Le 16 juillet 1992, l’Union de l’Europe Occidentale (UEO), premier noyau de l’Europe de la Défense, lançait l’opération Sharp Vigilance en Adriatique pour surveiller l’application de l’embargo des Nations unies sur l’ex Yougoslavie. Un an plus tard, l’opération était intégrée à l’opération Sharp Guard, entreprise conjointement par l’UEO et l’OTAN. En quatre ans, l’UEO aura déployé en permanence quatre navires et six avions de patrouille maritime et de détection lointaine procédant à plus de 74 000 interpellations.
Le sommet franco-britannique de Saint-Malo du 4 décembre 1998 marque un nouvel élan dans la construction de l’Europe de la Défense. Les Britanniques reconnaissent à l'UE une légitimité pour traiter des questions de défense. Les premières opérations communes sont davantage terrestres avant de devenir navales.
C’est en décembre 2008 que l'Union européenne dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune ( PSDC), héritière des missions de l’UEO, lance sa première opération navale. L’opération Atalante contribue à la dissuasion, à la prévention et à la répression des actes de piraterie et de vols à main armée au large des côtes de la Somalie à l'appui des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies. Le Conseil de l'Union européenne a prolongé le mandat de l'opération jusqu’en décembre 2012. La Marine nationale y participe depuis l’origine.
L’ambition européenne est au cœur de la vocation de la France dans le monde. Les coopérations recherchées ne seront pas seulement opérationnelles, mais aussi structurelles (Euromarfor, Force navale franco-allemande, coopération franco-britannique) et industrielles (programmes FREMM et HORIZON). La France souhaite que l’Union européenne devienne un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale. Dans un contexte économique difficile, les pays européens sont conscients qu’ils ne peuvent faire face seuls aux problèmes sécuritaires liés aux océans. L’Union européenne doit devenir également un acteur efficace de protection contre les risques affectant le territoire de ses Etats membres et leur population.
Pour la cinquième année consécutive, l’agence européenne Frontex a ainsi mené des opérations maritimes conjointes pour lutter contre l’immigration illégale. La Marine a participé à trois d’entre elles, au sud de l’Espagne, de l’Italie et en mer Égée. En 2011, l’Europe poursuit ses efforts et la Marine continuera d’y contribuer.
La Marine nationale participe activement au projet d’une politique maritime intégrée à l’échelle européenne, notamment par sa participation aux travaux de l’Agence Européenne de Défense dans le domaine de la surveillance maritime. C’est l’occasion de faire valoir le modèle unique adopté en France pour l’action de l’Etat en mer.
CF Olivier Amrouche
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REGARDS CROISÉS sur l’Europe navale
Sources : © Marine nationale