masthead_001
Conseil économique de la défense
Accueil | CED | Boite a la une | Petit-déjeuner débat avec Pierre Vimont le 16 mai

Petit-déjeuner débat avec Pierre Vimont le 16 mai

Mise à jour : 18/06/2012 17:17

Le 16 mai, Pierre Vimont est venu débattre devant les membres du Conseil sur le thème : «  L’Eurodéfense des pays « qui le veulent et qui le peuvent » : le regard professionnel du Secrétaire général du Seae et le regard du diplomate Pierre Vimont ».

Pierre Vimont est venu à Paris débattre avec une quarantaine de membres du Conseil économique de la défense et de personnalités du secteur privé et public pour apporter « de l’espoir et de l’optimisme ». Il a rappelé que l’Europe, et plus particulièrement l’Europe de la défense, est à la croisée des chemins, et que toute la mesure du Traité de Lisbonne n’avait pas encore été prise.

En dressant un état des lieux du Seae, Pierre Vimont a rappelé l’originalité de cet organisme par rapport aux autres institutions européennes. Le Seae est le premier corps européen à combiner une approche intergouvernementale et communautaire. Cela explique en partie les difficultés que le Service a pu rencontrer à ses débuts, mais aussi la nouvelle méthode de travail qui a été retenue. Fonctionnaires européens et diplomates des Etats-membres, peu habitués à travailler ensemble par le passé, sont désormais appelés à proposer des solutions communes aux crises et aux défis auxquels le Service est confronté. Après un an et demi d’existence, le Seae est en bonne voie pour devenir « la maison des Etats-membres », travailler en étroite coordination et sans duplication avec la Commission, et reprendre en partie l’action des présidences tournantes dans le domaine des Affaires étrangères. Possédant toute la palette des moyens d’action (prévention, gestion des crises, post-crise), le rôle du Seae est de une vision stratégique pour l’Europe ainsi qu’un pilotage pour la gestion de crise à partir de l’expertise de la Commission (pour des domaines tels que le terrorisme, le changement climatique ou encore l’immigration illégale) ou des Etats-membres.

Dans le domaine de la sécurité et de la défense, bien qu’aucune opération n’ait été lancée depuis la mise en place du Seae, certaines sont actuellement à l’étude, allant contre l’idée selon laquelle il n’y a plus de volonté de la part des  Etats-membres. Le défi actuel n’est pas tant de convaincre les Européens que de mettre en place des partenariats autour des pays tiers comme la Russie, l’Inde ou la Chine. Si ces partenariats de travail fonctionnent, l’Europe aura une vraie valeur ajoutée dans le domaine de la gestion de crise et de la reconstruction, et les Etats-membres pourront alors développer des relations plus étroites avec ces puissances.

Dans le domaine de l’armement, l’Europe est aussi à la croisée des chemins. Pour la première fois, grâce au travail du Seae et de l’Aed, les Européens ont pu présenter au Sommet de Chicago une liste de projets de spécialisation et de mutualisation. Les initiatives « smart defence » du côté de l’Otan et malheureusement appelées « pooling and sharing » du côté de l’Europe semblent retenir un certain agrément des Etats-membres et mobiliser leur bonne volonté. L’étape suivante de mise en application de ces projets sera plus délicate et conditionnera l’avenir.

Quant à une action extérieure européenne, celle-ci, existe depuis 40 ans au travers des habitudes que les Européens ont développé à travailler ensemble et des doctrines qu’ils ont produites, comme la Stratégie de sécurité de l’Ue (2003) et sa mise à jour (2008) dont les défis et menaces identifiés restent toujours d’actualité. Les ministres des affaires étrangères des 27 sont habitués à travailler ensemble et parviennent à des compromis et des actions sur des dossiers aussi sensibles que l’Iran ou le conflit Israélo-palestinien. Aujourd’hui, les actions décidées par l’Europe sont appelées à être de moins en moins teintées de « soft-power », car si le code génétique de l’Ue ne prône pas l’utilisation du « hard power », le monde global l’impose.

Au cours du débat avec la salle, Pierre Vimont a pu répondre aux questions des membres du Conseil concernant l’utilité d’une révision de la Stratégie de sécurité de l’Union européenne, le tandem franco-allemand face au tandem franco-britannique, la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Otan, la coordination entre Sac-T et l’Aed, la place des Etats-Unis en Europe, celle de l’Europe en Asie ou encore l’Afghanistan.

Haut
Copyright Ministère de la Défense 2013 | Mentions legales