masthead_001 Bandeau 2 Bandeau 3 bandeau 5 bandeau 6
Marine nationale

Pour une Défense d’avance

Accueil | Marine | Ressources humaines | Écoles et formations | Écoles à vocation sous-marine | ESNSM BREST | ENSM Brest

École de navigation sous-marine de Brest

Retour

Mise à jour : 18/08/2010 08:41

 Missions 

L'école de navigation sous-marine de BREST (ESNSM BREST), sous l'autorité de la direction du personnel militaire de la Marine assure la formation spécifique du personnel destiné à servir à bord des SNLE:

  •  La formation spécifique du personnel de tous grades et de toutes spécialités destiné à servir à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins à l'exception des formations prévues par les fiches de tâches pratiques complémentaires;
  •  L'enseignement de l'école de spécialité des officiers missiliers;
  •  L'enseignement du brevet de maîtrise des contrôleurs missiles, des navigateurs et des informaticiens de sous-marin nucléaire lanceur d'engins;
  •  un rôle d'expert pour la formation technique ou professionnelle de ce personnel;
  •  Les examens en vue de l'attribution d'une part des certificats ou des mentions définis par une circulaire de la direction du personnel militaire de la marine (DPMM) et d'autre part, des qualifications de son ressort.

L'école accueille et forme environ 600 élèves par an aux différentes fonctions tenues à bord.

Moyens

99 personnes composent le personnel

  •  9 officiers;
  •  88 officiers mariniers dont 75 instructeurs;
  •  2 civils de la défense (1 IEF, 1 TSEF).

 Matériel d'instruction 

  •  un réseau informatique classifié confidentiel défense reliant 78 postes;
  • un réseau informatique classifié diffusion restreinte reliant 33 postes;
  • 1 cellule EAO comprenant 4 postes de développement;
  • 1 cellule informatique comprenant 1 poste de développement de projet;
  • 2 salles de cours équipées de moyens audiovisuels;
  • 1 salle informatique de 6 postes de consultation Trait d'Union et @learning pour les élèves.

 Moyens de l'Escadrille des SNLE 

La proximité de l'ESNLE permet à l'École de Navigation Sous-Marine d'utiliser les plate-formes normalement dédiées à l'entraînement du personnel des équipages des SNLE et de l'équipage d'alerte. Cette utilisation est régie par un protocole entre le CDT de l'ESNLE et celui de l'ENSM;

 Historique 

À l'origine Centre des Roches Douvres puis centre d'entraînement et d'instruction des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (CEI SNLE) , intégré à la base opérationnelle de la force océanostratégique (BOFOST), l'unité est devenu,

  • le 15 septembre 2000, à l'occasion de l'arrivée d'ALFOST et de son état-major à brest, le centre de préparation des équipages des forces sous-marines (CPE FSM). Son organisation et ses missions sont, alors à quelques évolutions près, restées les mêmes.
  • le 19 juillet 2004, l'école de navigation sous-marine de Brest (après le transfert des divisions "soutien" et "entraînement" vers l'escadrille des sous-marins lanceurs d'engins (ESNLE).

L'école est hébergée sur le site Roland Morillot. Crée en 1970, le centre a été opérationnel en 1971, au moment de l'admission au service actif du premier sous-marin lanceur d'engins français; Le Redoutable.

Depuis, il a évolué en permanence au rythme de la modernisation des SNLE. Autrefois désigné sous le nom de Centre des Roches Douvres, le site porte aujourd'hui le nom de Roland Morillot en souvenir du commandant du sous-marin Monge disparut en mer Adriatique pendant la première guerre mondiale.

Le 29 Décembre 1915, le sous-marin Monge, en patrouille de nuit devant la côte dalmate, fut surpris par trois contre-torpilleurs autrichiens sortis de Cattaro pour aller bombarder Durrazzo. Au moment où il se disposait à torpiller l'un de ses adversaires, le Monge fut éperonné et coulé par un autre. Les survivants, recueillis par l'ennemi, ont été internés en Autriche: Nous avons respecté la concision et l'émouvante simplicité du témoignage du premier maître Jaffry, évacué comme grand blessé.

