Le programme Musis (multinational space-based imaging system for surveillance, reconnaissance and observation), successeur des systèmes d’observation spatiaux optique Hélios II et radar SAR-Lupe et Cosmo-SkyMed, vise à offrir aux partenaires européens (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie et Pologne) une fédération des capacités de suivi de situation et de veille stratégique, une aide à la prévention et à l’anticipation des crises ainsi qu’à la planification et à la conduite des opérations
Il améliorera les performances par rapport aux systèmes actuels, selon deux axes d’effort : une meilleure résolution permettant l’identification de cibles plus petites et une réduction des délais de survol (revisite) des sites d’intérêt permettant une mise à jour plus fréquente de l’information déjà détenue et un accès à l’ensemble des composantes (optique et radar).
Le programme Musis est conduit selon une approche fédérée. Chaque composante spatiale, comprenant les satellites et leur segment sol associé, fait l’objet d’un programme national ou en coopération. Un programme fédérateur dont la conduite est confiée à l’OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) a pour objectif de rendre interopérables les différents segments sol afin de fournir aux utilisateurs un accès fédéré à l’ensemble des composantes spatiales.
L’AED (Agence européenne de défense) est étroitement associée au projet, notamment pour assurer le lien avec l’Union européenne dans le cadre de la PESD (Politique européenne de sécurité et de défense).
Le système complet devrait comprendre une composante d’observation optique visible et infrarouge très résolue assurée par la France nommée CSO, deux composantes d’observation radar assurées par l’Allemagne et par l’Italie respectivement nommées Sarah et CSG, une composante optique « champ large » assurée par l’Espagne nommée Ingenio.
En l’absence d’accord de coopération finalisé et afin d’éviter tout risque de rupture capacitaire opérationnelle à la fin de vie d’Hélios II, la France a décidé en 2010 de lancer la réalisation de la composante spatiale optique en national, sur la base de 2 satellites, tout en restant ouvert à l’accueil ultérieur de coopérants qui permettront de commander un 3e satellite.
Musis succédera à terme au système Hélios II, Pléiades (observation optique civilo-militaire) ainsi qu’aux capacités d’observation radar de nos partenaires européens (Cosmo-SkyMed italien, SAR-Lupe allemand).
Les performances attendues de la part de Musis permettront :
L’architecture industrielle pour la réalisation des satellites de la composante spatiale optique (CSO) est :
L’architecture industrielle des autres projets composant le programme Musis n’est pas encore connue.
L’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la France et la Grèce ont signé le 10 novembre 2008 une lettre d'intention (LoI) portant sur la réalisation en coopération du programme Musis. L'Italie s'est associée à cette lettre début 2009, confirmant sa volonté de participer au projet.
La Pologne a signé une lettre fin 2010 d’accord avec les termes de cette LoI.
Sources : DGA