L’enseigne de vaisseau de première classe P. est chef du secteur météorologie océanographie du Charles de Gaulle. Sur le navire, on appelle chaque membre de son équipe par l’abréviation de leur service : les METOC. Ils sont là pour conseiller l’état-major, les bâtiments et les aéronefs de la force dans les domaines météorologique et océanographique, en temps réel comme en prévisions à plusieurs jours. Témoignage.
« Au METOC, nous sommes neuf marins, officiers mariniers et officiers. Nous avons tous une formation scientifique et sommes passionnés par la météo et les sciences de la Terre. C’est un métier qui demande aussi du dynamisme et un bon sens du contact. Notre mission : être capable d’analyser tous les phénomènes environnementaux et mettre à jour nos bases de données météorologiques et océanographiques. Ces informations environnementales sont destinées au Charles de Gaulle, aux escorteurs du groupe aéronaval et aux avions du groupe aérien embarqué. L’ensemble de ces informations est d’une importance vitale pour le bon déroulement des opérations au-dessus de la Libye.
Nébulosités, visibilités, vent, phénomènes de turbulences, phénomènes convectifs… Tout doit être analysé et transmis à tous ceux qui ont un besoin opérationnel particulier. La passerelle de navigation du porte-avions, les pilotes pour leurs briefings et les autres bâtiments de la force. Nous ne nous contentons pas de préparer la journée du lendemain, nous essayons surtout de proposer une vision à long terme dans tous nos domaines de compétences. Nous devons offrir au commandement la meilleure lisibilité possible pour permettre une bonne planification des opérations maritimes et aériennes. De plus, nous veillons à la fois la zone dans laquelle évoluent les unités du groupe aéronaval et les avions du groupe aérien embarqué, et celles où ils pourraient être amenés à évoluer en cas de changement de programme.
Les phénomènes météorologiques influent énormément sur les vols : les paramètres carburant sont différents, les conditions d’appontages peuvent être rendues plus difficiles, tout comme certains transits ou ravitaillements aériens. On n’utilise pas non plus les mêmes équipements, notamment pour la reconnaissance aérienne ou le radar. De plus, le vent est un élément déterminant pour le Charles de Gaulle qui est un véritable aéroport flottant. La route des avions au catapultage et à l’appontage est déterminée par la vitesse réelle du vent et par la vitesse relative et le cap du navire. Nous sommes donc en lien permanent avec la passerelle pour leur fournir les toutes dernières informations.
Durant l’opération Harmattan, nous avons élargi notre veille et nos analyses à la zone complète des opérations. Nous disposons du même matériel que Météo France, qui nous permet d’observer le lieu où notre force évolue en toute indépendance
Voici une journée type chez nous : de 6 heures à 8 heures, quatre personnes préparent les briefings. Réunion de calage et concertation avec nos « clients ». Avec eux, nous étudions précisément les différents facteurs dont nous disposons pour les aider à établir leur tactique (route, équipement des aéronefs, sécurité des vols, portées radar…). Dans la journée, nous ajustons les données et nous les transmettons à nos « clients ». En soirée, le debriefing et, vers minuit, nous procédons au lâcher de ballons sondes. Ceux-ci mesurent la pression, la température, l’humidité et le vent. L’ensemble des paramètres atmosphériques qui nous permettront d’élaborer nos conseils avant les vols.
Sources : EMA
Droits : Ministère de la Défense et des anciens combattants