Rabiaa Chemirik a accepté de témoigner de sa double expérience civile et de réserviste opérationnel.
Quel est votre parcours professionnel ?
J'ai un niveau terminale C, mais je n'ai pas passé le bac, car ayant eu un enfant assez jeune, j'ai dû commencer la vie active tôt. Arrivée à Paris, j'ai travaillé cinq années à la Poste. Puis j'ai souhaité changer d'emploi et je songeais déjà à faire mon service national ou à m'engager, mais je n'avais pas encore la nationalité française. Lorsque ce fut fait, j'étais trop âgée pour l'armée et j'ai passé et réussi le concours de catégorie C du ministère de la défense. J'ai alors été affectée à l'Association pour la reconversion civile des officiers et des sous-officiers (ARCO), où je travaille depuis.
Qu'est-ce qui vous a motivé pour un engagement dans la réserve militaire ?
J'ai d'abord été sensibilisée au fait militaire par ma meilleure amie d'enfance dont le père était gendarme, et j'ai toujours été sportive. Je pensais depuis longtemps à m'engager. De plus, pendant le stage d'adaptation en tant qu'adjoint administratif j'ai découvert que d'anciens militaires qui avaient aussi réussi le concours, étaient en disponibilité de cinq ans et pouvaient être rappelés comme réservistes. Ces derniers m'ont appris que je pouvais aussi accéder à la réserve militaire. Je me suis donc renseignée, notamment au CIRAT, où j'ai demandé à ne pas servir en état-major (car j'effectue déjà un travail administratif toute la semaine), mais plutôt sur le terrain. J'ai alors signé au 121e régiment du train en juin 2005.
Quelle formation avez-vous suivie dans le cadre de la réserve ?
J'ai commencé par "faire mes classes" au régiment, c'est-à-dire ma formation militaire initiale du réserviste (FMIR), qui est très dense. J'ai terminé 2ème de ma session de douze personnes. J'ai alors été affectée au 6e escadron de transport, au peloton d'instruction, pour encadrer les militaires féminins des prochaines sessions de formation, ce qui me plaît beaucoup. Je continue ma propre formation en vue d'accéder à plus de responsabilités, tout en transmettant, en tant que cadre instructeur, ce que j'ai appris.
Avez-vous rencontré des difficultés à mener cette vie "doublement active" ?
Je suis assez disponible pour mener les deux de front. Tout s'est fait naturellement, car j'ai l'impression d'avoir les deux pieds dans le milieu militaire. Dans ma vie professionnelle, je travaille avec des militaires d'active, et mon général s'intéresse à mes activités dans la réserve et me pousse à continuer. Il y a une certaine continuité entre ces deux "vies" liées à la défense, et en même temps, mes périodes de militaire de réserve sont une coupure dans ma vie professionnelle. Mais, le quotidien difficile de la réserve, ce sont les lourdeurs administratives, les textes étant difficiles à trouver et paraissant toujours avec beaucoup de retard; il y a un grand décalage entre l'énergie et les activités des militaires de réserve et les méandres et retards de l'administration et de la gestion de ces derniers.
Comment voyez-vous votre avenir ?
Je souhaite gravir tous les échelons et je suis très motivée pour accéder à l'Ecole nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent pour devenir sous-officier et avoir davantage de responsabilités. J'ai très envie d'avoir une belle carrière dans la réserve. Je rêve en fait de devenir adjudant d'unité, et pourquoi pas aller au-delà…. J'ai aussi postulé pour les opérations extérieures, mais je suis encore trop jeune en service, et pour VIGIPIRATE.
Avez-vous autre chose à ajouter, ou une anecdote qui vous a marqué à raconter ?
Je dirais seulement que depuis que je suis dans la réserve militaire, j'ai l'impression de revivre. Cela correspond complètement à ma personnalité. Je vis mes périodes de réserve de manière intense. Depuis que j'ai commencé, je n'ai raté aucun weekend de réserve et ai participé à diverses missions (cérémonies, 14 juillet…) en tant que militaire de réserve. J'aimerais pouvoir faire plus que trente jours par an. Ce qui est formidable, c'est d'être là sur volontariat, c'est un engagement personnel pour sa patrie, à ne pas prendre à la légère. C'est vraiment une passion pour moi et j'aimerais pouvoir la faire mieux connaître, tant dans le milieu de la défense (où c'est encore confidentiel, notamment chez les personnels civils de la défense) qu'à l'extérieur.
Sources : SecGén CSRM
Droits : SecGén CSRM