Découvrir le milieu interarmées et la complexité tactique des opérations à terre, apprendre à donner ses ordres et faire comprendre la mission donnée à ses équipes, s’aguerrir, enfin, tels étaient les objectifs de la Formation Pratique au Commandement des officiers élèves de la Mission Jeanne d’Arc 2011 qui s’est déroulée du 29 mars au 1er avril 2011 sur terre, en mer et dans les airs djiboutiens.
Il est 17 heures mardi 29 mars, les officiers élèves de l’Ecole navale des 1ère et 3e escouades s’équipent avec quatre de leurs homologues de l’armée de Terre, les sous-lieutenants de l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr Coëtquidan. Ils sont missionnés par l’Etat français pour intervenir au "Mosholand". Depuis plusieurs semaines déjà, la République de Mosho est le théâtre de manifestations à l’encontre du président en place. L’opposition est animée par une volonté démocratique mais une partie des manifestants souhaite, elle, prendre le pouvoir. Ces opposants extrémistes font preuve d’actions violentes : vols, pillages et finalement prise d’otages.
Sur les bases de ce scénario fictif, les officiers élèves (OE) de l’Ecole navale, de l’Ecole du Commissariat de la Marine, les médecins en stage d’embarquement et les sous-lieutenants de l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr Coëtquidan ont travaillé ensemble pour mener à bien les missions qui leur ont été confiées.
Les escouades 1 et 3 ont donc pris le rôle des Forces Avancées. Avant un débarquement, les forces avancées (FA) – constituées de plongeurs-démineurs et de commandos
– sont envoyées sur le terrain afin d’étudier la zone d’opérations amphibies sur laquelle seront déployées les forces de débarquement (FDD). Les FA s’assurent également la praticabilité des sites de plageage (en effectuant si nécessaire le déminage des fonds) et prennent les renseignements nécessaires à l’avancée sur la terre des FDD. Une fois ce travail de préparation de terrain accompli, les FA se retirent avant le débarquement des FDD. Dans ce contexte, ces deux groupes avaient pour mission de se prépositionner sur la Forward Operational Base (FOB) – une base opérationnelle où les rebelles avaient installé des vivres, un soutien logistique et un service médical – de la saisir et de détruire le poste de commandement et leurs moyens de transmission et communication.
Dans la peau des FA, les OE ont du rendre possible la livraison par air de marchandises (largage par avion de colis divers) et effectuer une reconnaissance de l’axe menant de la FOB à la plage afin d’assurer la sécurité du débarquement des troupes par la suite. Les FA ont estimé, analysé et réduit la menace à un niveau acceptable pour le commandement dirigeant la force amphibie (Commander of Amphibious Task Force – CATF). Celui-ci a alors ordonné le débarquement des troupes. Les escouades 2 et 4 ont pris la relève des opérations et endossé le rôle des FDD.
Au fil d’un scénario élaboré méticuleusement par les instructeurs de l’Ecole navale embarqués pour la Mission Jeanne d’Arc, les officiers élèves ont pu tester leurs connaissances de certaines missions terrestres telles que l’infiltration, la recherche de renseignement, le marquage d’un terrain pour le largage par air (effectué grâce au concours des Forces Françaises de Djibouti et de leur avion de transport C-160), la reconnaissance d’axe, l’organisation d’une évacuation médicale, l’attaque d’objectifs, le transport de troupes par hélicoptère de jour et de nuit, l’exfiltration, les raids nautiques, etc. Partis de la mer, grâce à des moyens nautiques (CTM, embarcations rapides) ou héliportés, les officiers élèves ont une nouvelle fois pratiqué la projection amphibie. Les moyens nautiques ont également fait partie intégrante de la FPC et ont permis notamment la réalisation de deux évacuations sanitaires. La mer au cœur de l’action à terre, l’amphibie en point commun.
La Formation Pratique au Commandement de la Mission Jeanne d’Arc avait pour objectif, comme l’a présenté l’amiral Guillaud, Chef d’état-major des armées, aux élèves officiers des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan en février dernier, d’apprendre aux officiers élèves, qu’ils soient marins ou terriens, « à être des officiers, c’est-à-dire demain des chefs opérationnels aptes à commander et réussir les missions qui leurs seront confiées ». La formation était aussi l’occasion pour les officiers élèves de se découvrir eux-même, d’apprendre à connaître leurs limites et celles des autres, de dépasser la douleur physique grâce à un moral d’acier, d’être capable de soutenir et motiver ses troupes et ses équipes, de diriger et guider pour avancer ensemble vers un même objectif, une même mission ; servir leur pays.
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EV2 Marine Monjardé