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L’APPONTAGE : du tarmac de Landivisiau au pont du Charles

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Mise à jour : 23/07/2010 17:20

Des jeunes pilotes de la base aéronautique navale de Landivisiau ont embarqué le 4 juin dernier pour une semaine sur le porte-avions Charles de Gaulle. Après un an d’entraînement à la base et un mois d’exercice d’ASSP (Appontage Simulé Sur Piste), ils ont enfin apponté sur le Charles de Gaulle. Décryptage de l’ASSP, exercice de simulation d’atterrissage sur piste. Un entraînement obligatoire des pilotes avant leur départ sur un porte-avions.

Un ASSP a pour objectif de préparer les pilotes d’aéronefs à se poser sur le pont du porte-avions Charles de Gaulle, soit l’équivalent de la dimension d’un terrain de tennis. Le but est de diminuer les risques de cette opération. Il s’agit d’un exercice très spécifique, répété sur le tarmac de la base aéronavale. « Les pilotes ont une formation opérationnelle, ils apprennent à ravitailler, à utiliser des armes de guerres, mais lors d’un appontage, il s’agit uniquement de se poser sur le porte-avions. La mission n’est pas de revenir à bord, mais c’est tout de même primordial » explique Little, jeune pilote sur Super Etendard Modernisé. C’est un exercice techniquement très difficile car il leur est demandé d’avoir une précision extrême. La précision, les réflexes et les entraînements consécutifs sont tels que le pilote sera capable de s’adapter à un appontage sur le Charles de Gaulle. Aucun entraînement de ce type ne peut se faire à bord du porte-avions. La « présentation » d’un appareil sur le pont d’envol est toujours un exercice délicat avec ses implications en terme de sécurité des pilotes, mais aussi de l’équipage et des installations de cette plate-forme flottante, mouvante et réduite.

 

Trois secondes pour l'arrêt complet de l'appareil

Pour un appontage, le pilote doit prendre en compte trois facteurs : la vitesse, l’alignement sur la piste et la pente. Il doit sortir la crosse d’appontage du train de l’avion, et cette crosse doit saisir un brin d’arrêt. Le brin d’arrêt est un câble associé à un dispositif de freinage hydraulique qui, une fois accroché à la crosse, stoppe l’aéronef. Le pilote est guidé par un miroir d’appontage, dispositif optique lui permettant d’avoir une indication instantanée de sa position par rapport au plan idéal de descente. Ainsi, ces techniques d’appontages permettent à l’avion de passer de 250 km/h à l’arrêt complet en trois secondes. Cet exercice ne se fait que dans la Marine Nationale et dans l’US Navy. En effet, les aéronefs doivent avoir une précision de toucher de plus ou moins 1m50 en latéral et plus ou moins 8m en longitudinal.

Les jeunes pilotes effectuent à terre une à deux séances d’ASSP par jour, d’une moyenne de 6 passes par séance. Une passe équivaut à ce qu’on pourrait appeler une présentation à l’atterrissage. A la fin de chaque séance, les pilotes participent systématiquement à un débriefing individuel mené par l’officier d’appontage. Ce rituel est très important, il sert à mettre en avant leurs défauts afin qu’ils puissent les corriger.

Aucune alternative : le jeune pilote doit réussir

L’ASSP est une étape difficile dans la formation d’un pilote. « Ils sont obligés de réussir». Avant que les jeunes pilotes reçoivent leur première mission opérationnelle, ils doivent passer un ensemble de qualifications. Ils doivent valider douze séances d’ASSP de jour pour les pilotes de Super Etendard Modernisés, et huit séances pour les pilotes de Rafale, avant de pouvoir apponter sur le Charles de Gaulle. De plus, ils doivent recevoir l’accord des officiers d’appontages. Ensuite, sur le porte-avions, il faut effectuer six appontages pour être enfin qualifié. Cependant, une fois qu’un pilote est qualifié, il doit s’entraîner régulièrement car une manœuvre telle que l’appontage n’est jamais entièrement garantie.

 « La moindre erreur peut être fatale »

Les officiers d’appontage (OA) sont des pilotes de chasse expérimentés, qui guident le jeune pilote dans l’exercice difficile qu’est l’ASSP. Ils interviennent par radio et par signal optique avec lui. L’OA donne les instructions au pilote pour que l’avion s’aligne parfaitement dans l’axe de la piste et sur le plan de descente. Son rôle est aussi de conseiller les jeunes pilotes, de l’entraînement à la qualification pour atteindre le niveau nécessaire pour aller sur le porte-avions. Dans  un souci de sécurité, le pilote doit « s’abandonner » aux ordres des OA. « Nous devons leur porter une confiance entière. Ils sont là pour nous guider dans l’appontage et la moindre erreur peut être fatale. »

Ils sont sept jeunes, de 22 à 29 ans, tous pilotes de Rafale ou de Super Etendard Modernisés. Engagés ou venant de l’école navale, ils ont reçu une formation de vol de deux ans aux Etats-Unis, dans le Mississippi. A la fin de cette période, les élèves-pilotes ont réalisé dix appontages sur un porte-avions américain, avant de recevoir le macaron de pilote de chasse embarquée de l’US Navy. Ensuite ils sont arrivés à la BAN de Landivisiau, où ils se sont entraînés au vol pendant un an. Leur entraînement par les séances d’ASSP terminé, et ils viennent de partir une semaine sur le Charles de Gaulle. Les jeunes pilotes sont maintenant prêts à recevoir leur première mission opérationnelle.

 

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