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Zoom sur le stage « SACOPS »

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Mise à jour : 22/10/2010 17:39

Un passeport pour le départ opérationnel. Moins d’un an après sa création, le stage « d’aguerrissement et de mise en condition opérationnelle » à Lorient est devenu le passage obligatoire de tous les marins projetés, en Afghanistan ou sur toute autre affectation labellisé Otan. 

«Si tu abandonnes une fois devant l’obstacle, tu abandonneras toute ta vie». Discrètement placardée à l’entrée du bâtiment de l’école, cette recommandation anonyme est sans doute adressée aux fusiliers marins en entraînement, clopinant de fatigue sous le crachin lorientais. C’est sur les terres des fusiliers marins et commandos marines que six toulonnais ont pris l’uniforme bariolé. Ils sont de spécialités «mecan», «sic» ou «detec», d’âge et de grade inégaux, loin de chez eux, de la pénombre d’un centre opérationnel et des systèmes de combat embarqués.

Sur les rives du Scorff et du Blavet, le programme d’activités des nouveaux stagiaires est peu académique. Les six hommes piétinent, cavalent, s’aplatissent au sol, s’essoufflent même. Et pour cause, le stage «d’aguerrissement et de mise en condition opérationnelle» (prononcez «s-a-c-o-p-s») ne ménage pas le groupe venu chercher son vade-mecum pour leur prochain départ opérationnel. Destination Kandahar ou Kaboul, c’est selon. Une semaine d’initiation au danger des IED («improvised explosive device», engin explosif improvisé employé dans les guerres non conventionnelles comme en Afghanistan) , au secourisme de combat et au corps à corps. Mais l’essentiel de la formation repose particulièrement sur deux modules, le tir selon la nouvelle méthode suisse dite «ISTC» (voir notre encadré) et l’attitude au combat. Ce que les « bonnes feuilles » des manuels d’instruction militaire résument finalement en deux expressions : les «actes élémentaires» (se déplacer en patrouille), et les  «actes réflexes» (se poster sous le feu ennemi).

«Le sacops délivre un bagage de formation pour permettre à n’importe quel marin de partir sereinement quelque soit son théâtre de projection, en Afghanistan ou sur toute autre affectation labellisé Otan» résume le commandant de l’école, le capitaine de frégate Clivaz. «Il n’est pas question de former des commandos en quelques jours, complète cet instructeur. Avant de partir pour une destination qui leur est parfaitement inconnue, nos élèves stagiaires doivent se familiariser avec le port du gilet pare-éclat et pare-balle ou apprendre à se mouvoir dans un véhicule malgré le poids de l’arme et du brelage ».  Pour certains d’entre eux, 15 ans les séparent de leur première formation au combat. De tous, le commandant Jung est sans doute celui qui a le plus d’expérience des armes et des situations potentiellement à risque. Lui-même relativise : «ce qu’on attend de nous, c’est que nous sachions choisir le bon abris et faire usage de nos armes en cas d’accrochage. Je prend moi-même cette semaine de formation très au sérieux ; je ne veux pas être un danger pour mes camarades». Même écho chez le premier maître Fontaine, plus habitué au pont des bateaux gris qu’au sol caillouteux des terrains d’entraînement du Morbihan : «fondamentalement, notre spécialité ne changera pas une fois en Afghanistan. C’est l’environnement qui est différent et que nous devons appréhender ».

En fait, le stage sacops est relativement nouveau. Déjà présent dans les autres armées sous une autre appellation, une directive de l’état-major des armées a accéléré sa création au sein de la Marine en janvier dernier. «On est sur un terrain en friche » confie-t-on à l’école. Pour les prochaines cessions, des améliorations sont donc toujours susceptibles de modifier et donc d’améliorer le programme du stage. « On peut envisager, avance le lieutenant de vaisseau Licata en charge du contenu pédagogique, que le futur stagiaire soit déjà détenteur avant son séjour à l’école, de son certificat d’aptitude au tir n° 2. Une manière de gagner du temps pour le consacrer à d’autres modules de travail comme le tir à l’arme de poing ».

Un emploi du temps que les élèves jugent par ailleurs « dense » mais accessible aux marins de toute condition physique. « Je ne suis pas venu pour recevoir un entraînement sportif rectifie l’un d’eux, catégorique. Je veux quitter Lorient en ayant retiré tous les enseignements pratiques et tactiques que nos cadres peuvent nous délivrer ».

Dans un mois, les six marins fouleront le sol d’un pays dont ils ne connaissent que le nom et les usages rapportés par leurs pairs. « Si la formation est efficace ? Je vous le dirai en revenant… ». Comme eux, ce sont une centaine de marins que l’école s’apprête à former chaque année.

Bilan d’une année de stage SACOPS, interview du CF Clivaz, commandant de l’école des fusillers-marins.

Sources : © Marine nationale / EV Grégoire Chaumeil

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