98 des 180 bâtiments de la Marine nationale ainsi que 12 000 hommes et femmes composent la Force d’Action Navale (FAN). Ils constituent le coeur de la contribution de la Marine aux missions de prévention et de projection.
Certains bâtiments importants de cette force, comme le porte-avions ou les bâtiments amphibies (bâtiments de projection et de commandement BPC, transport de chalands de débarquement TCD), agissent au sein de groupes (groupe aéronaval articulé autour du porte-avions ; groupe amphibie autour des BPC et TCD).
Ils sont accompagnés de frégates les protégeant contre des menaces aériennes et sous-marines, d’un sous-marin nucléaire d’attaque, ainsi que d’un bâtiment de ravitaillement permettant de maintenir cette force longtemps à la mer. Les frégates, navires polyvalents, peuvent également agir seules pour préserver les intérêts nationaux sur nos espaces maritimes et participer au règlement des crises. Elles peuvent ainsi assurer le soutien d’une force d’intervention, la protection du trafic commercial, des opérations spéciales ou des missions humanitaires.
Les missions liées au contrôle des espaces océaniques, à la protection des Zones Économiques Exclusives françaises (ZEE), à la surveillance des pêches et plus généralement à l’application des lois et au maintien de l’ordre public en mer sont confiées à des bateaux dits de souveraineté.
Les navires de la Marine nationale sont également des ambassadeurs de la France dans le monde.
Les bâtiments de surface peuvent être classés en sept grandes catégories :
Le groupe aéronaval est le vecteur majeur des missions de projection de puissance menées par la Marine. Il participe aussi à la dissuasion nucléaire grâce à la capacité d’emport du missile aéroporté ASMP sur le Super-Étendard et, à terme, dans sa version améliorée, sur le Rafale.
Il comprend normalement un porte-avions avec son groupe aérien embarqué (GAE), une à deux frégates de défense aérienne, deux frégates anti-sous-marines, une frégate de type La Fayette, un SNA et un pétrolier-ravitailleur. En fonction du niveau de la menace, cette composition peut être modifiée. Toutefois, même en l’absence de menace en mer, le porte-avions ne peut être déployé sans la présence à ses côtés d’un pétrolier-ravitailleur et d’une frégate de défense aérienne, chargée notamment de la coordination de l’espace aérien autour du porte-avions.
Acteur essentiel des opérations de projection de forces, le groupe amphibie comprend: un ou plusieurs bâtiment(s) de projection et de commandement (BPC) et/ou transport de chalands de débarquement (TCD), qui emportent des chalands et des engins de débarquement (CDIC, CTM, EDAR)) dans leur radier pour mettre en œuvre un groupement interarmées. Celui-ci se compose de troupes, de véhicules, d’hélicoptères de manœuvre de l’armée de terre (Puma ou Cougar) participant au débarquement d’hommes et de matériels et d’hélicoptères de combat (Gazelle et Tigre) appuyant les forces embarquées.
Le dispositif est complété par des forces avancées (commandos) chargées de la préparation du débarquement, une composante de guerre des mines, si cette menace doit être prise en compte, ainsi que des bâtiments de protection et de soutien.
Les BPC ( Mistral, Tonnerre, Dixmude ) et le TCD Siroco disposent d’installations médicales lourdes pour conduire des missions sanitaires de grande envergure (blocs opératoires, salle de traitement des grands brûlés…). Ils ont également la capacité d’embarquer et de mettre en œuvre un PC de forces interarmées pour la conduite d’une opération nationale ou multinationale.
Véritable épine dorsale de la Marine, les frégates assurent la maîtrise du milieu aéromaritime, garantissant ainsi la liberté d’action sur mer ou à partir de la mer. Polyvalentes, elles sont généralement spécialisées en fonction du type de menace et ont également pour vocation la protection de forces (groupe aéronaval, groupe amphibie et, le cas échéant, navires de commerce) et la participation au dispositif permanent de prévention grâce à leur prépositionnement dans la durée sur les théâtres de crise potentiels.
Les unités de guerre des mines sont chargées de la sécurisation des chenaux utilisés par les SNLE lors de leurs transits entre leur base de Brest et la haute mer. Elles doivent également, en cas de menace particularisée, être en mesure de maintenir l’accès simultané à un port d’intérêt vital (PIV) et se tenir prêtes à assurer le libre accès aux ports alliés. Elles ont, en outre, vocation à être projetées au sein d’une force navale nationale ou interalliée lorsque les opérations se déroulent à proximité de côtes plus sensibles au risque “mines”.
Pour participer à ces missions, la force d’action navale comprend treize chasseurs de mines équipés du matériel nécessaire à l’identification d’engins posés sur le fond et à leur destruction, trois groupes de plongeurs-démineurs (GPD) intervenant jusqu’à 80 mètres de profondeur et pouvant embarquer à bord de bâtiments bases de plongeurs démineurs (Méditerranée Atlantique-Manche), des bâtiments remorqueurs de sonars, pour la surveillance des abords de Brest et un bâtiment de commandement et de soutien.
Ces bâtiments sont principalement dédiés aux missions de sauvegarde maritime.
Les bâtiments de soutien assurent la permanence des forces navales dans leur zone de déploiement, quel que soit l’éloignement de leur port-base. La force d’action navale comprend quatre bâtiments de ravitaillement. Ils sont intégrés aux forces avec pour fonction de ravitailler les bâtiments en combustibles, munitions, vivres et rechanges tout au long de la mission. Trois d’entre eux ont une capacité de commandement.
Les bâtiments hydrographiques et océanographiques
Un bâtiment hydro-océanographique et trois bâtiments hydrographiques assurent des missions de service public en matière d’hydrographie générale et d’information nautique, que des missions opérationnelles de recueil de données d’environnement marin nécessaires au déploiement des forces navales et à l’emploi de leurs systèmes d’armes. Ces bâtiments opèrent au profit du service hydrographique et océanographique de la marine (SHOM). Depuis 2005, cette flotte est complétée par le bâtiment hydrographique et océanographique le Pourquoi Pas? de l’IFREMER.
Sources : © Marine nationale