Des exercices de lutte anti-pollution sont régulièrement organisés. Le 15 janvier dernier, le bâtiment de surveillance et d’assistance à la dépollution (BSAD) Argonauteétait à l’œuvre afin de tester un nouveau mode d’allégement pour les navires en difficulté en mer. A son bord, les experts du centre d’expertises pratiques de lutte anti-pollution, le CEPPOL.
«Thomsea, Transrec, Seynip», tous ces mots ne vous évoquent peut-être rien et pourtant ils sont le couteau suisse du CEPPOL. Le 15 janvier 2013, sur le bâtiment de surveillance et de dépollution (BSAD) Argonaute, c’est l’effervescence. Les hommes du CEPPOL et de la cellule antipol de la base navale de Brest installent leur matériel anti-pollution sur la plage arrière : pompes, Transrec, groupe hydraulique. Ils se préparent à tester un procédé d’allégement de navire en difficulté. A bord, le personnel s’active pour mettre en œuvre le Transrec: énorme touret avec un tuyau flottant de 80 mètres. Il est d’abord raccordé aux cuves de l’Argonaute qui peuvent récupérer jusqu’à 1500 m3 d’hydrocarbures. Puis, il est déployé via la vedette littorale qui prend en charge la mise en place jusqu’au navire en avarie. Comme le souligne le capitaine de vaisseau Cerutti, commandant du CEPPOL «nous sommes habitués à ces exercices mais cette fois-ci le processus d’allégement se met en place directement entre le BSAD et le navire en difficulté-joué par une citerne à eau. Le but est de voir si un pompage à grande distance entre 70 et 150 mètres s'effectue correctement ». La manœuvre fait appel au savoir-faire du CEPPOL. En moins de deux heures, les pompes ont été installées sur la citerne à eau, le tuyau du transrec a été raccordé et le processus d’allégement est en cours. Après une journée de mise en place et de test, le processus fonctionne et le personnel est de nouveau formé…en attendant une prochaine intervention.
La marine affrète des chalutiers pour la lutte anti-pollution, concrètement comment cela se passe ? Suite aux différents accidents maritimes: Erika ou Prestige par exemple, l’affrètement de navires de pêche pour la lutte anti-pollution a montré son efficacité. Depuis, la marine affrète des chalutiers sur les 3 façades maritimes. Les navires de pêches travaillent par paire. Ils tractent un chalut de récupération de type Thomsea ou Seynip.
Ces navires reçoivent-ils une formation particulière ?
Tous les ans, ils ont une formation théorique sur le matériel de récupération d’hydrocarbures. Une fois la formation théorique effectuée, les navires de pêche testent le chalut Thomsea ou le Seynip en mer.
Cet affrètement dépasse la métropole puisque des pêcheurs guyanais ont été formés ?
Oui, nous avons effectué un exercice en Guyane avec deux crevettiers. Ces pêcheurs ont reçu une formation théorique puis un exercice a été réalisé. C’était la première fois que nous réalisions cette formation en Guyane et la collaboration avec les pêcheurs a été très fructueuse.
A l’origine de la création du CEPPOL, il y a l’Amoco Cadiz. Le naufrage de ce cargo au large des côtes bretonnes en 1978 est resté gravé dans les mémoires comme l’une des pires marées noires de l’Histoire. Soucieuse d’améliorer la lutte contre les pollutions en mer, la France se dote, voilà 30 ans, d’une commission d’études chargée d’optimiser la connaissance des risques et de proposer des moyens adaptés pour contrer ces pollutions. Cet organisme, qui devient centre d’expertises pratiques de lutte antipollution, appartient à la marine, qui a la responsabilité de la lutte anti-pollution en mer. Il exerce un rôle de préparation organique du personnel et des moyens et apporte, aux préfets maritimes (métropole) et délégués du gouvernement pour l’action de l’Etat en mer (outre-mer) son expertise pour la gestion des incidents et des crises ayant un volet pollution marine.
Pour permettre de tester les équipes et les procédures du CEPPOL, de nombreux exercices sont programmés tout au long de l’année, mettant en scène des bâtiments en difficulté présentant un risque de pollution en mer.
Sources : © Marine nationale