnel je suis transparent avec mes activités en Gendarmerie ce qui permet à mon environnement de découvrir l'institution. Cette transparence permet à mes responsables de comprendre que je peux renforcer une unité en cas de besoin immédiat (Rave Party par exemple)!
Dans ce cas je puise dans le solde de mes RTT ou jours de congés pour limiter l'impact administratif de mon engagement.
Avez-vous une anecdote, un souvenir personnel à propos de la JNR ?
J'ai plutôt une anecdote issue d'une présentation des composantes de la Gendarmerie au public dans une grande galerie commerçante à Chartres.
Je me souviens du passage au stand d'un voisin qui ne connaissait pas ma deuxième vie. En venant vers moi il a été surpris et il voulait connaitre les raisons de ma démission de mon emploi civil! Je lui ai présenté la réserve et il est reparti avec plusieurs plaquettes et l'idée que je pouvais intervenir pendant un renfort en brigade s'il se faisait cambrioler! Cette anecdote reflète parfaitement le rôle des réservistes présenté notamment lors des JNR.
Cette synergie entre vie professionnelle et militaire mêlée à un fort sentiment de service à la nation me permet d'annoncer simplement que je ne regrette en aucun
cas mon engagement. La réserve opérationnelle je la vis tous les jours!
Sources : SecGén CSRM
Droits : SecGén CSRM