Depuis le 1er juin 2011, la force Licorne est sous le commandement du colonel Daniel Jaunin (COMANFOR).
La force Licorne est déployée en Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Engagée pour assurer la sécurité des ressortissants français après une tentative de coup d’Etat, Licorne est rapidement chargée de contrôler le cessez le feu, puis de soutenir le déploiement d’une mission de la CEDEAO fin 2002, à laquelle succède rapidement une mission de l’ONU début 2003.
Depuis 2007 et la signature de l’accord politique de Ouagadougou, la principale mission de la force Licorne est de soutenir la force de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour veiller à la mise en œuvre de l’accord.
De plus, la force Licorne, peut, si besoin, assurer la sécurité des ressortissants français en Côte d’Ivoire.
La force Licorne, qui aura compté jusqu’à 5 000 hommes en 2004, compte, depuis l’été 2011, environ 700 hommes qui arment notamment :
- l’état-major de la force Licorne,
- le bataillon Licorne (BATLIC),
- le détachement d’hélicoptères.
Licorne peut être ponctuellement soutenue par un bâtiment de la marine nationale déployé dans le golfe de Guinée dans le cadre de l’opération Corymbe et renforcée par des moyens des forces prépositionnées ou de métropole.
La force de l'ONUCI, commandée par le général de division togolais Gnakoudé Berena, compte environ 8 000 hommes. Une vingtaine de militaires français sont insérés ou servent comme officiers de liaison avec l’ONUCI.
Cette force a été créée par la résolution 1528 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 27 février 2004, elle a succédé à la première mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, la MINUCI.
L’ONUCI est déployée sur le théâtre ivoirien depuis octobre 2004. Sa mission consiste à observer et contrôler l'application du cessez le feu global du 3 mai 2003, à aider le gouvernement de réconciliation nationale, à mettre en œuvre le plan DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion), à appuyer la mise en œuvre du processus de paix, à contrôler l'embargo et à soutenir l'organisation des élections.
La crise postélectorale de 2010
Après les élections présidentielles ivoiriennes qui se sont tenues fin 2010, remportées par M. Ouattara, et le refus de M. Gbagbo de quitter le pouvoir, les tensions en Côte d’Ivoire, et en particulier à Abidjan, ont conduit au renforcement de Licorne fin janvier puis début avril pour monter les effectifs de la force Licorne à plus de 1 600 hommes.
L’engagement de la force Licorne pendant la crise postélectorales s’est traduit par :
- la protection des ressortissants français et étrangers à Abidjan : entre le 31 mars et le 16 avril, plus de 5 000 ressortissants et ivoiriens ont été accueillis au camp de Port-Bouët dont environ 3 000 ont été évacués par des moyens aériens militaires vers des pays de la région. Le service des santés des armées a réalisé, dans cette période plus de 1 000 consultations, 14 hospitalisations, 16 interventions chirurgicales et assisté 2 naissances.
- Le soutien à l’ONUCI, dans le cadre de la résolution 1975 du conseil de sécurité des nations unies le 30 mars 2011, pour neutraliser les armes lourdes des forces de Laurent Gbagbo menaçant la population. En particulier, à deux reprises, les 4 et 10 avril, les hélicoptères de Licorne sont intervenus en appuis des hélicoptères de l’ONUCI pour neutraliser des véhicules blindés et des armes lourdes (canon, mortiers, lance-roquettes).
Depuis le 11 avril 2011 et l’arrestation de M. Gbagbo par les forces ivoiriennes, la force Licorne a progressivement adapté son dispositif et ses missions pour accompagner la normalisation de la situation. Les renforts ont été désengagés et la force Licorne compte environ 700 militaires. Elle continue de réaliser des patrouilles dans Abidjan, en soutien de l’ONUCI et avec des forces ivoiriennes, et elle réalise également des missions de dépollution pour neutraliser les munitions non explosées consécutives aux combats.
Dans le cadre de la normalisation de la situation en Côte d’Ivoire et de la révision des accords de défense qui lient nos deux pays, le dispositif militaire français en Côte d’Ivoire sera amené à évoluer.
Les résolutions de l'ONU
Plusieurs résolutions constituent le cadre international de l'intervention militaire en République de Côte d'Ivoire. La première résolution (1464) du 4 février 2003 avait notamment endossé l'accord de Linas-Marcoussis, signé le 24 janvier 2003. La résolution 1528 du 27 février 2004 avait créé l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).
Les mandats actuels des forces impartiales, à savoir l'ONUCI et la force Licorne qui la soutient, sont fixés par la résolution 1739 du 10 janvier 2007. Ils ont été respectivement prorogés de manière régulière depuis cette date et courent jusqu'au 31 juillet 2011 (résolution 1981 du Conseil de sécurité des Nations Unies en date du 13 mai 2011).
Sources : EMA
Droits : Ministère de la Défense