Partis de Brindisi le 27 Décembre à 16 heures 30 le cap sur Cattaro; aperçu au petit jour des fusées blanches indiquant des entrées et sorties de navires; plongée immédiatement et croisé pendant treize heures, sous l'eau, devant les Bouches. L'horizon est clair, mais la mer vide: pas un navire ne vue; les moteurs fonctionnent bien. Remontés le 28 à 17 heures 45. Le 28 à minuit, mer belle, brise du nord. La lune se voile par instants dans le ciel un peu nuageux; la polaire scintille sur l'avant; par bâbord, un feu brille et s'éteint... A 2 heures 15, aperçu deux fumées: "Aux postes de plongée" ordonne le Commandant, et peu après: "Soyez plutôt lourd". Le sous marin en demi plongée vient sur la gauche pour attaquer; nous devons être à ce moment à 15 milles dans le sud de Cattaro; dans le casque se tiennent le commandant, le second maître de manoeuvre,

l'homme de barre. Le commandant continue à observer au périscope de nuit les navires qui doivent se rapprocher très vite car nous l'entendons bientôt commander : "Desserrez les freins. Attention pour faire feu! Sur les trois j'en aurais bien un..."

À ce moment, -il est 2 heures 15, un bruit sourd à l'arrière, suivi d'un choc terrible au casque et d'un autre moins violent sur l'avant: le casque est crevé; le commandant, le second-maître et l'homme de barre sont balayés à l'intérieur du sous-marin par une trombe d'eau...: on ferme aussitôt les panneaux de sécurité, les robinets des porte voix; mais les boulons des panneaux ont sauté; toutes les vannes fuient; la coque entière du sous-marin fuit par tous ses joints comme un panier trempé; l'eau salée qui se répand dans les accumulateurs y détermine des courts-circuits; un coup de feu se déclare à la batterie du tribord d'où crépitent des fusées d'étincelles...

" Profondeur: vingt mètres; en arrière des deux bords, 400 ampères; les turbines en marche!", a ordonné le Commandant aussitôt après l'abordage; mais le moteur de tribord ne veut pas démarrer ; les turbines non plus; le moteur de bâbord marche deux minutes et s'éteint doucement; le sous-marin s'incline à 40 degrés pointe haute et s'enfonce; nous sommes tous projetés à l'arrière; toutes les lampes se sont éteintes; à tâtons on essaie des batteries; des étincelles jaillissent aux commutateurs, mais rien ne s'allume;dans la fumée qui s'est répandue, une forte odeur de chlore se dégage des accumulateurs; et nous sommes tous là, collés contre la cloison du poste central, immobiles dans l'obscurité...

Le Commandant, conservant tout son calme, "tient tête à ce coup du destin"..."Chassez", ordonne-t-il à plusieurs reprises. Mais le navire continue à descendre en pointe; la coque craque fortement; le coeur d'acier du Monge résonne; nous devons avoir sur la tête de 60 à 70 mètres d'eau, peut-être plus. Croyant que c'est la fin, nous entonnons la Marseillaise et crions "Vive la France! "

Au bout de quelques minutes, il semble que le sous-marin s'allège et remonte ; l'officier en second frotte une allumette; en effet l'aiguille du manomètre se décolle d'un bond et remonte à 30 mètres: "Courage", dit-il "tout n'est pas perdu; nous remontons". A mesure que le sous-marin reprend son assiette normale, chacun rallie son poste; le Monge remonte toujours...; nous voilà en surface. L'idée de lutte revient alors. Avant tout il faut voir. "Faites monter le périscope" dit le Commandant. Mais impossible: la passerelle a dut être rasée par le choc; nous sommes aveugles, sans défense, et l'ennemi doit être là, tout près, à nous guetter. Cependant chacun a regagné son poste: on vérifie les circuits, les plombs; partout on constate que les plombs on sauté, que les cuves des accumulateurs sont crevées, les épontilles tordues; on ne peut rien toucher sans recevoir de fortes commotions; à peine si l'on peut respirer...

 "Aux postes de plongée", crie tout à coup le Commandant en revenant d'un bond au poste central. Quatre obus viennent d'éclater au-dessus de nos têtes à tribord, sans traverser la coque intérieure; un cinquième frappant en plein sur la cage du périscope, y ouvre une brèche par où l'eau en trombe fait irruption. Cette fois, le Monge est bien perdu; le Commandant pour sauver son équipage, s'est décidé à larguer lui même les plombs de sécurité la chose faite, il s'est tourné vers nous: "C'en est fait de notre beau navire" dit-il; "Vous avez fait votre devoir; vous allez partir; au revoir et bonne chance! Crions encore une fois "Vive la France!"

Puis, il ordonne d'ouvrir le panneau de la chaufferie; on y parvient pas; ce panneau à dut être faussé dans l'abordage ou par les obus! celui de la machine est sous l'eau; le casque est plein d'eau; il ne reste plus que le panneau de l'avant; encore doit-il effleurer déjà le ras de l'eau; pas un instant à perdre; les hommes se portent rapidement sur l'avant, sans bousculade, mais sans avoir le temps de prendre des bouées.

