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Qu'est-ce-que l'Europe de la défense ?

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Mise à jour : 12/03/2012 16:28

Au lendemain de l'éclatement du conflit en ex-Yougoslavie, les États membres de l'Union européenne ont pris conscience de la nécessité d'entreprendre un rapprochement en matière de réponse aux crises internationales, en élargissant le cadre  de son intégration politique. C'est à ce titre qu'est née, suite aux conclusions du Traité de Maastricht de 1992, la politique étrangère et de sécurité commune [PESC] qui vise à faire de l'UE un acteur de sécurité à part entière.

En dépit de plusieurs tentatives avortées, depuis les prémisses de la construction européenne,  d'un rapprochement autour des questions de défense, ce n'est qu'en 1998, avec le sommet franco-britannique de Saint-Malo, que cette ambition s'affirme, en créant les bases d'une politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Dès lors, les États membres, au fil de plusieurs sommets européens, ont établi les conditions d'une mise en œuvre effective de cette politique. Ils se sont ainsi notamment dotés, en 2003, d'une Stratégie européenne de sécurité définissant une approche commune des menaces et des moyens devant être mobilisés pour y répondre.

 Dès lors, le lancement, la même année, des premières opérations européennes de gestion de crise en République Démocratique du Congo (opération Artémis) et en Ancienne République Yougoslave de Macédoine (opération Concordia) a concrétisé cette volonté commune et donné un visage à l'UE sur les théâtres de crises.

 Depuis, l'Union européenne a lancé 24 missions, dont 17 opérations civiles et 7 opérations militaires, sur 3 continents, déployant environ 20 000 personnes. 

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Carte des opérations

La visibilité de la PESD s'est donc, en premier lieu construite sur le terrain. L'UE a, de ce fait, progressivement élargi ses domaines d'intervention pour s'adapter aux différents contextes opérationnels dans lesquels elle s'est déployée.

Après des engagements exclusivement terrestres, la première opération navale de l'Union européenne, EUNAVFOR Atalante, a été lancée en novembre 2008. Elle a pour objectif d'apporter une solution pérenne au phénomène de la piraterie maritime au large de la Corne de l'Afrique, en protégeant les navires circulant dans le Golfe d'Aden, notamment ceux du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies.

La présence accrue de l'UE sur les théâtres de crise a naturellement initié un rapprochement entre les Etats membres, qui ont progressivement identifié un besoin de coopérer sur d'autres domaines, notamment en matière de capacités de défense, qu'il s'agit de partager et de mutualiser dans un contexte de restriction budgétaire. D'autres efforts sont également menés afin de promouvoir un rapprochement entre les forces armées européennes, notamment en matière de formation.

Ce renforcement progressif de la politique de défense de l'UE commune est encouragé par le Traité de Lisbonne qui donne davantage de moyens et de cohérence à la PESD, qui devient alors Politique de Sécurité et de Défense Commune [PSDC].

Entré en vigueur le 1er décembre 2009, le Traité élargit les domaines d'action de l'UE en matière de défense et la dote d'outils supplémentaires pour déployer ses missions et opérations de manière plus efficace, notamment en favorisant davantage de flexibilité et de coordination au sein des institutions européennes via la création du poste de Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Actuellement détenu par la Britannique Catherine Ashton, il vise à consolider le rapprochement entre les États membres d'une Union européenne désormais élargie à 27, tout en garantissant la cohérence de la PSDC avec les autres volets de l'action extérieure (aide humanitaire, aide au développement, politique commerciale).

Le Traité de Lisbonne prévoit également le recours à des coopérations entre un nombre restreint d’États membres en matière de défense via le mécanisme des coopérations renforcées (permettant à un petit groupe d’États d'approfondir leur coopération sur un projet donné) et le mécanisme de coopérations structurées permanentes (regroupant les États membres qui remplissent de critères plus élevés de capacités militaires et qui se sont engagés de manière contraignante dans les missions les plus exigeantes).

Enfin, le rôle de la PSDC est renforcé par l'introduction d'une clause de solidarité, qui assigne le devoir à chaque État membre de porter assistance, par tous les moyens (y compris militaires), à un État membre touché par une attaque terroriste ou une catastrophe naturelle ou d'origine humaine, ainsi qu'une clause d'assistance mutuelle, précisant qu'une agression armée contre un État membre représente une attaque contre tous.

Matérialisée depuis 2003, la PSDC a donc accompli des progrès rapides et substantiels qui ont permis à l'UE de devenir un acteur essentiel en matière de réponse civile et militaire aux crises. C'est la raison pour laquelle la France s'attache à promouvoir un rôle accru de l'UE dans ce domaine et appuie le développement de cette politique, qui, en pleine cohérence avec les autres instruments européens d'action extérieure, dispose d'une réelle valeur ajoutée.

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