10, 33, 37, 43, 44, 65. Ce ne sont pas les numéros gagnants du prochain tirage du loto. Il s’agit des numéros de série des Super Etendard qui opèrent actuellement depuis le porte-avions Charles de Gaulle au large de la Libye. Les « couteaux suisse » de la marine, comme ils sont appelés familièrement par leur flottille, « savent tout faire, mais une chose à la fois », précise le capitaine de frégate D., commandant la flottille 17F.
Le 19 janvier 1973, Michel Debré, alors ministre d'État chargé de la Défense nationale, prend la décision de faire du Super-Étendard l'avion d'arme polyvalent de la Marine nationale pour remplacer les Étendard IV, les Crusader et les Alizé. C'est le 25 novembre 1977 que le Super Étendard tête de série vole pour la première fois à Bordeaux-Mérignac. Le vendredi 28 juin, intervient la première livraison à la Marine nationale.
Aujourd’hui, le SEM participe activement aux opérations au-dessus de la Libye. Tour à tour éclaireur des cibles avec le pod Damoclès, avion ravitailleur ou en patrouille air-sol, sa polyvalence reste très appréciée aux côtés des Rafale.
Au « bureau organisation du travail » (BOT), on assure le suivi des aéronefs. Une mine de renseignements pour les passionnés de ces avions, dont chacun a sa propre histoire.
Le MP L. dispose en effet des « carnets de bord » des appareils. Dans des besaces sans âge, on retrouve toutes les interventions techniques sur l’appareil et ses équipements depuis sa mise en service.
Les traditions ont toujours joué un grand rôle au sein des flottilles. Celle d’associer le numéro de série avec un département et sa préfecture est réapparue en 2009, à l’initiative du commandant de la 17F. Les SEM 33, 43 et 65 arborent donc fièrement le blason de la Gironde, de la Haute-Loire et des Hautes Pyrénées, associés aux noms de Bordeaux, Le Puy-en-Velay et Tarbes.
Un petit tour sur Internet pour récupérer le motif, des pinceaux classiques, de la peinture aviation et enfin la couche de vernis protecteur et le tour est joué pour le Maitre M., l’artiste peintre. Au début, il fallait quatre heures à la jeune femme pour permettre au Super Étendard d’afficher la fierté de son département et de sa ville «marraine». À présent, l’œuvre d’art est réalisée en une heure et demie. «Le contexte opérationnel est bien sûr prioritaire», précise-t-elle. «Il est donc rare que je dispose du temps nécessaire, en profitant des périodes d’entretien et de maintenance, pour peindre les blasons».
Les trois SEM restants ont arboré leurs couleurs un peu plus tard, obligations opérationnelles obligeant. Ils se sont vus décorer des armes de l’Aube (Troyes), de l’Indre et Loire (Tours) et de la Loire Atlantique (Nantes). «Le 44 n’a pas été facile, il est plein d’hermines!», commente amusée la Maître M.
Déception en revanche pour l’artiste, originaire de Seine et Marne (77): «La série des SEM s’est arrêtée au numéro 71. Je n’aurai donc jamais le plaisir d’apposer le blason de mon département sur l’un d’eux !».
Les blasons
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Le SEM 10 (Aube) : D'azur à la bande d'argent côtoyée de deux doubles cotices potencées et contre-potencées d'or; au chef ondé du même. | |
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Le SEM 33 (Gironde) : « Gironné d'argent et d'azur, au chef cousu de gueules au léopard d'or armé de gueules ». | |
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Le SEM 37 (Indre et Loire) : « D'azur semé de fleurs de lis d'or ; à la bordure componée d'argent et de gueules. | |
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Le SEM 43 (Haute Loire) : « De gueules au senestrochère d'argent mouvant d'une nuée d'azur au flanc dextre et tenant une crosse d'or, senestré d'un dextrochère aussi d'argent mouvant d'une nuée d'azur au flanc senestre et tenant une épée d'argent garnie d'or, à la bordure engrêlée d'argent » |
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Le SEM 44 (Loire Atlantique) : « D'hermine à la fasce ondée d'azur » | |
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Le SEM 65 (Hautes Pyrénées) : « D'or à deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre. » | |
Sources : © Marine nationale