Le système intérimaire de drones MALE (SIDM) permet la réalisation de missions de surveillance et de reconnaissance, de désignation d’objectif et d’illumination laser de cibles.
Ces missions, réalisées au profit du renseignement interarmées, du commandant du théâtre et des composantes de forces, s’appliquent sur l’ensemble d’une zone d’intérêt ou d’un théâtre d’opérations.
Elles peuvent être réalisées dans la profondeur, jusqu’à des distances supérieures à 1 000 km de la base de départ, en assurant une permanence sur zone de 24 heures de jour comme de nuit et par tous temps. Les charges utiles embarquées comprennent une boule 3 voies dénommée MOSP (voie électro-optique, voie infrarouge et voie laser) et un radar à ouverture synthétique (imagerie et détection de cibles mobiles).
Le système, actuellement déployé en Afghanistan, comprend deux véhicules aériens, un segment sol et des moyens de soutien associés ; un système complémentaire, composé d’un véhicule aérien, d’une station sol et des moyens de soutien associés, a été livré à l’armée de l’air sur la base aérienne de Cognac fin 2010, et porte ainsi à 2 le nombre de véhicules aériens présents sur cette base (parc total de 4 véhicules aériens).
Après l'expérimentation des drones Hunter, l’Armée de l’air a décidé de les remplacer par les drones SIDM, en attendant le drone MALE qui lui apporterait à terme une capacité complète.
Le SIDM a fait l’objet d’un appel d’offres sur performances qui a retenu la proposition EADS (maître d’œuvre) sur la base du porteur israélien Eagle réalisé par IAI. La notification du contrat est intervenue en août 2001.
La livraison du système SIDM a été échelonnée entre mi 2008 et début 2009, à l’issue d’une phase de réception ayant fortement sollicité les centres de la direction technique de la DGA (notamment DGA Essais en vol, DGA Maîtrise de l’information, DGA Techniques aéronautiques) ; dès la livraison, l’armée de l’air a mené les premières expérimentations technico-opérationnelles, et a participé à une mission intérieure en septembre 2008 (intégration du système dans le DPSA (1) mis en place lors de la visite du Pape à Lourdes).
Il a été décidé fin 2008 de projeter le système sur le théâtre afghan, suite aux évènements du mois d’août dans la vallée d’Uzbeen. Après une modification de la liaison satellitaire, pour s’adapter aux caractéristiques particulières de la ressource disponible sur le théâtre (satellite à orbite inclinée), la première capacité opérationnelle a été prononcée fin janvier. Le système a ensuite réalisé son premier vol en opération extérieure depuis la base aérienne militaire de Bagram le 17 février 2009.
Au 30 mai 2011, ce sont environ 450 vols qui ont été réalisés depuis cette base, pour un total dépassant les 4000 heures de vol.
L’activité sur la base de Cognac a débuté fin 2010, à des fins d’entraînement du personnel et de réalisation de MISSINT. Le SIDM a ainsi récemment participé au DPSA mis en place à l’occasion du G8 de Deauville. Au 30 mai 2011, l’activité en métropole représente environ 30 vols pour 150h de vol.
L’architecture physique d’ensemble du SIDM s’organise autour des segments suivants :
Véhicule aérien :
Charges utiles :
Le segment sol permet de gérer simultanément deux véhicules aériens en vol et d’effectuer des relais sur la zone d’observation.
Performances
Avancées capacitaires :
En comparaison avec le système Hunter, le SIDM présente de véritables avancées technologiques offrant une capacité opérationnelle accrue. Ces améliorations sont essentiellement :
A noter que le système SIDM dispose depuis fin 2010 d’un certificat de type.
La maîtrise d’œuvre industrielle du SIDM est assurée par les sociétés EADS et IAI, en organisation de cotraitance. L’origine des composants principaux est la suivante :
(1) DPSA : Dispositif de protection et de sécurité aérienne
(2) LOS : Line Of Sight
(3) SAIM : Système d’Aide à l’Interprétation Multicapteurs
(4) ATOL : Automatic Take Off and Landing
Sources : DGA