Animé par la France, l’atelier « raid amphibie » implique les militaires hollandais, sénégalais et français pour un exercice d’évacuation de ressortissants. Cette première phase de l’exercice Emerald Move permet donc aux unités alliées de s’entraîner en complète synergie.
Au large de Dakar, le 16 novembre. L’opération Festina Lente réunit ce matin trois coy, les compagnies Alpha, Bravo et Charlie, pour une évacuation de ressortissants depuis la red beach (plage de Nianning à une centaine de kilomètre au sud de Dakar). Il est 5 heures Z (Z pour « zoulou », l’indicatif du fuseau horaire défini par le méridien de Greenwich). Dans le ventre du navire Foudre, des Mariniers hollandais, l’infanterie sénégalaise et les marsouins du 3e RIMa (Régiment d’infanterie de Marine), sont déjà prêts dans les chalands de transport et de débarquement (CTM). Avec eux, des véhicules de la 9e Brigade légère blindée de Marine et deux chars AMX 10 RC du Régiment d’Infanterie Chars de Marine de Poitiers.
L’exercice de raid amphibie peut commencer. Il va durer plus de dix heures. Pour le lieutenant colonel Pierre, à la tête de deux compagnies, « le plus délicat dans cette manœuvre tactique c’est l’arrivée sur le rivage. On y est le plus vulnérable. Entre la mer et la terre, on appelle cela une ˝rupture de terrain˝. La compagnie française est chargée de prendre et de tenir la plage avant que les troupes hollandaises mécanisées prennent pied dans le village de N’Diamane, à 12 kilomètres en profondeur dans les terres, pour recueillir les ressortissants ».
Les embarcations atteignent la plage à l’aube, les troupes débarquent. L’infanterie de marine établit rapidement sa tête de pont couverte par les troupes sénégalaises. Les trois vagues de CTM déversent sur la plage un flot continu d’hommes, 350 en tout, et de véhicules. Entre deux rotations, le rivage occupé par une section génie du 6e Régiment du Génie d’Angers retrouve une tranquillité éphémère. Simple en apparence mais complexe dans son application, ce type d’opération est découpé en séquences : planification, embarquement, répétition et mouvements.
L’un des premiers objectifs d’entraînement de l’Initiative amphibie européenne est de démontrer le haut niveau d’interopérabilité des forces armées alliés. Dans un premier temps, trois ateliers, chacun animé par une nation différente, doit permettre aux acteurs de l’exercice d’acquérir une ouverture sur les modes opératoires des brigades alliées. Le premier atelier, l’entrainement lagunaire, est dirigé par les Hollandais, le deuxième, l’assaut amphibie, étant sous responsabilité italienne. La France est en charge du « raid amphibie » qui permet, comme le rappelle le colonel Pierre Schill qui supervise cette partie, « d’apprendre d’abord à se connaître pour rôder ensuite les procédures » avant d’entamer la seconde phase, un exercice synthèse, qui durera une dizaine de jours et constituera le cœur de l’exercice.
Sources : EMA
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