Vendredi 8 octobre 2010. 5h30. Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Corsen reçoit un appel de l’Uranus, chimiquier de 120 mètres de long, construit en 2008 et battant pavillon de Malte. L’Uranus transporte 6000 tonnes de solvant. Le navire informe qu’il est en grande difficulté avec une voie d’eau importante à environ 50 nautiques (100 kilomètres) au Sud Ouest de Ouessant et que les 13 membres d’équipage abandonnent le navire à bord de leur radeau de sauvetage. Le chimiquier assurait un transit entre Porto Marghera (Italie) et Amsterdam (Pays Bas). L’origine de la voie d’eau est le résultat d’une collision avec le cargo vraquier Hanjin Richzad battant pavillon du Panama, de 191 mètres de long et construit en 2010 qui assurait une liaison entre Las Palmas et Rotterdam.
La frégate anti-sous-marine Primauguet est déroutée vers la zone alors qu’elle se trouve à 33 nautiques et le remorqueur de haute mer Abeille Bourbon appareille de l’anse de Bertheaume à 6h15. Les hélicoptères EC 725 (Armée de l’air) et Dauphin de service public de la base aéronautique de Lanvéoc-Poulmic décollent à 6h18 pour se rendre sur place.
7h10. L’hélicoptère EC 725 débute le treuillage des membres d’équipage du chimiquier.
11h. L’équipage est sain et sauf et est transféré sur Brest. Une équipe d’évaluation et d’investigation et 2 personnels de l’Abeille Bourbon sont à bord. Les manœuvres d’assèchement ont débutées.
11h58. Sur décision du préfet maritime de l’Atlantique, le VAE Anne-François de Saint Salvy, l’Abeille Bourbon débute le remorquage. Direction Brest où il doit arriver au milieu de la nuit. Les conditions météorologiques sont favorables pour une telle opération.
La nature précise du produit que transporte le chimiquier est évaluée par les services du CEDRE et du CEPPOL. Aucune pollution n’est détectée autour du navire dont les soutes de cargaison et de combustible de propulsion sont intègres.
Samedi 9 octobre 2010. 1h45. Le chimiquier Uranus est amarré par les services portuaires à l'épi 4 du port militaire. Le convoi composé de l'Abeille Bourbon et du chimiquier est entré en grande rade à 23h40 après plus de 12 heures de remorquage à petite vitesse. Après avoir largué la remorque à 0h05, le bâtiment est pris en charge par 2 remorqueurs civils qui l'ont amené à son poste d'amarrage.
Bien qu'aucune pollution n'ait été détectée en raison de l'intégrité des soutes du navire, un barrage flottant anti-pollution est immédiatement installé par mesure de précaution. Par arrêté du préfet maritime, un périmètre de sécurité de 500 m est établi autour du bâtiment.
Au cours de la matinée, les plongeurs inspectent la coque de l’Uranus pour constater les dégâts occasionnés par la collision avec le cargo vraquier panaméen. Une brèche d'environ 5m sur 8m est observée sur le côté bâbord du bâtiment. Ces observations confirment l'intégrité des soutes, efficacement protégées par la double coque.
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Dimanche 10 octobre. Toute la nuit, les équipes techniques de la société Les Abeilles ont travaillé pour permettre au navire de se redresser.
Dans la matinée, une opération de ballastage a remis l’Uranus dans ses lignes d’eau. L’ensemble des installations sont vérifiées, et, en particulier, les installations de sécurité.
Lundi 11 octobre. 10h. Parti d’Anvers samedi soir, le navire chimiquier Stolt Teal est arrivé à Brest. Il s’est mis à couple de l’Uranus.
Le port militaire de la base navale de Brest est habitué à la manutention de matériaux dangereux – munitions par exemple. Toutes les mesures sont prises pour que cette opération se passe en toute sécurité. Les deux navires possèdent leurs propres systèmes de sécurité en état de marche, un périmètre de sécurité est toujours de rigueur, le lieu de la manoeuvre est éloigné de toute habitation et les marins–pompiers veillent également au respect des mesures de sécurité.
Avant de procéder au transfert des 6000 tonnes de produits chimiques contenues dans les soutes du navire endommagé, le propriétaire de la cargaison a diligenté un expert pour effectuer tous les contrôles nécessaires à la bonne marche des opérations.
10h15. Début du transfert. Pendant toute sa durée, un gaz inerte remplace le produit dans les soutes. L’opération est prise en charge par les matériels de sécurité habituels du navire. Une surveillance de l’évolution des structures est maintenue.
Les marins-pompiers certifiés risque chimique de niveau 3 (RCH3) de la base navale de Brest veillent à la sécurisation des lieux et au contrôle des émanations éventuelles à l’aide de détecteurs appropriés, d’un fourgon mousse grande puissance (FMOGP) et de la vedette d’intervention de rade (VIR) Douffine. Le périmètre de sécurité est maintenu autour du lieu de transfert des produits.
Mardi 12 octobre. 9h30. Fin du transfert des 6000 tonnes de produits chimiques.
13h. Le chimiquier Stolt Teal appareille à l’aide des remorqueurs du port de commerce de Brest et du RPC Armen de la marine Nationale.
16h. Le chimiquier Uranus quitte l’épi 4 du port militaire de la base navale de Brest. Tiré par 2 remorqueurs du port de commerce de Brest, Saint Denis et Pyriac et par le remorqueur portuaire et côtier (RPC) Taunoa de la Marine nationale, il rejoint le quai de réparation numéro 1 dans le port de commerce de Brest.
Sources : Communiqué de Presse Préfecture Maritime Atlantique