Aujourd’hui, aux côtés des autres capteurs du système de forces CMI (commandement et maîtrise de l’information), à vocation plus régionale ou locale à un théâtre d’opérations, comme des drones ou des aéronefs de reconnaissance ou de surveillance, Hélios apporte sa couverture mondiale, sa capacité de survol permanente et conforme au droit international, et la répétitivité de ses prises de vue.
Garante de l’autonomie d’appréciation de situation, l’imagerie Hélios est dorénavant présente au niveau opératif et tactique sur les bases aériennes, sur certains bâtiments de la marine nationale, ou encore au cœur du dispositif terrestre des opérations extérieures. Chaque crise, qu’elle qu’en soit la nature, opération de combat, de rétablissement ou de maintien de la paix, évacuation de ressortissants ou libération d’otages, lutte contre le terrorisme ou la piraterie démontre davantage l’intérêt des moyens d’observation spatiale et ce, sur tous les continents.
Le système Hélios II assure la continuité de service fourni initialement par Hélios I, système de première génération réalisé en coopération entre la France, l’Italie et l’Espagne, dans le domaine du renseignement stratégique.
Le programme est mené en coopération avec la Belgique, l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Ces pays participent chacun à hauteur de 2,5 % au programme Hélios II.
Le système Hélios II préfigure avec les systèmes italien Cosmo-Skymed et allemand Sar Lupe les futures capacités européennes d’observation satellitaire : la défense française fournit des droits de programmation sur les satellites optiques Hélios ; l’Allemagne (resp. l’Italie) fournit des droits de programmation sur sa capacité radar Sar Lupe (resp. Cosmo-Skymed).
Chaque pays utilisateur dispose d’un droit de prise de vue au prorata de sa contribution financière ou en nature (lorsqu’il s’agit d’échange de droits de programmation avec les systèmes Cosmo-Skymed et Sar Lupe).
Ce programme de coopération constitue un exemple et une référence pour la construction de l’Europe spatiale de défense.
L’état-major des armées (EMA) gère avec ses homologues des pays coopérant la programmation quotidienne des prises de vues en tenant compte du contexte géopolitique. Cela permet de disposer rapidement d’information pour apprécier la situation au sol dans les régions concernées. A cet effet, chaque pays coopérant dispose de ses propres installations pour exploiter les données fournies par le système.
La direction générale de l’armement (DGA) reste responsable, vis-à-vis des états-majors des pays coopérants, de la conservation des fonctions et des performances du système.
Le système Hélios II est constitué d’une composante spatiale formée de 2 satellites et des installations au sol (composante sol utilisateur et centre de maintien à poste).
Il est opérationnel 24 heures sur 24, 365 jours par an.
Il comporte, par rapport à Hélios I, des évolutions décisives sur les satellites et sur le service rendu aux opérationnels :
- l’amélioration de la résolution
- une agilité améliorée de pointage du télescope en orbite, qui permet d’enchaîner plus rapidement les prises de vue
- la détection d’indices d’activité de jour comme de nuit par l’adjonction de capacités infrarouges.
Les principales missions d’observation du système Hélios II portent sur :
- la vérification du respect des traités de désarmement;
- l’identification de signes précurseurs de crise.
Ces missions pleinement atteintes grâce à Helios II permettent :
- une contribution plus réactive dans l’analyse de la conduite des opérations militaires,
- de donner à l’action des autorités politiques et militaires une efficacité de prévention accrue.
Satellites Hélios II
Les satellites Hélios II sont développés en synergie avec le programme civil Spot 5 (de nombreux éléments sont communs tels que la plate-forme et l’instrument moyenne résolution).
Orbite : comme pour les satellites Hélios I, les orbites sont :
- héliosynchrone : le mouvement de la Terre autour du Soleil est compensé par une rotation du plan de l’orbite du satellite. Le satellite passe ainsi à la même heure locale à une latitude donnée. Deux images d’un même site sont donc systématiquement acquises avec des conditions d’éclairage comparables.
