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Réflexion stratégique

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Mise à jour : 29/03/2012 14:20

Cette rubrique a pour vocation d’exprimer et de diffuser les idées issues des recherches produites au sein des différents organismes du Ministère de la Défense.

Chaque mois, chercheurs et militaires présenteront, à l’occasion d’une publication ou d’une manifestation, les priorités en matière de réflexion stratégiques et un état des recherches en cours dans leur organisme.

La pensée stratégique française contemporaine : héritages et contraintes

A l’heure où les Etats-Unis se heurtent à des situations stratégiques qui relèvent de la contre-insurrection, leurs généraux puisent leur réflexion dans plusieurs sources françaises comme le lieutenant-colonel Galula. Mais cet arbre cache la forêt. La pensée stratégique française s’inscrit dans une longue tradition dont l’étude des « petites guerres », si l’on veut bien utiliser cette catégorie, n’incarne qu’une de ses multiples dimensions. Cette pensée militaire est en effet riche. Ce qui explique son influence sur le développement des pensées stratégiques occidentales. A titre d’illustration, les théoriciens français ont contribué à renforcer l’étude de la manœuvre (Castex), du nucléaire (Aron, Poirier, Gallois), et plus, largement, la nature de l’action dans la guerre. Celle-ci fut l’occasion pour les philosophes d’exposer leurs idées, parfois même au sein même de l’Ecole militaire. On pense ici encore à l’œuvre d’Aron mais aussi à Jean Guitton. Une constance se dégage dans le cas français : les militaires ne s’engageaient pas seulement sur le terrain opérationnel. Ils investissaient également celui de l’esprit. Aujourd’hui, cet héritage se doit d’être maintenu et d’être fructifié. Des officiers, quelle que soit leur génération, sont actifs en la matière. Ils s’efforcent de poursuive le sentier ouvert par leurs prédécesseurs. Des universitaires ne sont pas en reste et les accompagnent sur ce même chemin. Ce dernier présente des contraintes et des particularités nouvelles. Toutes sont stimulantes pour la réflexion.

La première de ces contraintes réside dans un tropisme américain qui définit les priorités et les grandes orientations en matière de recherche. Les Etats-Unis ont su préserver et renforcer leur communauté de chercheurs en matière stratégique. Elle se caractérise par une densité de producteurs et une masse critique de publications. Les recherches américaines occupent dès lors une position dominante dans le champ académique. Or, les concepts et les façons d’envisager le recours à la force présentent très souvent une composante technologique qui efface d’autres perspectives. Le pôle géométrique, (qui constitue la source historique des études sur la guerre) s’est enrichi aux Etats-Unis d’une avance sur le plan technique qui a tendance à effacer la composante humaine et psychologique.

Une seconde contrainte correspond aux transformations des configurations internationales. Si le basculement vers la multipolarité est encore inachevé, il comporte plusieurs interrogations: comment les puissances émergentes conçoivent leur politique de défense ? Quel est l’impact de la crise financière sur les conflits ainsi que les capacités militaires (ce qui renoue avec des questions majeures d’économie politique internationale) ?

Une troisième contrainte réside dans la cristallisation d’un débat entre Anciens et Modernes. Etudier la puissance militaire et son rapport au politique. Tel est l’objectif initial de la pensée stratégique. Avec l’élargissement des missions du soldat aux espaces de crises et une tendance à la diversification de ses actions, une querelle entre les Anciens et les Modernes s’est cristallisée. Les premiers défendent la conception originelle qui fait de la pensée stratégique une science militaire. Les seconds préconisent sa transformation radicale en lui substituant les études de sécurité.

A ces contraintes, il convient d’ajouter une spécificité et une nécessité pour la France. La spécificité est sa dissuasion nucléaire, ô combien structurante lors de l’élaboration du premier Livre blanc sur la défense de 1972. Face à une administration Obama qui cultive un nouveau discours à l’égard du nucléaire, cette logique de dissuasion est sujette à discussion. Militaires et chercheurs français doivent s’exprimer et contribuer au débat. Quant à la nécessité française, il s’agit de son inscription européenne. Des missions PESD, aujourd’hui PCSD, se sont développées depuis 2003. Mais au-delà de cette projection des forces dans une perspective civilo-militaire ou bien des relations à entretenir avec l’Otan, la posture stratégique de l’Union européenne en tant qu’acteur global se pose avec acuité. A nouveau, chercheurs et militaires français doivent œuvrer afin de la qualifier.

Les enjeux sont de taille mais ils sont à la hauteur de cette tradition française qu’il convient de garder vivante.

