Le Conseil a reçu Claude-France Arnould et Nick Witney dans le cadre de ses travaux
Rencontre autour de Nick Witney, le 2 décembre 2011
Début novembre 2011, Nick Witney publiait un rapport intitulé "Comment enrayer la démilitarisation de l'Europe ?". Le 2 décembre 2011, Nick Witney venait présenter ce rapport et débattre de la politique européenne de défense et de sécurité devant une quinzaine des membres du groupe "Eurodéfense et crise : délitement ou relance d'une Europe de la défense ; approche "cosmétique" ou convaincante de la mutualisation."
Selon Nick Witney, derrière la crise économique, se cache une crise de la politique européenne de sécurité et de défense, un projet phare des Etats-membres qui menace de s'écrouler. Renoncer à la puissance militaire pour lutter contre des défis sécuritaires est dangereux mais ce qui inquiète l'ancien Directeur de l'AED est que l'Europe abandonne un tel instrument de puissance, indispensable dans un monde multipolaire en concurrence.
Pour parvenir à créer un nouveau consensus sur la défense, il faut reformuler la raison d'être de l'Union européenne en réunissant une commission d'experts indépendants. Ces sages consulteraient les différents Ministères de la Défense pour obtenir un mandat et formuler un nouveau concept stratégique en Europe.
A l'image des efforts consentis dans le domaine de l'économie, les pays européens doivent réduire les dépenses de défense inutiles, fruit d'une approche cloisonnée inefficace et qui engendre des déficits capacitaires et des surplus (avions de combat, par exemple). Parmi les recommandations formulées par l’auteur du rapport on peut citer la création d’une structure continentale pour le développement et la gestion des forces et des équipements européens.
Nick Witney a débuté sa carrière en tant que diplomate pour le Foreign and Commonwealth Office (FCO) et plus tard, pour le ministère de la Défense britannique (MOD). Il a par ailleurs été le chef de cabinet de l’Ambassadeur britannique à Washington. Il a par la suite été chargé par Javier Solana en janvier 2004, de diriger l’équipe ayant pour mission de concevoir le projet de l’Agence Européenne de Défense, avant d'en prendre la direction à Bruxelles entre 2004 à 2007. Puis il a rejoint en 2008 l’European Council on Foreign Relations, centre de recherche et d’influence, dont l'objectif est de promouvoir une politique étrangère européenne plus intégrée.
Intervention de Claude-France Arnould, directeur exécutif de l'Agence européenne de défense le 16 décembre 2011
Le 16 décembre 2011, Claude-France Arnould est intervenue devant les membres du groupe 1 "Eurodéfense et crise : délitement ou relance d'une Europe de la défense ; approche "cosmétique" ou convaincante de la mutualisation" pour expliquer comment était gérée la contrition des budgets, la coopération entre les Etats membres et le soutien de l'AED dans leurs projets sur le thème : « L'agence européenne de défense et sa contribution au développement d'une Europe de la défense ».
La contrition des budgets en Europe depuis le début de la crise financière renforce le besoin de coopération entre Etats-membres et, de fait, le rôle que peut jouer l'AED dans le soutien aux Etats initiateurs de projets en coopération.
Ce n’est pas un hasard si depuis mai 2011, les ministres de la défense des pays membres ont souhaité que l’Agence accentue son travail sur la mutualisation des capacités. Le 30 novembre 2011, onze propositions concrètes de coopération ont été formulées dont la plupart autour des fonctions de soutien, plus que du cœur des opérations, afin de faciliter l’engagement des Etats.
En effet, le soutien logistique est une première étape de coopération et de partage que les Etats sont susceptibles d’accepter : il représente aussi une source potentielle d’économies considérables. L’AED dispose déjà d’un savoir-faire dans ce domaine - des succès existent déjà dans le domaine du soutien logistique comme avec l’entrainement des équipages d’hélicoptères, le laboratoire Forensic déployé en Afghanistan ou encore la surveillance maritime. L’Agence souhaite également avancer la réflexion dans des domaines capacitaires particulièrement structurants : à titre d’exemple, un des projets proposés concerne les satellites de communication militaire, domaine dans lequel pourrait être réalisées des économies substantielles (sur les huit milliards que coûterait le renouvellement des satellites de communication) en choisissant de mutualiser les efforts.
Claude-France Arnould est ministre plénipotentiaire depuis juin 2001. Avant sa nomination comme Directeur exécutif de l'Agence européenne de défense en janvier, elle assurait depuis novembre 2009 la fonction de Directrice générale adjointe à la direction « Gestion des crises et planification » au Secrétariat général du Conseil de l’Union européenne. Auparavant, elle était notamment Directrice des Affaires Internationales et Stratégiques au Secrétariat général de la Défense Nationale (1998 – 2001) et Directrice pour les questions de défense au Secrétariat général du Conseil de l'Union européenne (2001 – 2009).