Même si la France n’a pas d’ennemis désignés, elle entend participer pleinement au maintien de la stabilité internationale. Elle considère donc essentiel de renforcer les institutions internationales permettant d’agir pour la paix et la sécurité internationales.
Comme le rappelle le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, il existe bien une complémentarité entre défense et sécurité. Par conséquent, la sécurité se construit non seulement à l’intérieur de nos frontières mais aussi à l’extérieur, au plus près des menaces.
Les enjeux relatifs à la sécurité régionale ne peuvent relever d’actions strictement nationales. Les risques ou menaces prennent une dimension mondiale et imposent donc des réponses collectives définies dans des enceintes fondées sur un système international de sécurité légitime et efficace. La France s’engage dans l’action internationale à travers sa participation active dans l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et l’Union européenne (UE).
La France considère comme essentiel de renforcer les institutions internationales permettant d’agir pour la paix et la sécurité internationales. En conséquence, le Livre blanc :
1. accorde la priorité au renforcement du multilatéralisme qui demeure un principe fondateur de la coopération et de la sécurité internationale ;
2. réaffirme le rôle central de l’ONU et de ses institutions ;
3. s’engage en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité notamment par un accroissement de ses membres, permanents et non permanents ;
4. fait des propositions concrètes sur l’engagement humain et matériel de la France en matière de lutte contre la prolifération et de désarmement ;
5. apporte son soutien aux organisations régionales de sécurité qui permettent à une échelle complémentaire de celle des Nations Unies, d’agir pour le maintien de la paix, le désarmement, la lutte contre le terrorisme, la sécurité civile ou la prévention des conflits ;
6. confirme le soutien de la France au droit humanitaire, à la justice pénale internationale et à la défense des droits de l’homme ;
7. rappelle que la « responsabilité de protéger » incombe, en dernier ressort, à la communauté internationale ;
8. est favorable à la limitation de certaines armes (interdiction des mines antipersonnel, des armes à sous munitions) ;
9. réaffirme l’ambition que l’Union Européenne conforte son statut d’acteur majeur dans la gouvernance mondiale.
L’Alliance Atlantique est une alliance politico-militaire défensive mise sur pied en 1949 par le Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour se prémunir de la menace soviétique. L’objectif majeur est de préserver la sécurité des états-membres et la paix en Europe.
Après la disparition de l’URSS et de son alliance militaire (Pacte de Varsovie), l’OTAN s’adapte aux nouvelles réalités géostratégiques, devenant un système de sécurité internationale. L’Alliance qui était purement défensive se voit alors confier des missions de prévention et de gestion des crises pouvant porter atteinte à la sécurité européenne.
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale rappelle que l’OTAN et l’Union Européenne n’ont pas vocation à se concurrencer en matière de défense et de sécurité ; l’Union Européenne et l’OTAN sont des organisations complémentaires en matière de sécurité
L’OTAN constitue l’organisation de défense collective unissant l’Europe et l’Amérique du Nord, face à des risques d’agression majeure et des menaces nouvelles.
La France est membre de l’OTAN depuis sa création et n’a jamais cessé de l’être. En effet, en 1966, la France s’était retirée du commandement intégré de l’Otan ; sans pour autant modifier son statut de membre de plein droit et siégeant au Conseil de l’Atlantique Nord (l’instance de décision de l’OTAN et dans laquelle les décisions se prennent par consensus).
Le Livre blanc rappelle trois principes à respecter dans le cadre de la participation française à l’OTAN :
1. l’indépendance complète des forces nucléaires françaises,
2. la liberté d’appréciation des autorités françaises, qui implique une absence d’automaticité dans nos engagements militaires et le maintien des moyens de l’autonomie stratégique, notamment par l’accroissement de nos capacités de renseignement ;
3. la liberté permanente de décision, qui suppose qu’aucune force française ne soit placée en permanence, en temps de paix, sous le commandement de l’OTAN.
Le Livre blanc mentionne également que l’OTAN poursuit son adaptation aux évolutions stratégiques internationales et qu’elle a tissé des partenariats avec des pays dans de nombreuses régions du globe.
Le Livre blanc définit trois enjeux pour les relations de la France avec l’OTAN :
1. parvenir à une analyse commune des nouvelles menaces,
2. définir un meilleur partage des responsabilités entre pays européens et les Etats-Unis ;
3. faire évoluer les structures de commandement de l’organisation
L’Union Européenne (UE) est devenue un acteur important dans la stabilisation de l’environnement international.
Après l’adoption du traité de Maastricht en 1992, qui a institué la politique étrangère et de sécurité commune (PESC/PSDC), le sommet franco-britannique de Saint-Malo en décembre 1998 a permis le lancement de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), dont le texte fondateur est la déclaration du Conseil Européen de Cologne en juin 1999.
La politique européenne de sécurité et de défense (PESD) constitue le volet opérationnel de la politique étrangère de sécurité commune (PESC).
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale rappelle que l’Europe de la défense correspond à un besoin :
L’Union doit assumer ses responsabilités stratégiques. Elle doit devenir un acteur global et indépendant en matière de défense, de politique étrangère, de sécurité et donc un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale.
La France joue un rôle moteur au sein de la PESD/PSDC en contribuant activement à la définition de son ambition politique, en fournissant un nombre conséquent de personnel sur le terrain et en étant capable d’assurer si besoin le rôle de « nation cadre » pour certaines opérations (« Concordia » dans l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine et « Artémis » en république démocratique du Congo par exemple).
Le Livre blanc rappelle plusieurs objectifs concrets pour la participation de la France à l’Europe de la défense :
1. participer à la capacité d’intervention globale effective de 60 000 hommes, qui peuvent être déployés pendant un an sur un théâtre éloigné, avec les composantes aériennes et maritimes nécessaires ;
2. être capable de participer à un déploiement opérationnel pour une durée significative, de deux à trois opérations de maintien ou de rétablissement de la paix, et de plusieurs opérations civiles moins importantes, sur des théâtres différents ;
3. collaborer à la montée en puissance des capacités européennes de planification et de conduite d’opérations, militaires et civiles, parallèles au développement des interventions extérieures de l’Union ;
4. assumer la dynamisation de l’industrie de défense européenne ;
5. Participer à la mise en œuvre d’un Livre blanc européen de la défense et de la sécurité ;
6. Faire de l’Union un acteur plus efficace pour protéger les citoyens.