- basse : l’altitude de 700 km environ est un bon compromis entre le besoin d’être bas pour une meilleure résolution et le besoin d’être à une altitude élevée, pour bénéficier d’un champ de prise de vue suffisamment large, et éviter le frottement dans les couches hautes de l’atmosphère qui vieillit prématurément le satellite et induit une détérioration rapide de l’orbite nécessitant des manœuvres de maintien à poste plus fréquentes.
- quasi-polaire : l’inclinaison faible de l’orbite par rapport à l’axe des pôles permet de réaliser des prises de vue de n’importe quel point du globe, du seul fait de la rotation de la Terre, le satellite survolant en quelque sorte un " quartier d’orange " à chaque demi-orbite.
Masse : 4500 kg environ
Durée de vie : supérieure à 5 ans
Instruments :
- un instrument haute résolution visible et infra-rouge permettant la détection d’indices d’activité de jour comme de nuit,
- un instrument moyenne résolution visible à large champ.
Télémétrie image : bande X cryptée
Télémétrie/contrôle : bande S cryptée
Centre de mise et de maintien a poste (CMP)
Le centre de mise et de maintien à poste (CMP) est chargé :
- du contrôle des satellites pendant l’injection et la mise à poste des satellites ainsi que le contrôle de toutes les opérations de maintien à poste
- de la programmation des satellites lors du survol des stations de commande-contrôle du réseau 2 GHz à partir du plan de prises de vue demandé par la composante sol utilisateur
- du contrôle de l’état du satellite par utilisation de la télémesure technique qui transmet au sol l’ensemble des paramètres des satellites (tensions, état des équipements, températures...).
Composante sol utilisateur
La composante sol utilisateurs (CSU) regroupe les fonctions :
- de dépôt des demandes de prises de vue,
- de préparation des plans de travail des satellites à partir des priorités fixées par chacun des pays dans les centres principaux Hélios (CPH),
- de réception de la télémesure image dans chacun des pays,
- de traitement national de ces images et de leur exploitation grâce à des moyens de photo-interprétation et de production du renseignement.
La CSU tire pleinement parti de l’expérience accumulée avec Hélios I, permettant de rapprocher encore plus le système des utilisateurs finaux. Elle est en effet optimisée en terme :
- de réduction des délais entre une demande de prise de vue et sa mise à disposition auprès de l’utilisateur final,
- d’organisation autour d’un système distribué, au plus près de l’utilisateur.
Les différents centres de la CSU permettent à chacun des pays Hélios de disposer sur son propre sol des moyens nécessaires à l’utilisation des satellites. Des mesures spécifiques sont par ailleurs mises en place pour garantir à chacun la confidentialité de ses demandes de prise de vue, de ses images et des résultats de leur exploitation.
Maîtrise d’ouvrage globale : DGA
Architecte d’ensemble : CNES
Maître d’ouvrage délégué de la composante spatiale : CNES
Concernant le satellite, la réalisation de l’Instrument haute résolution a été confiée à Thales Alenia Space, l'instrument moyenne résolution est confiée à EADS Astrium qui possède aussi la maîtrise d’œuvre globale.
Concernant le segment sol, la maîtrise d’œuvre du centre de mise et maintien à poste est confiée au CNES et la maîtrise d’œuvre de la Composante Sol Utilisateurs à EADS Astrium.
Les principaux équipements complémentaires du système Hélios II sont :
- les systèmes sol des autres systèmes satellitaires européens d’observation (Sar Lupe, Cosmo-Skymed). La fédération de ces différents systèmes, afin de faciliter l’utilisation et la diffusion de l’information, est à la charge du programme SSO (segment sol d’observation),
- différents systèmes d’information opérationnels.
Les pays utilisateurs du système Hélios II sont les pays coopérant au programme, soit la France, la Belgique, l’Espagne, l’Italie et la Grèce auxquels il faut ajouter l’Allemagne (accès par échange de capacité). Un accord de fourniture d’images à l’Union Européenne a été signé en fin d’année 2008.
Chaque pays coopérant dispose d’un droit de prise de vue au prorata de sa contribution financière respective ou en nature (lorsqu’il s’agit d’échange de droits de programmation avec des systèmes analogues).
Sources : DGA