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Interview avec Le Médecin en chef Humbert Boisseaux (1/2)

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Mise à jour : 09/11/2012 16:52

Le Médecin en chef Humbert Boisseaux, responsable du service psychiatrie de l'hôpital du Val-de-Grâce nous parle du suivi psychologique du soldat

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre formation et les missions que vous avez aujourd’hui ?

J’ai intégré l’École de santé des armées de Lyon pour y effectuer mes études de médecine. À l’issue, et après 3 années durant lesquelles j’ai exercé la médecine générale d’unité, j’ai passé le concours d’assistanat de psychiatrie et intégré le milieu hospitalier. Après mes années de formation à cette spécialité, j’ai rejoint le service de psychiatrie de l’Hôpital d’Instruction des Armées du Val-de-Grâce où j’occupe actuellement le poste de chef de Service.

Mon poste comporte trois principales missions. Une mission de soin au profit de patients militaires et civils atteints de troubles psychiques,  une mission d’expertise notamment dans le domaine de l’aptitude à servir dans les Armées et enfin une mission d’enseignement. Professeur agrégé en psychiatrie nous avons en charge la formation des médecins mais aussi de l’ensemble des personnels du Service de Santé des Armées. J’ai par ailleurs eu l’occasion d’effectuer différentes missions opérationnelles notamment en Bosnie, Kosovo, Côte d’Ivoire et Afghanistan.

Pouvez-vous nous parler du « Suivi psychologique du soldat » dont il est souvent question ?

Tout d’abord, il faut évoquer la notion d’équilibre psychique, condition même de l’efficacité opérationnelle du soldat. Cet équilibre est le fait d’éléments propres à l’individu et d’autres à son environnement. C’est l’adéquation d’une personne au milieu dans lequel il évolue qui en fait quelqu’un d’équilibré. Parler du suivi psychologique du soldat, c’est évoquer l’évaluation qui est faite de cet équilibre tout au long de sa carrière mais tout particulièrement face aux situations nouvelles auxquelles il est confronté et qui sont susceptibles de perturber son équilibre. Les personnels de santé, et notamment les spécialistes en santé mentale, mais aussi l’encadrement militaire à tous les niveaux sont impliqués dans ce suivi.

Il s’agit donc d’une attention permanente portée au soldat depuis son engagement jusqu’à son départ dans la vie civile :

  • Au moment du recrutement, des examens sont effectués afin d’évaluer la capacité d’adaptation des candidats aux exigences de la vie militaire ;
  • Tout au long de la carrière, des visites médicales sont régulièrement prévues pour assurer la continuité de ce suivi et pouvoir intervenir en cas de difficulté.
  • Lors de la fin d’engagement, à l’occasion d’une visite médicale qui doit permettre de préparer la sortie du milieu militaire.

D’autres évaluations sont également prévues aux moments clés de la carrière du soldat, lorsqu’il accède à de nouvelles fonctions, mais aussi lorsqu’il est amené à partir en opérations extérieures ainsi qu’à son retour pour évaluer l’impact d’une mission sur son équilibre psychique.

Il est important de rappeler que ce suivi n’est pas le fait des seuls spécialistes en santé mentale. Il est d’abord effectué par les médecins généralistes d’unité, mais l’encadrement militaire a également une importante place à prendre dans la détection d’une éventuelle souffrance psychique. Celui-ci, étant en effet au contact des soldats, est le mieux à même d’intervenir sur d’éventuels facteurs en cause dans l’environnement du soldat ou de l’orienter vers un médecin s’il en a besoin.

Le suivi psychologique du soldat, c’est donc cela : s’assurer que les soldats bénéficient d’une attention à tous les échelons afin qu’ils soient suivis et aidés si un besoin apparaît.

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