Le programme missile de croisière naval (MdCN) vise à acquérir la capacité de frappe dans la profondeur à partir de bâtiments de surface et de sous-marins en exploitant la capacité de pré positionnement, d’endurance, de liberté de mouvement et de présence simultanée dans la durée sur plusieurs théâtres de ces plates-formes.
Le MdCN offrira ainsi une capacité de frappe rapide, en premier, massive et coordonnée et une complémentarité avec les missiles de croisière aéroportés (modes d'engagement, endurance avant la frappe, portée et charge généraliste).
Sa mise en œuvre à partir de la mer permet de disposer de cette capacité stratégique de manière durable sur zone (pendant une phase de montée en puissance ou de désengagement par exemple) et ce de façon plus ou moins ostensible selon des besoins du moment. Il répond aux besoins opératifs des fonctions stratégiques de prévention (y compris réactive), protection (lutte anti-terroristes et contre prolifération) et projection / action tout en minimisant les effets collatéraux.
Il est prévu que l’ensemble des frégates européennes multi missions (FREMM) soit équipé à terme du missile de croisière naval. L’équipement des sous-marins Barracuda est également prévu.
Le MdCN est un missile dérivé du missile aéroporté Scalp-EG / Storm-Shadow dont il reprend une grande partie de l’architecture fonctionnelle.
Il nécessite cependant :
- le développement d’une nouvelle aérostructure de type cylindrique compatible des contraintes de lancement à partir de navires notamment du tube de lancement d’armes du Barracuda et du lanceur vertical des FREMM ;
- la prise en compte des exigences de tenue aux environnements liées au domaine naval (stockage de longue durée sur les porteurs et contraintes de lancement) ;
- le développement de nouveaux équipements dont le système d’accélération et de basculement (SAB), le dispositif de changement de milieu (DCM) pour la munition Barracuda et le conteneur de tir vertical (CTV) pour la munition FREMM ;
- la prise en compte des spécificités d’un tir au-dessus de la mer et de la phase de croisière maritime.
Comme pour le Scalp-EG, le MdCN est une arme de frappe dans la profondeur permettant de transporter une charge compacte sur une portée de plusieurs centaines de kilomètres. Le MdCN permettra d’avoir une capacité de neutralisation et de destruction d'infrastructures faiblement ou moyennement durcies (abris, bâtiments et installations stratégiques politiques, industrielles, économiques et militaires…) avec une précision de classe métrique et avec une portée qui sera fonction du profil de vol retenu.
Ce missile aura une très bonne capacité de pénétration des défenses adverses. Après le franchissement des côtes, il pourra voler à très basse altitude, épousant la configuration du terrain, et disposera de formes optimisées et de matériaux furtifs qui réduiront sa surface équivalente radar.
Ses missions seront préparées à l'avance avec une cartographie précise du terrain et une route de consigne qu’il suivra grâce à un système de navigation (centrale inertielle, radioaltimètre, GPS) qualifié sur le Scalp-EG. La cible sera désignée en préparation de mission avec une logique de déroutement en zone d’impact autorisé pour éviter les dommages collatéraux, reprise du Scalp-EG. Dans un souci de réduction des coûts d’acquisition et d’utilisation, les munitions FREMM et Barracuda ont le même missile.
Charge militaire : charge unique optimisée pour détruire des infrastructures de haute valeur stratégique, faiblement ou moyennement durcies.
L’appareil propulsif du missile est un turboréacteur simple flux TR50.
Faible signature radar due à :
- l’utilisation de matériaux absorbants ;
- sa silhouette optimisée.
La navigation repose sur un système de navigation inertiel recalé en croisière par corrélation altimétrique, et GPS, la détection et l’identification de l’objectif étant assurées par un autodirecteur IR.
Portée : plus de 250 km
La maîtrise d’oeuvre industrielle du programme est assurée par MBDA-F.
MBDA-F fait appel à Thales Avionics pour la centrale inertielle et le récepteur GPS, Thales Communications pour le radioaltimètre, Microturbo pour le turboréacteur et Selex (UK) pour le senseur infrarouge.
Le programme ne fait pas l’objet de coopération à ce stade.
Sources : DGA