Le sous-marin nucléaire lanceurs d'engins Le Terrible, dernier de la série type « Triomphant », possède des systèmes navals à la pointe de la technologie française, aboutissement de nombreuses années d'études. Seul trois pays peuvent aujourd'hui prétendre à la compétence requise pour la construction d'un tel concentré d'innovations.
Les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) constituent la partie «océanique» de la mission de dissuasion nucléaire de la Défense. Le renouvellement de la capacité sous-marine de dissuasion s'incarne dans une nouvelle classe de SNLE bénéficiant de matériels plus modernes et d'une discrétion acoustique accrue.
Dans le cadre du programme «Coelacanthe», le développement et la construction d'une génération de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins type Le Triomphant a été lancée en 1986 par le ministère de la Défense. Le Terrible est le quatrième et dernier sous-marin nucléaire lanceur d'engins de ce programme. L'objectif est de remplacer les anciens SNLE au fur et à mesure de leur retrait du service actif, afin de conserver la capacité de maintenir à tout moment, un SNLE à la mer, en patrouille, et un autre à la mer ou prêt à appareiller sous très court préavis.Le Triomphant,
Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible sont entrés en service respectivement en 1997, 1999 et 2004 et 2010.
La crédibilité de la dissuasion repose sur l'invulnérabilité des SNLE. Cette invulnérabilité s'appuit notamment sur la discrétion acoustique des sous-marins. Pour améliorer sa discrétion acoustique, le niveau de bruit du Terrible a été réduit de façon considérable par rapport aux anciens sous-marins du type Le Redoutable. Conçus pour échapper aux sonars les plus sophistiqués, Le Terrible et ses aînés du type Le Triomphant sont capables de se perdre dans le bruit de fond des océans. Malgré leur taille et leur poids, ce sont pourtant des bâtiments ultra modernes capables de gagner la «guerre du silence». L'immersion maximale et leur vitesse ont également été augmentées, pour les mêmes raisons.
Composé d'un équipage de 110 marins, Le Terrible est le premier SNLE à être équipé de 16 missiles M51 (voir encadré). Bien qu'étant la dernière production de sa série, Le Terrible, est également le premier à être équipé d'un système de navigation plus moderne et plus économique. Enfin il est le premier à être équipé d'un nouveau système de combat, dont l'essentiel sera commun avec celui du Sous-marin Nucléaire d'Attaque (SNA) type Barracuda.
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DCNS est le maître d'œuvre industriel de la réalisation des SNLE. La construction du Terrible a concerné la plupart des sites du groupe DCNS, en mobilisant près de 2500 personnes à temps plein. Ce projet a représenté près de 20% de l'activité du groupe DCNS.
La construction du Terrible fait appel à de très nombreuses sociétés. EADS ASTRIUM/ST (missiles M51), AREVA TA (chaufferie nucléaire), THALES, SAGEM, CNIM sont quelques uns des principaux coopérants ou partenaires du groupe DCNS.
| Le saviez-vous ? Des études menées par des analystes industriels internationaux montrent que les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) sont les produits les plus complexes conçus par l'homme. Un exemple? Pesant plus de 14.000 tonnes, Le Terrible, dernier né des SNLE français, intègre un million de composants et sa réalisation requiert 14 millions d'heures de travail. À titre de comparaison, une voiture de 1,9 tonne n'est constituée «que» de 3.000 pièces, dont l'assemblage s'effectue en 23 heures de main d'oeuvre. Avec ses 250 tonnes, un avion de ligne nécessite «seulement» 100.000 pièces et 50.000 heures de travail. |
Sources : ©Marine nationale