Frédéric Ramel, directeur scientifique de l’Irsem

Liste des organismes contributeurs

 

IRSEM

http://www.defense.gouv.fr/irsem

 

L’IRSEM a été créé dans le cadre de la constitution à l’Ecole militaire d’un « pôle universitaire de défense », précurseur d’une véritable filière universitaire dans le domaine de la défense, européenne et internationale, et des autres questions relatives à la géopolitique, la stratégie, l’armement et l’économie de défense. Dans la ligne du processus de réforme initié par la création du conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRS), l’IRSEM situe son action au sein du comité de cohérence de la recherche stratégique et de la prospective (CCRP), en charge au ministère de la défense du pilotage et de l’animation de la démarche de prospective et de recherche stratégique.

 

DAS

http://www.defense.gouv.fr/das

La DAS a la responsabilité de proposer au ministre les positions françaises sur les dossiers intéressant la défense. Le directeur chargé des affaires stratégiques est le représentant de la France aux réunions des directeurs politiques "Défense" de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique.

 

CICDE

  http://www.cicde.defense.gouv.fr/

Relevant directement du chef d’état-major des armées, le centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations (CICDE) a pour vocation d’effectuer des travaux de prospective opérationnelle, de développer et d’expérimenter les concepts et les doctrines interarmées dans un cadre national ou multinational. Il a été créé le 21 avril 2005.

CDEF

http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/default.htm

Le centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF) est un organisme extérieur directement subordonné au chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) ;
 Il est dirigé par un officier général, appelé directeur de la doctrine d’emploi des forces, assisté d’un adjoint officier supérieur. En exécution des directives qui lui sont données, le directeur du CDEF élabore la doctrine d’emploi des forces de l’armée de terre, qui vise à garantir leur meilleure performance en opérations. A ce titre, il conçoit, fait appliquer valide et fait évoluer les documents d’emploi des forces, les procédures, les méthodes et les techniques d’état-major.

CESA

  http://www.cesa.air.defense.gouv.fr/

Depuis 2006, le Centre d’études stratégiques aérospatiales est l’organisme de l’armée de l’air en charge de la « réflexion air et spatiale » sur les questions liées à la troisième dimension, la puissance aérienne et l’aviation militaire.

Ses travaux se concentrent sur des dossiers à caractère stratégique pour l’armée de l’air, les concepts d’emploi, les doctrines et la recherche opérationnelle à vocation militaire. Le centre s’implique aussi, dans un esprit interarmées, dans le rayonnement et la promotion de dossiers d’intérêt air.

L’action du CESA est encadrée par les directives du Chef d’état-major de l’armée de l’air et le comité exécutif de l’armée de l’air présidé par le général major de l’armée de l’air.

OED

http://www.defense.gouv.fr/sga/

Observatoire économique de la défense (SGA/DAF/QEFI/OED)

L'Observatoire économique de la défense (OED) relève de la sous-direction des questions économiques, fiscales et internationales au sein de la direction des affaires financières du ministère de la défense (SGA/DAF/QEFI/OED). L'OED est un service d'analyse, d'études et de recherches en matières économique, statistique et financière. En tant que service statistique ministériel (SSM) du ministère de la défense, il fait partie du système statistique public coordonné par l'Insee.

CSFRS

http://www.csfrs.fr/

 

A la suite du rapport commandé par le Président de la République et le Premier ministre en 2007, et dont le texte est accessible sur ce site, la création du Conseil Supérieur de la Formation et de Recherche Stratégiques vise à mutualiser les énergies et les moyens pour donner un meilleur accès aux financements aux équipes de recherche et aux entreprises dont la mission de prospective est essentielle. Le CSFRS n'a pas vocation à monopoliser ou uniformiser la recherche, mais à lui permettre de se développer dans les meilleures conditions en évitant redondances et gaspillage.

 

IHEDN

http://www.ihedn.fr/

 

L’Institut des hautes études de défense nationale a pour mission de former de hauts responsables, civils et militaires, aux questions de défense, de politique étrangère, d’armement et d’économie de défense. Il mène son action tant au plan national qu’à l’international, notamment dans l’espace européen (collège européen de sécurité et de défense, session européenne des responsables d’armement). Il privilégie une pédagogie inductive et s’adosse à des partenariats avec des think tank et l’université avec laquelle il mène une politique active de soutien à la recherche.

INHESJ 

http://www.inhesj.fr/articles/accueil/inhesj-h254.html

Créé par le décret n°2009-1321 du 28 octobre 2009, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice est un établissement public national à caractère administratif placé sous la tutelle du Premier ministre. Le siège de l’établissement est fixé à l’École militaire à Paris.
 
 L’INHESJ intervient dans les domaines de la formation, des études,de la recherche, de la veille et de l’analyse stratégique en matière de sécurité intérieure, sanitaire, environnementale et économique ainsi que dans ceux intéressant la justice et les questions juridiques.

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