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Objectifs diplomatiques américains 2013-2017

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Mise à jour : 08/01/2013 11:43

par Michel Foucher, directeur de la formation, des études et de la recherche à l’IHEDN[1]

Le premier mérite de la réélection du Président Obama est d’offrir ce qui manque le plus aux dirigeants des États exerçant des responsabilités internationales, le temps, quatre ans de plus et sans les retards liés à la transition.

La priorité d’Obama n’est pas la politique étrangère : son discours de Chicago du 7/11 confirme son objectif central, le « nation-building » interne d’une société divisée et polarisée, aux inégalités sociales et territoriales croissantes et dont une majorité sous-estime ou refuse le degré d’interdépendance des États-Unis avec le vaste monde. Obama entend réduire la dépendance énergétique externe.

Mais « rester le plus grand pays du monde » implique d’assumer un « leadership global » alors que le concept même de multipolarité est récusée. L’enjeu central reste de gérer l’interdépendance des États-Unis par rapport au vaste monde et de débattre du rôle des États-Unis dans le monde (sortir du narcissisme indiqué par Anne Marie Slaughter dans IHTdu 24/10 ?).

Le Président Obama aura une marge de manœuvre plus nette et sera donc conduit à reprendre les dossiers du Proche et du Moyen Orient avec l’objectif d’atténuer le poids jugé excessif de cette partie du monde dans la politique extérieure des États-Unis. Il y a en fait divergence croissante d’intérêts nationaux entre les États-Unis et Israël sur la hiérarchie des menaces. Sur la Syrie, on observe au contraire une convergence, les dirigeants israéliens en étant venus au constat que la chute de la maison Assad sera un échec pour l’Iran. Il lui faudra impliquer la Russie en Syrie, la Chine en Iran (et combiner sanctions et menaces de représailles) et l’Algérie au Mali.

Les autres dossiers centraux seront :

- poursuivre un dialogue stratégique avec les nouveaux dirigeants chinois pour codifier les intérêts fondamentaux des deux pays et éviter de rejouer le XX° siècle européen. Il s’agit de prévenir une confrontation, née des contradictions durables dans les interactions sino-américaines (Apple ou Pentagone ?) et de bâtir de nouvelles approches stratégiques au-delà de l’endiguement.

- répondre à la demande africaine à l’égard d’un président présenté par Hillary Clinton à Dakar (1/8/2012) comme un fils de l’Afrique. La réponse dans une approche Atlantique élargie.

- pousser à une Europe plus unie politiquement en actualisant la Charte atlantique et à une Europe comme premier débouché avec un accord de libre-échange en 2013.

Face à un leadership contesté, Washington aura besoin d’alliances renouvelées ; le pragmatisme d’Obama le conduira à ouvrir l’OTAN à des pays dotés en forces et en moyens.

Pour les Européens, la question sera d’investir du temps et des moyens pour bâtir une réelle autonomie stratégique tout en écartant le risque d’une nouvelle division du travail qui laisserait à Washington la gestion des questions centrales (Asie Pacifique) et aux Européens un simple rôle d’acteur régional.

Enfin, les réalités s’imposeront, auxquelles il sera répondu en fonction de la hiérarchie des intérêts. Sans compter avec les « cygnes noirs ».

[1]Pour un bilan de la diplomatie américaine 2009-20212, voir « le monde selon Hillary Clinton » et la cartographie de ses 230 voyages officiels dans 113 pays en 376 jours de déplacement hors des Etats-Unis dans « La bataille des cartes, analyse critique des visions du monde », la carte du mois (30/10/2012), à consulter sur Ipad via Apple/Itunes, par Michel Foucher.

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