Ludivine Kempinski, infirmier de classe normale, nous parle du rôle de l'infirmier militaire.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre formation et votre parcours au sein de la Défense ?
Après mon bac, j’ai passé le concours d’infirmier pour ensuite intégrer la formation initiale de l’école de Maistrance. Par la suite, je suis entrée dans l’École du personnel paramédical des armées (EPPA) où j’ai passé trois ans à recevoir un enseignement alternant des cours théoriques et des expériences pratiques, aussi bien en milieu hospitalier qu’en unités militaires.
Lors de mon choix d’affectation, j’ai choisi le poste d’infirmier adjoint au service médical de la force d’action navale (FAN) à Toulon en 2008. Puis, je suis devenue infirmier major à bord de la frégate de défense aérienne Chevalier-Paul de 2008 à 2011. C’est dans ce cadre que j’ai commencé à intervenir sur l’opération Harmattan en juin 2011. Enfin, depuis septembre 2011 j’exerce le rôle d’infirmier-major au sein de Bâtiment de Commandement Ravitaillement (BCR) Var.
Si notre formation diffère très peu de celle des infirmiers civils, le métier d’infirmier de Marine a cependant des exigences particulières : étant donné notre cadre de travail nous devons constamment faire preuve de polyvalence et d’autonomie. En effet, nous sommes amenés à assurer aussi bien des missions paramédicales, que médicales ou logistiques. Il faut être efficace dans ces différents types de missions. Aussi, il peut arriver, notamment en exercice, que l’infirmier soit seul à bord, sans le médecin de son binôme habituel. Dans ce cas, il faut être capable de prendre des initiatives rapidement afin d’assurer la qualité de soin apporté à l’équipage de manière autonome.
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos missions au quotidien ?
Quotidiennement, le rôle de l’infirmier de Marine est à la fois de faire de la prévention auprès du personnel sur les questions d’hygiène et de santé (MST, contraceptions, problèmes dentaires) mais également d’assurer la fonction de médecine du travail en effectuant régulièrement des contrôles d’aptitudes des différents membres de l’équipage. Nos missions varient aussi selon les moments : il y a celles qui sont réalisées à quai, en amont des opérations, et celles qui sont assurées en mer.
Lorsqu’on est à quai, notre mission est principalement de préparer les troupes aux conditions de l’opération à venir et de les sensibiliser sur les risques médicaux en général. Il s’agit ainsi tout d’abord de préparer le matériel et l’équipement médical, le stock de médicament.
En mer, nous sommes là pour nous occuper des petites blessures de la vie courante mais également d’intervenir en cas d'accident. Nos journées sont aussi pimentées par des exercices de sécurité comme des fausses voies d'eaux pour entrainer le personnel en cas de sinistre. Mais le gros de notre métier se concentre sur l’accompagnement psychologique du personnel. Quand nous partons en mission, nous quittons chacun nos familles, nos amis et face à des interventions parfois difficiles, il est important de pouvoir trouver un soutien psychologique. L’infirmerie est souvent le lieu où l’on peut échanger sur ces questions et décompresser. Pour cela, en tant qu’infirmier nous devons être à l’écoute et également être capable de détecter les moments de faiblesse ou les fragilités de chacun.
C’est par ailleurs un poste qui nécessite d’être très polyvalent pour s'adapter à l'ensemble des situations qui peuvent survenir sur des bâtiments qui peuvent compter jusqu'à 2 000 personnes pour les plus gros !
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