En octobre et novembre, l'équipage Ulysse Charlie de la 21F a participé à l'opération permanente de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants en mer des Caraïbes. Il était accompagné d'une équipe technique de cinq personnes pour assurer l'entretien et les réparations de l'ATL 2 N°20 qui a effectué 108 heures de vol.
L'équipage a patrouillé dans une grande partie de la mer des Caraïbes à partir des aéroports de Fort-de-France et de Curaçao dans un contexte interalliés, interarmées et interadministrations. Les nombreuses rencontres avec nos partenaires anglais, américains et hollandais, de la Marine, des douanes ou de l'armée de l'air ont permis des échanges d'informations très profitables pour la suite des opérations et l'intégration du détachement dans le dispositif.
Appréhender les Go-Fast
Pour l'ATL 2, l'objet de la mission est la localisation et la tenue de contact des bâtiments susceptibles de transporter des substances illicites des pays d'Amérique du Sud vers l'Europe, l'Afrique ou les Etats Unis. La cible la plus délicate à détecter et à arrêter est le Go-Fast en raison de sa petite taille, de l'expérience développée par les trafiquants et de la rapidité de ce type d'embarcation (40 noeuds par mer favorable).
Avant de décoller, l'équipage est briefé par la cellule emploi-mer de l'EMIA Antilles et reçoit les éléments du vol : renseignement pouvant provenir de la cellule de renseignement maritime, de l'antenne OCRTIS de Fort-de-France (office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants) ou des échanges avec les agences de renseignement des pays participant à l'opération), zone de travail, timing, bâtiments militaires et aéronefs sur zone, liaisons radio en fonction, météo, notams... Le vol est consacré à la détection des petits échos de surface à l'aide du radar, de la caméra infrarouge et des veilleurs installés dans le nez vitré, le cockpit et les sabords de l'ATL 2. En cas de détection, une tenue de contact discrète est entamée jusqu'à l'intervention du bâtiment le plus proche. Conscients de l'importance de ce type de mission, les équipages rassemblent tout leur savoir faire et les acquis de l'expérience des détachements antérieurs pour être réactifs et efficaces.
Halte à Dakar
Une fois sa mission remplie, l'équipage a redécollé de Fort-de-France pour mettre le cap sur Nîmes en passant par Dakar. Compte tenu du regain de violence en Côte d'Ivoire début novembre et de la forte activité des deux équipages d'ATL 2 en place à Dakar, "UC" a différé son retour d'une semaine pour faire quelques vols au profit de l'opération Licorne.
De Nîmes à Fort-de-France
L'aviation basée à terre consacre chaque année une part importante de son activité opérationnelle à la sauvegarde maritime (l'AEM en général mais aussi aux missions Narcops) en déployant plusieurs fois par an aux Antilles un F 50 ou un ATL 2. La participation de ces aéronefs s'inscrit dans une logique de diversification et de coordination des moyens de lutte. L'ATL 2 est placé sous le contrôle opérationnel du Comsup Fort-de-France et est soutenu de manière très réactive par la cellule Emploi Mer de la division opérations de l'EMIA Antilles. Il a coopéré plusieurs fois avec le Ventôse, capable d'intervenir sur un Go-Fast (embarcation rapide d'origine transportant de la drogue) avec son Panther et un détachement occasionnel de commandos marine.
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