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Regards croisés sur l’Europe navale: CF Olivier Amrouche

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Mise à jour : 21/04/2011 10:40

CF Amrouche : « Nos marines travaillent ensemble »

Le Capitaine de frégate Olivier Amrouche appartient au bureau Union européenne de la division Organisations internationales de l’Etat-major des armées. 

Où en est-on dans la construction de l’Europe navale ?
Aujourd’hui, il n’y a pas de construction d’une  «Europe navale» en tant que telle. Ce sont des États Membres avec leurs marines qui coopèrent ensemble, au cas par cas. Créer une ‘marine européenne’ n’est actuellement pas envisageable. Les États ne souhaitent pas déléguer leurs forces de façon permanente à une structure supra-étatique. Cela pose le problème plus large d’une gouvernance européenne. Cependant, lorsqu’il y a un accord politique, nos marines arrivent très bien à travailler ensemble. Atalante en est le parfait exemple.

Justement, tout le monde s’accorde à dire que cette opération est une réussite mais peut-on espérer monter d’autres missions de ce type?
Oui, si les intérêts des États Membres convergent. La piraterie au large de la Somalie touche le commerce, les flottes, le programme alimentaire mondial. Tout le monde est concerné. Alors que si l’on prend le cas de la piraterie au large du Nigeria, dans le golfe de Guinée, ce n’est pas évident qu’il y ait un tel consensus. Cela ne touche pas le commerce mondial et seuls quelques pays ont des intérêts pétroliers dans la région.

D’autres projets de coopération sont-ils à l’étude ?
L’initiative d’interopérabilité aéronavale européenne, lancée sous présidence française, progresse doucement. Elle consiste à se coordonner entre Européens lors d’un déploiement aéronaval afin que des bâtiments de différents pays escortent le porte-avion.
L’Agence européenne de défense (AED) a aussi développé un projet phare à base de drones sous-marins pour lutter contre les mines. Il devrait voir le jour en 2018. Treize pays y participent dont la France qui devrait remplacer ses 11 chasseurs de mines. On en est au tout début des négociations mais cela pourrait nous conduire à un projet industriel commun.

La surveillance maritime européenne se développe également peu à peu…
Depuis 4/5 ans, il y a énormément de travaux dans ce domaine. Six pays, dont la France, vont prochainement expérimenter la connexion de leurs réseaux de surveillance maritime militaires. Ceci au sein de l’AED. Dans le cadre des travaux de la Commission européenne, il existe également un certain nombre de projets qui visent aussi à échanger des informations de surveillance maritime, à coopérer entre les différentes agences au sein d’un État Membre et entre les Etats Membres, comme "BlueMassMed", un projet piloté par la France.

Ces avancées ne sont-elles pas encourageantes ?
Au niveau opérationnel, on avance, au niveau industriel, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour rationaliser l’industrie navale européenne qui est encore morcelée. Mais finalement, il s’agit d’une question politique. Les Etats membres n’ont pas la même histoire, les mêmes intérêts outre-mer, la même vision de leur place dans le monde. Mais nous poursuivons les discussions. Les représentants des chefs d’Etat-major des armées se retrouvent régulièrement à Bruxelles et échangent. L’Europe se construit pas à pas, brique après brique.
La création d’Euromarfor a été une étape, une pierre de l’édifice. Euromarfor a facilité le dialogue entre les marines participantes. Ce type de coopération a aidé à faire passer l’idée que l’on pouvait travailler entre Européens.

Propos recueillis par Samatha Lille, 26/10/10

Sources : © Marine nationale

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