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Regards croisés sur l’Europe navale: Philippe Vitel

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Mise à jour : 21/04/2011 10:43

P. Vitel : « La France locomotive naturelle »

Philippe Vitel est député (UMP) du Var, vice-président de la Commission de la Défense et des Forces Armées et président des "Rencontres du Naval de Défense". 

Pour vous que représente l’Europe navale ?
L’Europe navale a commencé avec les industriels. Aujourd’hui encore, beaucoup rêvent d’un EADS naval. Des coopérations ont été mises en place mais actuellement, on a du mal à passer à la vitesse supérieure. Il faudrait que l’on puisse établir de vrais partenariats avec les Anglais et les Allemands. C’est très dur car on se rend compte que ces entreprises qui n’ont plus de capital d’état, refusent d’aller se lier avec des entreprises qui en ont encore un.
À côté de cela, il y a la mise en commun des moyens et des matériels, une piste sur laquelle nous travaillons.

Le projet semble avoir du mal à évoluer ?
Pour avancer, nous avons besoin d’une construction politique, diplomatique et militaire de l’Union européenne. Il n’y a plus que deux pays en Europe qui fassent un réel effort financier en matière de défense : la France et la Grande-Bretagne. Notre budget est déjà très serré et quand on voit des pays qui diminuent de 8 ou 10 % leur budget déjà largement en-dessous du notre, on ne peut pas imaginer construire une Europe de la défense. Ces restrictions budgétaires vont mener à une rupture capacitaire majeure.
Au-delà des difficultés financières, on note des facteurs politiques clivant. La Russie en fait partie. Quand nous cherchons à établir un partenariat commercial avec ce pays, la moitié des états européens et surtout les pays de l’ex-URSS, sont vent debout contre notre décision. Ils ont peur. Or, il y a fort à penser qu’un jour, la Russie se rapprochera de l’Union européenne. Il y a des comportements intracommunautaires complètement contradictoires. Alors comment voulez-vous aller de l’avant ?

La structure navale unique est donc loin d’aboutir ?
Aujourd’hui, c’est une utopie, un rêve inaccessible. Avant d’imaginer une construction ultime, nous devons passer par des phases intermédiaires, or actuellement, nous n’avançons pas dans ces phases. Et sans la volonté des états nous sommes obligés de freiner le mouvement que les industriels avaient enclenché.

Qu’est-ce qui peut débloquer le processus ?
La solution pourrait consister à ce que quelques pays constituent un groupe pionnier pour s’approprier les problèmes de défense européenne. Cela pourrait concerner la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Italie, peut-être la Grèce (même si aujourd’hui le pays a mis un coup de frein sur la défense à cause de la crise) et éventuellement la Pologne qui fait des efforts. Ce sont des pays qui ont encore une capacité opérationnelle militaire, un budget dédié qui leur permet d’avancer. Ils pourraient se réunir pour poser les bases de l’Europe de la défense.
Mais à 27, l’horizon est bouché.

Quel pourrait être le rôle de la France ?
Beaucoup voient la France comme une locomotive naturelle, surtout depuis sont retour dans le commandement intégré de l’Otan. On nous attend pour faire avancer les choses. A nous d’assurer ce nouveau statut, à nous de jouer.

Propos recueillis par Samatha Lille, 26/10/10

Sources : © Marine nationale

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