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Un des derniers du commando Kieffer débarque à la JDC de Caen

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Mise à jour : 29/06/2012 09:12

La commémoration de l’appel du 18 juin 1940 a été l’occasion pour le Centre du Service National de Caen d’accueillir sur le site JDC du Centre Enseignement Superieur Artisanat Metiers (CESAM) de Caen un des derniers survivants du commando Kieffer.

Les débuts du combattant

Né en octobre 1922, Léon Gautier a 17 ans quand éclate la seconde guerre mondiale qui va changer le cours de sa vie. En février 1940, il s’engage dans la Marine et embarque sur le « Courbet » en tant qu’apprenti canonnier. Il participe à la défense des ports de Cherbourg et de Carentan mais bientôt il rejoint l’Angleterre et débarque à Portsmouth.

C’est près de Liverpool, alors qu’il est en résidence dans un camp à Edenpark, qu’il entend l’appel à la résistance du Général de Gaulle. Il décide de rejoindre Londres qu’il atteint le 12 juillet afin de participer au défilé du 14 juillet en présence du Général de Gaulle, du roi George VI et de la princesse héritière, future Elizabeth II.

A partir de 1941, il embarque dans le sous-marin Surcouf et participe à des missions en Afrique, au Liban et en Syrie notamment. En 1943, il décide de se porter volontaire dans les commandos créés en Angleterre par le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer.

Commence alors un entrainement intense de six semaines dans le terrible camp d’Achnacarry en Ecosse où les participants deviennent de véritables tireurs d’élite. Les commandos Kieffer participent ensuite à ce que Léon Gautier appelle « des coups de main » à Dieppe, St Nazaire et Gravelines.

Le 25 mai 1944, les commandos sont mis au secret pour apprendre par cœur les plans du Débarquement prévu sur les plages de Normandie. Le 4 juin, Kieffer, qui vient d’être promu capitaine de corvette, rassemble ses hommes pour connaître leur motivation : ils sont tous volontaires ! Dans la nuit du 5 juin, ils sont transférés sur l’Ile de Wight, le nom de code sera Picadilly Circus… le débarquement peut avoir lieu.

Dans la salle du CESAM, la voix de Léon Gautier s’est tue, l’émotion est palpable. Les jeunes sont attentifs et intimidés. Après un moment d’hésitation, les premières questions fusent : quelle est votre plus mauvais souvenir du débarquement ? Quelle était l’ambiance dans les bateaux le matin du 6 juin ?

« la tempête fut un vrai miracle »

Léon Gautier se rappelle des corps des militaires flottant par dizaines dans les eaux de la Manche, vision la plus marquante qu’il n’a jamais oubliée. En dépit de ce qui les attend sur les plages normandes, les membres du commando sont heureux de revenir en France après plusieurs années passées loin des leurs. La détermination est plus forte que la peur.

Les 177 hommes du commando débarquent sur les plages de Colleville et d’Ouistreham où le casino est rapidement pris. Le pont de Bénouville (Pegasus Bridge) enjambant le canal de Caen à la mer est atteint à son tour dans la matinée. Léon Gautier explique que sans la tempête qui sévit ce jour là sur la Normandie, les pertes auraient été beaucoup plus importantes. En effet, le vent a enfoui les mines antipersonnel sous une épaisse couche de sable d’environ 60 cm empêchant celles-ci d’exploser au passage des soldats. « Cette tempête fut un vrai miracle pour nous ». Au soir du 6 juin, le commando recense « seulement » 10 tués et quelques blessés. Après 78 jours de combat en Normandie, les commandos Kieffer sont enfin relevés pour repartir en Angleterre. D’autres débarquements sont en préparation, notamment aux Pays-Bas.

L’après-guerre

Dans la salle du CESAM, les jeunes lui demandent comment il est possible de poursuivre le cours de sa vie après de tels évènements. Léon Gautier, l’œil brillant, se remémore alors sa décision de reprendre son métier d’ouvrier carrossier…en Grande-Bretagne ! En effet, c’est en 1943 qu’il rencontre une jeune anglaise qu’il épousera, avant le débarquement en France.

Léon Gautier devient par la suite expert en assurance automobile avant de profiter d’une retraite bien méritée. Un de ses petits-fils est actuellement capitaine dans un commando et porte, à l’image de son grand-père, le fameux béret vert.

Dernier message de la part du vétéran à l’attention des jeunes : il ne faut jamais désespérer et toujours croire en son avenir.

A l’issue de cet échange longuement applaudi par l’assistance, Léon Gautier s’est prêté avec plaisir à la séance de photos souvenir entouré par Madame Arnaud, chef de centre, des personnels et des jeunes ravis d’avoir partagé ce moment avec un des 13 membres du commando encore de ce monde.

Texte et photos : AA1 Jean-Luc Fleury (CPRE CSN Caen)

Sources : SGA/DSN
Droits : SGA/DSN

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