Égalité de traitement entre les hommes et les femmes au ministère de la Défense
Longtemps réservées aux hommes, ne leur laissant que des rôles de soutien, principalement logistique et médical, toutes les spécialités du métier des armes se sont progressivement ouvertes aux femmes à mesure que l’évolution des progrès technologiques reléguait la force physique au second plan. La tendance s’est accélérée avec la professionnalisation. Aujourd’hui, les statuts consacrent l’égalité entre les sexes. Seuls les sous-marins restent encore inaccessibles aux femmes en raison des conditions d’emploi, en attendant la future classe « Suffren ».
La parité se traduit par l’absence de quotas en recrutement, des cursus de carrière identiques, seules les compétences et les aptitudes étant prises en compte pour les sélections, concours, affectations, promotions. Désormais, les femmes commandent des régiments, des bâtiments de combat, des bases aériennes ou des grands établissements du service de santé ou de la DGA, sont pilote de char ou d’aéronef, ou encore officier de quart sur les bâtiments de combat.
Une seule situation implique encore une gestion spécifique : la femme enceinte. Les congés de maternité sont fixés selon les règles du droit français du travail (déclaration de grossesse avant la fin du quatrième mois). Pendant cette période, compte tenu des risques (opérations, activités à la mer ou aéronautiques...) et des normes d’aptitude médicale, les intéressées bénéficient d’un régime particulier à terre jusqu’au début de leur congé de maternité. Au bilan, malgré les spécificités et les contraintes du statut militaire en termes de disponibilité et de mobilité (embarquement pendant plusieurs mois consécutifs par exemple), dont les conséquences sur la vie de famille rebutent de nombreuses femmes et diminuent leur volontariat, le taux de féminisation est désormais voisin de 15 % pour l’ensemble des armées, avec environ 11 % pour l’armée de Terre, 13 % pour la Marine, 21% pour l’armée de l’Air et 50 % pour le Service de santé. Le taux de recrutement en 2009 est voisin de 20 %. À titre de comparaison, le taux de féminisation est de 12 % en Espagne et en République tchèque, 9 % au Royaume Uni, 8 % en Allemagne et 3 % en Italie.
Environ un millier de femmes sont aujourd’hui officiers supérieurs et 10 sont officiers généraux. Malgré une attrition dans le cursus opérationnel qui augmente à mesure de l’agrandissement de la famille, la représentation des femmes dans les catégories hiérarchiques supérieures suit une évolution progressive naturelle, sans déroger à l’obligation des sujétions militaires, notamment le principe de disponibilité. Le recrutement externe d’officiers comprenait cette année 31 % de femmes.
Le Service de santé des armées : exemple de parité femme/homme
Le Service de santé des armées est l’entité la plus féminisée du ministère de la Défense, reflet de la féminisation croissante des professions médicales et paramédicales. En 2008, le taux de féminisation global était de 50 %, celui des praticiens (médecins, pharmaciens, vétérinaires et dentistes) de 22 % et celui des militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées de 73 %. L’ouverture aux femmes du concours des Écoles du service de santé des armées en 1973 a constitué une première étape. Depuis la suppression des limitations à l’accès des femmes aux carrières militaires en 1998, la féminisation du corps des praticiens s’amplifie. Ainsi 56 % des élèves admis dans les Écoles du service de santé des armées sont des femmes. Une étude sur la féminisation des médecins des armées, réalisée en 2006, montre qu’en 2011 l’effectif féminin des médecins atteindra 25 % et qu’à partir de 2016, la tranche d’âge des moins de 40 ans sera composée de 50 % de femmes. Le comportement des femmes médecins est comparable à celui des hommes : même taux de réussite à l’école, même taux de spécialisation et, à l’issue des épreuves classantes nationales, les femmes militaires choisissent également des spécialités réputées masculines comme la chirurgie ou la médecine d’urgence. Quels que soient leur corps, leur grade, leurs fonctions ou spécialités, le personnel féminin du Service de santé des armées est présent sur tous les théâtres d’opération, dans les postes médicaux de l’avant, les hôpitaux médico-chirurgicaux comme au sein des états-majors.