Madame Katherine Khodorovsky, directrice de la communication du CIDJ, représentant le CIDJ présente le lauréat du prix armées-.jeunesse
« Monsieur le Ministre,
Monsieur le général d'armée aérienne P. de Rousiers, président de la Commission armées-jeunesse,
Monsieur le général M. Lagrange, secrétaire général de la Commission armées-jeunesse,
Mesdames, Messieurs, membres du jury,
Mesdames, Messieurs,
« L' Armada de l'espoir », initiée par le Centre d'instruction Naval de Brest, vise à «utiliser la mer comme outil pédagogique afin de construire des hommes et des femmes responsables et solidaires ».
140 jeunes de 14 à 25 ans, d'horizons différents, en apprentissage ou en difficulté, ont vécu une aventure maritime à l' image de Bernard Giraudeau.
Ce marin de cœur et de raison qui ne supportait pas l’école, a embarqué sur la Jeanne d' Arc à l'âge de 15 ans, avec pour seul bagage un brevet de «turbine-diesel-chaudière » en poche.
Le 1er jour, ils sont tous malades. Quel symbole ! Ils rejettent tout ce qui leur fait mal, au plus profond de leurs entrailles. N'a-t-on pas coutume de dire qu'on vomit ses tripes? Pour eux, c'est la terre trop ferme sans horizon, les mauvaises ondes du téléphone portable ou l’addiction aux écrans. Remontent aussi les aigreurs de leurs relations avec les parents, les enseignants, leur famille quand ils en ont une. Certains ont même peur de mourir ! Dommage qu'on ne puisse pas avoir le mal de mer ... sur terre! Mais la mer se réserve le droit d'un bizutage amer, quand on ose la braver.
Le 2ème jour, ils sont vides, comme lavés de l'intérieur. Ils vont en fait beaucoup mieux, mais ils ne le savent pas encore. Ils vont maintenant se reconstruire.
La mer va leur faire comprendre qu'un bateau rejette les imposteurs, ceux qui bluffent et font semblant. Parce que naviguer, c'est obéir. Nos jeunes prennent alors conscience que le point commun entre la mer et les larmes, c'est le sel… de la vie ensemble.
Le 3ème jour, ils vivent pleinement cette maxime de Voltaire, qu'ils n'ont probablement jamais lu : « Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire, elles le submergent quelquefois, mais sans elles, il ne pourrait voguer ». Le pont d'un bateau est l'endroit où l'on peut respirer le plus librement. L'air n'y est-il pas plus vif que dans les réseaux dits... sociaux?
Le 4ème jour, ils ont compris que la société qui les rappelle sur la terre ferme est comme un navire. Chacun contribue à la direction du gouvernail.
Si le bateau est un symbole de liberté, il conduit surtout quelque part. Mais où ? Pour certains, vers la confirmation de leur vocation maritime; pour d'autres, vers eux-mêmes. Mais n'est-ce pas le plus périlleux des voyages?
Ils étaient 140 pirates ou corsaires à lever l'ancre, pour lancer une bouteille à la mer. De quelle encre avaient-ils écrit leur mal être ?
Ils sont revenus en ayant compris qu'une aventure est une œuvre commune qu'on construit ensemble ».