Commandant, une main sur le ballast, regarde fixement le manomètre de plongée et, sans lever les yeux, répète à ceux d'entre nous restés auprès de lui: "Faites vite!"

Le Monge s'enfonce rapidement; les premiers hommes sortis par le panneau se sont déjà mis à l'eau; nous marchons alors alors à notre tour vers l'avant, en chantant la Marseillaise et en criant "Vive la France!" Mais quelques-uns des hommes dans leur truble, se sont dirigés vers le panneau de l'arrière qui est fermé; le commandant les aperçoit et les arrête en les prenant par le bras: "Pas par là, mes amis; par celui de l'avant!" Ce sont ses derniers mots. Nous nous glissons à travers le panneau de l'avant, et, tout à coup, plus rien sous les pieds...; le navire viens de s'engloutir avec son Commandant... Adieu Monge! L'agonie du Monge et le sauvetage de ses hommes par les canots du Czepel et du Balaton n'a pas duré une heure. Seuls manquent les quartiers-maîtres Goulard et Morel, noyés.

La division autrichienne n'a pas renoncé à son coup de main. Arrivé au lever du jour devant Durazzo, elle aperçoit les matures de quelques bâtiments à l'ancre près de terre. Mais le mouillage est défendu par toute une ligne de pâtés rocheux à l'intérieur de laquelle le croiseur Helgoland juge dangereux de se risquer. Il reste au large avec le Balaton, pendant que le Czepel, le Lika, le Tatra et le Triglav entrent dans le port et coulent un vapeur du ravitaillement et quelques voiliers. Le tir de deux pièces de campagnes interrompt soudain leur travail. Décidément la baie est malsaine, et les quatre destroyers se dirigent vers le chenal de sortie, où les projectiles font barrage sur l'eau. Le Tatra et le Czepel passent quand même et sans tirent sans dommage, mais les deux autres, voulant éviter les coups, appuient sur la gauche et s'engagent sur un champ de mines récemment mouillé par les Italiens. Le Lika heurte une marmite est coule à pic. Une autre mine, explosant sur le Triglav noie ses compartiments et met ses machines hors service.

Le Tatra prend alors l'éclopé en remorque et, trouvant suffisante la frottée reçue, tous les autrichiens cinglent vers Cattaro. Mais la T.S.F. de Durazzo a donné l'alarme, et toute la journée une escadrille de croiseurs légers et de contre-torpilleurs italiens, français et anglais appuient la chassent aux ennemis, malheureusement plus rapides, mais bientôt forcés d'abandonner le Triglav qui retarde leur fuite. D'une torpille et de quelque obus, notre torpilleur d'escadre Casque achève l'Autrichien.

Dans la soirée, nos bâtiments ont réussi à refouler l'ennemi vers la cote d'Italie, le mettant ainsi en fort mauvaise posture. Mais la division autrichienne est malheureusement encore trop loin de notre escadrille pour que celle-ci puisse tenir le contact à la nuit close. Si bien que l' Helgoland et ses trois compagnons arrivent quand même à s'échapper et rentrent à Sebenico leurs soutes à charbon vides... La marine autrichienne vient de perdre deux de ses meilleurs destroyers.

Le Lika a payé pour le Monge, le Triglav pour Roland Morillot. Pour Roland Morillot : "pur et noble exemple de bonté, de travail, de courage et de vaillance, tous nous l'aimions mais combien en mille il savait nous le rendre ! De toujours nous en souvenir nous en faisons le serment ".

La lettre qui finissait ainsi était signée : "L'équipage du Monge " et envoyée, le 20 février 1916, du camp de prisonniers de Deutsch-Gabel, à la veuve de Roland Morillot.
La gloire suprême de donner son nom à un navire de combat était due à sa mémoire. Le sous-marin allemand UB 26, capturé tout vivant par le torpilleur Trombe en rade du Havre, le 5 avril 1916, a été rebaptisé Roland-Morillot.

Mais, succombant à l'usure qui dévore si vite les sous-marins, le Roland-Morillot a été rayé de la liste de la flotte en 1925. Vinrent alors les sous-marins de la classe Roland Morillot. Un sous-marin de cette classe fut commandé en 1934 ( Le Roland Morillot), un autre sous-marin commandé en 1937 (La Praya), trois autres en 1938 ( La Martinique, La Guadeloupe et La Réunion) et enfin huit en 1940. Aucun de ces sous-marins ne fut lancé, ils seront tous détruit sur cale.

Droits : ©Marine nationale

Retrouvez-nous...

Haut
Copyright Ministère de la Défense 2012 | Mentions legales