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Déminage à la pointe du Hoc (Calvados)

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Mise à jour : 19/10/2011 10:01  - Auteur :  LV Haar

Une semaine pour traiter 1202 engins explosifs! C’est le défi relevé par le Groupe des plongeurs démineurs (GPD) de la Manche et mer du Nord en ce début de mois d’octobre. Par rapport aux quelques 300 engins explosifs traités chaque année par les missions «route», cette concentration de munitions située à quelques kilomètres de la Pointe du Hoc revêtait un caractère exceptionnel.

Une mission originale

Au pied de la falaise du petit village d’Englesqueville-La-Perçée, la densité et la complexité des munitions ne permettaient pas l’intervention des démineurs civils: «seuls les plongeurs démineurs de la marine nationale habitués à cet environnement à mi chemin entre la terre et la mer étaient capables d’assurer ce chantier» déclarait M. Ranchère, le sous-préfet de Bayeux responsable de l’opération.

Une préparation digne des grandes opérations militaires et pas mal de souplesse ont permis de mettre tout le monde d’accord tout en veillant à respecter le voisinage et la faune des environs. Le lundi 3 octobre au matin, le lieutenant de vaisseau Yann Geffroy, officier opérations du GPD aux côtés du sous-préfet prenaient la direction du PC installé dans la mairie de la petite commune. Sur le terrain, 14 marins, dirigés par le maître Emmanuel Doche descendaient en rappel les 30 mètres de la falaise sécurisée par les pompiers du GRIMP (Groupe de Reconnaissance et d’intervention en Milieu Périlleux).

Un mode opératoire en deux temps

Après un recensement et une expertise des munitions sur une zone de 450 mètres de long et 50 mètres de large, la première phase de l’opération pouvait avoir lieu. Toutes les munitions jugées non dangereuses et suffisamment stables pour être déplacées ont été stockées dans des demi fûts. Ces derniers ont ensuite été remorqués grâce à des systèmes de levage gonflables à une distance de 3000 mètres de la côte. Avec l’appui de leur vedette La magnolia et de la vedette de gendarmerie maritime Yser pour la surveillance du plan d’eau, les plongeurs démineurs ont procédé au pétardement sous-marin de 770 munitions. Ce mode d’action avait comme avantage une moindre incidence sur la population puisqu’il ne nécessitait aucune évacuation. En revanche, les journées du 4 et du 5 octobre étaient consacrées au pétardement terrestre pour traiter les munitions qui, avec le temps, s’étaient littéralement soudées au rocher. Impossible et dangereux d’essayer de les déplacer.

Le travail des marins du GPD a consisté à relier les munitions entre elles grâce à un câble communiquant qui permettait une mise à feu simultanée. À 13 heures, le lieutenant de vaisseau Geffroy donnait ses directives au maître Doche «la situation est claire, vous avez le vert pour la mise à feu». Sur le terrain, ce dernier lançait le compte à rebours. Une déflagration impressionnante. L’onde de choc avait quelque peu remué le terrain et au résultat, les hommes du GPD découvraient de nouvelles munitions. Du travail pour le lendemain !

Au total, ce sont 432 munitions qui ont été traitées à terre. En fin de mission, le sous-préfet et quelques habitants exprimaient leur reconnaissance aux hommes du GPD, fatigués mais satisfaits du travail accompli. 1202 projectiles d’artillerie, de mortier et autres calibres ont été traitées. Et ce ne sont sans doute pas les dernières qui seront trouvées à cet endroit. Chaque année, au rythme des marées, des découvertes sont faites sur ce littoral durement touché par les deux conflits du siècle passé.

LV Haar

Le GPD Manche Mer du Nord intervient toute l’année pour sécuriser les littoraux français.

Sources : © Marine nationale

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