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FLF La Fayette - 103 jours au sein de la force Atalante

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Mise à jour : 14/11/2012 11:25

L’équipage de la frégate La Fayette revient tout juste de 103 jours de déploiement au sein de la force européenne de lutte contre la piraterie Atalante. Entretien avec le CV Guillaume Merveilleux du Vignaux, commandant.

Quel fait marquant retenez-vous de ces trois mois et demi ?

L’un des événements les plus marquants est sans aucun doute d’ordre politique et diplomatique. À l’occasion d’une courte halte à Mombasa, nous avons en effet accueilli à bord Mme Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle était accompagnée de diplomates de haut rang et des chefs des trois opérations de sécurité et de défense mises en œuvre par l’UE dans la région: l’opération Atalante, EUCAP Nestor (mission européenne en Afrique de l’est et océan Indien visant à renforcer les capacités maritimes des Etats de la région) et EUTM Somalie (formation des forces de sécurité somaliennes). Cette réunion sur un bateau français en escale au cœur du théâtre d’opérations avait une forte valeur symbolique, pour l’Europe comme pour les pays de la région. Tous ont ainsi pu juger du bien fondé et de la cohérence des actions entreprises. La visite a été un franc succès. Mme Ashton et l’ensemble des invités se sont dits très favorablement impressionnés par le niveau de professionnalisme démontré par nos marins. L’amiral britannique commandant de l’opération Atalante a souligné de son côté combien le La Fayette avait su répondre présent «au plus haut niveau» et convaincre les dirigeants de l’efficacité de la force à la mer au sein du dispositif européen global.

Quel en a été le quotidien ?

Une grande partie du travail de la force Atalante consiste à consolider notre connaissance de la zone et à rassurer les gens de mer qui la fréquentent. Nous avons donc énormément observé, puis échangé avec les pêcheurs locaux, interrogé de nombreux boutres et dialogué avec tous les acteurs du théâtre. Nous recueillons ainsi un grand nombre d’informations précieuses sur les modes opératoires des pirates. Cela demande une vigilance de tous les instants. En effet, pour nos équipes de visite, rien ne ressemble plus à un bateau-mère de pirates qu’un boutre de pêcheurs qui embarque une équipe de protection armée.

Quel bilan tirez-vous de vos 103 jours en opération Atalante ?

Notre action s’inscrit dans le cadre d’une approche globale de la communauté internationale (lire l’encadré). Entre quatre et sept bâtiments européens en moyenne participent aux escortes dans l’IRTC et aux patrouilles dans le bassin somalien. Pour notre part, les deux tiers de notre déploiement se sont déroulés en période de mousson, par définition peu favorable aux attaques. Mais dans le troisième tiers, censé être une période de recrudescence des actes de piraterie, nous avons constaté une forte baisse des tentatives d’attaques par rapport à l’année dernière à la même période. Et surtout, grâce à l’intervention des forces anti-piraterie, aucune d’entre elles n’a abouti à une prise de navire. Le dernier acte de piraterie réussi remonte au mois de mai.

Quelles sont les causes de cette baisse importante ?

Tout d’abord, nous avons désormais l’initiative. L’efficacité de la lutte est due à une connaissance plus fine des modes d’action des pirates, grâce aux nombreuses patrouilles d’hélicoptères, d’avions ou de bâtiments qui permettent de déceler au plus tôt les velléités des pirates.

Une autre cause réside dans la réactivité toujours croissante de la force, fondée sur un meilleur partage de l’information entre les navires militaires et civils. Ces derniers adoptent de plus en plus l’ensemble des mesures de protection préconisées et embarquent souvent des équipes de protection. Les systèmes d’alerte sont de plus en plus rapides et efficaces.

On note enfin quelques avancées à terre. Un premier gouvernement fédéral a été récemment élu en Somalie. L’AMISOM, la force diligentée par l’Union Africaine sous mandat de l’ONU, participe à la stabilisation du territoire et le gouvernement du Puntland se mobilise de manière plus efficace contre le fléau de la piraterie.

Au sein de la force Atalante, les bâtiments français se relaient régulièrement. Les retours d’expérience portent-ils aussi leurs fruits ?

La Force d’action navale et l’état-major de l’aéronautique navale préparent bâtiments et aéronefs de manière particulièrement efficace avant leur départ en Atalante. Les leçons retenues des déploiements précédents sont très rapidement exploitées, notamment au travers d’exercices spécifiques, d’acquisition de matériel et de la mise à jour d’un guide des opérations de lutte contre la piraterie que nombre d’autres nations nous envient. A cela s’ajoute l’ensemble des échanges formels et informels avec nos prédécesseurs et nos successeurs. L’exploitation de ces retours d’expérience successifs permet à la France d’apporter à la force Atalante une expertise reconnue sur le théâtre d’opérations.

Lutte contre la piraterie : une approche globale.

L’Europe apporte des réponses à la piraterie dans différents domaines. Une réponse juridique tout d’abord. C’est elle qui permet l’action des marines dans les eaux somaliennes et autorise le traitement judiciaire des pirates. La seconde approche est d’ordre militaire. Elle est apportée en mer par nos forces armées et à terre par l’AMISOM et les forces de sécurité somaliennes pour stabiliser la Somalie. Enfin, des réponses sur le long terme sont recherchées par les organisations internationales comme EUCAP NESTOR (mission européenne en Afrique de l’est et océan Indien visant à renforcer les capacités maritimes des Etats de la région) ou EUTM (formation des forces de sécurité somaliennes par l’UE).

Sources : © Marine nationale

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