"La réserve n'est pas utile, elle est indispensable"
M. Gérard Longuet, ministre de la défense et des anciens combattants, 11 janvier 2012
Compte-rendu de l'assemblée plénière du Conseil supérieur de la réserve militaire du 11 janvier 2012
L'assemblée plénière du Conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM) s'est tenue le 11 janvier à l'Ecole militaire, en présence du ministre de la défense. Sous son impulsion des réformes de fond ont été réalisées en particulier sur l'emploi et sur la gouvernance de la réserve militaire. A cette occasion, le ministre a donc exposé aux membres du Conseil les objectifs de ces réformes et les perspectives pour la réserve.
La réorganisation des armées a entrainé des conséquences sur la réserve militaire qui est un sujet à part entière de la réforme.
La professionnalisation des armées avec la suspension du service national a posé la question majeure du maintien du lien entre l'armée et la nation autrefois assuré par la conscription. Il était donc nécessaire de maintenir ce lien et, en particulier, de repenser la réserve pour éviter d'isoler les armées de la société française. Par ailleurs la recherche prioritaire d'optimisation des moyens et d'aptitude permanente à la projection a pour conséquence un appauvrissement des services territoriaux pourtant indispensables. La réserve opérationnelle, formée de professionnels compétents et mobilisables est donc une réponse particulièrement adaptée à ces contraintes car elle permet d'assurer la continuité du service y compris en cas de crises intérieures graves.
Le besoin est donc incontestable, le réserviste est un militaire à part entière qui doit être réactif, sur lequel on doit pouvoir compter avec un court préavis.
Dans cette optique il est primordial que les réservistes soient informés rapidement de leur emploi et de la gouvernance qui les régit..
La politique de la réserve militaire qui est du ressort exclusif du ministre de la défense et des anciens combattants implique la mise en place d'une gouvernance de plus en plus élaborée à laquelle l'administration, les réservistes, les employeurs, les salariés et les professions libérales sont associés. Elle s'organise en deux étages, un comité directeur pour élaborer et valider cette politique et un CSRM revitalisé dans lequel tous ces acteurs pourront s'exprimer.
Ce dernier recevra dans les mois qui viennent une nouvelle mission de concertation-dialogue. Pour cela, ses effectifs vont s'accroître afin d'accueillir en ses rangs davantage de représentants des réservistes de terrain ainsi que des autorités militaires locales. En outre, sa mission de partenariat entreprise-défense, outil majeur de dialogue avec les employeurs, sera renforcée.
En matière d'emploi chaque armée définit ses besoins. Cependant les réservistes, militaires professionnels à temps partiel, sont et doivent être employés dans une fonction bien définie. Ainsi, afin de mettre en place des masses de manœuvre pour les crises intérieures, l'armée de terrer va rattacher des réservistes aux 11 brigades de l'armée de terre. Par ailleurs, la réserve militaire participe pleinement au dispositif de réserve de sécurité nationale destiné à faciliter la mobilisation des réservistes des différents ministères dans les délais les plus courts. Ses modalités exigeantes demandent une implication plus importante des réservistes et de leurs employeurs; Un projet de décret a été examiné lors de cette plénière.
Les réservistes citoyens seront impliqués plus concrètement dans le dispositif d'influence de la défense et de résilience de la Nation. Ces nouvelles missions feront l'objet de plusieurs expérimentations et une directive, qui sera complétée par un plan d'action élaboré par le CSRM et qui sera présentée dans les semaines à venir.
Par ailleurs la participation de la réserve militaire aux politiques publiques d'aide à l'insertion, dans le cadre d'une politique globale sera également expérimentée durant l'année 2012.
Tous ces chantiers ont donc remis la réserve au cœur de l'actualité.
Enfin, lors de cette plénière, les membres du Conseil ont soumis au ministre plusieurs questions relatives au budget de la réserve militaire, au plan prévisionnel d'activité, au contrat du réserviste et à la reconnaissance de celui par ses employeurs civils, à l'attribution de la croix du combattant volontaire pour les réserviste projetés en OPEX, à la mise en place des dispositifs incitatifs pour les entreprises partenaires de la défense, à la couverture sociale des réservistes et à la politique de communication et de notoriété de la réserve militaire. Le ministre y a apporté des réponses dont certaines devraient dès cette année se traduire par de nouveaux travaux pour le CSRM et les instances de gouvernance de la réserve militaire.
Sources : SecGén CSRM
Droits : SecGén CSRM