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La réserve militaire

Pour une Défense d’avance

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Interview de Christophe Soulard

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Mise à jour : 03/09/2010 11:12  - Auteur :  SecGén CSRM  - Direction :  BCRE

Christophe Soulard a accepté de témoigner de sa double expérience civile et de réserviste opérationnel.

Quel est votre parcours professionnel ?

Assistant parlementaire (1991-1993), chargé de communication (1993-1995), attaché de presse (1995-1998), journaliste agricole (1998-2000), journaliste politique (2000-2002) directeur de campagne (mai-juin2002), journaliste politique (2002-2009).

Quelles ont été vos motivations pour intégrer la réserve ?

Elles tiennent en un mot : SERVIR. C'est à l'occasion d'un reportage que j'effectuais à l'Assemblée nationale sur les réserves militaires que j'ai eu en quelque sorte la révélation. J'avais 37 ans à cette époque-là et je voulais donner un sens à ma vie avec l'objectif de rendre à mon pays ce qu'il m'avait donné. J'avais pensé à l'humanitaire, à l'associatif... Je suis une vocation très tardive. Et j'ai mis deux ans avant d'intégrer une unité : l'ENSOA en l'occurrence. Mais ça ne correspondait pas du tout à mes attentes. Je voulais un peu plus d'action et comme j'avais gardé un bon souvenir de mon service militaire, j'ai pensé que ça pouvait "coller". J'ai trouvé, dans la réserve militaire tout ce que je pensais alors qu'un tel type d'implication pouvait m'apporter : servir mon pays en ayant des responsabilités, en étant reconnu, en disposant d'un réseau solide et amical, en ayant des expériences que tout un chacun n'a pas l'occasion de connaître. J'ai, de ce point de vue, été comblé entre le 4ème bataillon de Saint-Cyr et le Tchad...

Que vous apporte cette activité ?

Ma réponse tient en deux mots (valeur ajoutée) ou en 3 (que du bonheur!). Pourquoi et comment ? A travers cette activité, je sors de mon milieu. Je vois d'autres personnes, d'autres techniques, d'autres mentalités, d'autres relations humaines. J'apprends aussi la vie de soldat, ses contraintes, ses joies, ses peines, son quotidien, ses difficultés, ses rigueurs, ses souplesses, ses règles. Je cultive l'esprit de cohésion à travers le tissu associatif, à travers mes activités en caserne où j'ai tissé un bon réseau d'amis sur qui je peux compter. L'activité militaire est aussi, dans mon cas, complémentaire de mon activité civile. Bien qu

e la structure de mon journal soit entièrement privée, il s'intéresse au secteur public et à la politique. Je m'occupe en particulier de la modernisation de l'Etat dont le ministère de la Défense est l'un sinon le premier des acteurs. Je suis devenu "le" spécialiste défense de ma rédaction. Ca tombe bien puisque personne d'autre ne veut s'en occuper. Mon appétence pour les affaires militaires et mon expérience d'officier de réserve me permettent de me faire comprendre de mes interlocuteurs, bien qu'ils ne sachent absolument pas que je suis officier de réserve. Je ne leur ai jamais dit, y compris quand j'ai interviewé dans son bureau en mars 2008 le ministre de la Défense ou plus récemment le Général Bansard de l'EMA. Nous parlons le même langage, nous nous comprenons, je les comprends et il n'existe aucun conflit de loyauté entre mon métier et mon activité de réserviste... Il existe même dans ce cas précis une parfaite complémentarité.
L'armée m'apporte en outre et sur d'autres plans une méthode et une rigueur que n'ont pas tous les journalistes...

Comment conciliez-vous votre vie personnelle, professionnelle et vos activités de réserviste ?

Côté vie professionnelle : Ce n'est pas tous les jours facile et parfois incompréhensible : par exemple mon patron m'a laissé partir quatre mois en OPEX au Tchad, même si j'ai dû prendre un congé sans solde parce que je travaille dans le secteur privé. Mais il m'a refusé de partir pour effectuer, en mars, un stage de 15 jours en Allemagne. En revanche, pour les courtes missions (un ou deux jours), ça ne pose pas de problème!! Parfois j'ai du mal à suivre sa pensée mais bon... nous parvenons à trouver un terrain d'entente d'autant que ma hiérarchie militaire est aussi compréhensive.

Côté vie personnelle : Je suis divorcé. Mes enfants ne vivent pas avec moi. Cela étant, quand je suis parti au Tchad pour quatre mois, il a fallu faire une longue et sérieuse explication de texte, de visu, en tête-à-tête. Pour eux, la séparation a été assez dure. Pour moi aussi mais de manière moins intense. Cela étant avec Internet, le téléphone et la Poste le lien n'a jamais été rompu... A mon retour ils étaient même très fiers (surtout mon fils) que leur père ait effectué cette campagne qu'ils ont pu suivre par médias interposé (notamment sur France 24, chaîne de télévision où je suis passé...) Mon fils a raconté mon "aventure" à ses copains de classe qui ne le croyaient pas. Ses copains de classe pensaient que j'étais non pas au Tchad mais en Afghanistan...

Avez-vous une anecdote, un souvenir personnel à propos de la Journée Nationale du Réserviste ?

Je ne suis réserviste que depuis 4 ans et ce sont les premières auxquelles je participe. J'ai cependant un avis très personnel : Ces JNR ne sont pas utiles. Elles sont INDISPENSABLES pour renforcer le lien armée/nation qui s'est délité depuis la fin de la conscription.

Sources : SecGén CSRM
Droits : SecGén CSRM

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