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Du rôle de la défense dans la relance (par C. de Boissieu et P. Esper) - le Figaro 06 décembre 2008

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Mise à jour : 28/06/2010 04:29

"Du rôle de la défense dans la relance" par Christian de Boissieu et Philippe Esper (le Figaro 06/12/08)

Respectivement président du Conseil économique de la défense et président délégué du Conseil d'analyse économique, les auteurs réagissent aux annonces du chef de l'État sur la défense.

Contribuant fortement à l'économie nationale, les industries d'aéronautique, d'électronique, et de défense et de sécurité méritent considération au titre du plan de soutien voulu par le président de la République. Elles figurent au tout premier rang des industries de technologie qui ne délocalisent pas, sauf nécessité liée à l'exportation. Elles engagent un avenir où la France et l'Europe peuvent se développer, si elles savent faire face à la compétition internationale où l'hyperpuissance américaine continue de privilégier la préférence nationale et où nombre de « puissances relatives » (dont Russie, Inde et Chine) font des efforts exceptionnels et efficaces de recherche et d'investissement industriel.

Ainsi, avec des critères d'appréciation particuliers au secteur, aéronautique, défense et sécurité peuvent et doivent faire partie du plan de soutien. Outre que les mesures proposées sont susceptibles d'avoir un effet rapide et durable, le secteur a une mission de sécurité.

À cette fin, le Conseil économique de la défense (que nous animons) préconise quatre types de mesures. Pour respecter les orientations du livre blanc et les dispositions de la loi de programmation militaire, une décision politique devrait garantir à la défense, pour 2009, 1,6 milliard d'euros de ressources exceptionnelles.

Certaines améliorations du fonctionnement du moteur aéronautique et défense lui permettraient de tourner plus rondement et plus sûrement et d'accroître sa capacité d'exportation. Par exemple, des procédures de passation de contrat simplifiées peuvent ramener, en cas de besoins urgents pour la sécurité, le délai de mise à disposition des équipements à moins de six mois, ce que pratiquent les administrations anglo-saxonnes. La procédure d'avances remboursables, en particulier pour l'Airbus 350, devrait être également mise en place vite et sans complexe, alors que le système politico-administratif américain a ajourné, voire annulé, une compétition de près de 200 avions ravitailleurs européens, bel et bien gagnée par Airbus.

Le mouvement amorcé de partenariats public-privé devrait être poursuivi pour présenter une alternative aux financements budgétaires et développer des sociétés de services sur les marchés français et européens (exemple probant des télécommunications spatiales). Des procédures incitatives d'appui à l'exportation d'aéronautique et de défense sont également envisageables.

Une troisième catégorie de mesures permettrait de veiller au bon déroulement dans le temps de certains programmes d'équipement essentiels à notre sécurité (exemple des avions de ravitaillement et de transport ou de systèmes navals et aériens de patrouille maritime) et d'engager des programmes franco-européens urgents (exemple du lancement d'une gamme complète de drones). La défense et la sécurité justifient aussi un effort budgétaire pour accélérer la réalisation d'infrastructures, de protection, de systèmes de communication et d'information, avec un effet immédiat sur l'activité et l'emploi.

Enfin, l'investissement de R & D dans le secteur représente un enjeu stratégique. Certains établissements publics de recherche et certains programmes, comme la modernisation des lanceurs spatiaux ou la motorisation de la future génération des avions moyen-courriers, devraient être reconnus comme tels. Pour éviter un affaiblissement du tissu des PME, un représentant du secteur devrait figurer au comité d'investissement du fonds stratégique d'investissement.

La grave crise financière affecte d'une façon injuste l'industrie. Quoi qu'en pensent les orthodoxes du budget, le plan de soutien ne doit pas obéir aux seuls critères de la rapidité et de la réversibilité. Soucieux de limiter les délocalisations, créateur net d'emplois, grand exportateur et foyer vivant de technologie, le secteur de l'aéronautique, de l'électronique et de la défense mérite une attention et un traitement dynamiques au sein du plan de soutien que vont engager nos plus hautes autorités.

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