La composante « patrouille maritime » de l’aéronautique navale basée à terre est constituée d’aéronefs de type « Atlantique » (ATL2) qui ont été mis en service au début des années 1990. Elle participe à l’ensemble des cinq fonctions stratégiques.
Conçu pour garantir l’autonomie et la sûreté de la FOST ou protéger une force navale à la mer (GAN, Groupe amphibie, GAM) contre des menaces sous-marines et de surface, l’ATL2 contribue à la maîtrise du milieu sous-marin et à la connaissance des espaces maritimes, de la zone littorale jusqu’au grand large. Sa capacité de projection et son long rayon d’action lui permettent d’opérer seul ou en soutien en tous points de l’arc de crise défini par le Livre blanc.
Cet avion se caractérise également par sa grande interopérabilité avec les forces, les alliés ainsi que les autres administrations et par sa grande polyvalence d’emploi qui en font un outil militaire mais également un acteur de l’action de l’État en mer. En effet, grâce à ses capacités de recueil du renseignement d’origine image et électromagnétique et de lutte contre des menaces sous-marine et de surface, l’ATL2 contribue aux missions de secours maritime, à la lutte contre les trafics illicites et contre la piraterie. Dans ce domaine, sa capacité à exploiter la profondeur des espaces internationaux lui permet de traiter ces menaces en amont, au plus près de leur source ou lors de leur transit.
Vecteur de supériorité aéromaritime, il peut également transposer son savoir-faire et ses capacités sur terre où il opère régulièrement en soutien des forces terrestres et des forces spéciales.
Depuis sa mise en service opérationnelle en 1991, l’ATL2 a été engagé sur la totalité du spectre de ses missions, plus de la moitié des heures de vols étant consacrée à des opérations réelles. Celles-ci ont été principalement effectuées dans le cadre de la maîtrise du milieu aéromaritime avec :
- des opérations de sûreté au profit de la Force Océanique Stratégique (FOST) pour la protection de nos SNLE dans les phases de début et de fin de patrouille et pour leur soutien éventuel en patrouille ;
- des opérations de sûreté au profit des forces navales aussi bien contre la menace sous-marine que des bâtiments de surface (menaces conventionnelles ou asymétriques) ; dans ce type d’opérations, l’ATL2 agit seul ou en coopération avec les autres moyens aéronavals (désignation d’objectif transhorizon, guidage de dispositif d’avions d’assaut à la mer, contrôle et guidage de dispositif d’hélicoptères anti sous-marins, etc.) ;
- des opérations de sauvegarde maritime et de sûreté des approches maritimes nationales (surveillance et contrôle du trafic maritime, détection, pistage et prise de vive force de navires suspectés de trafic, de terrorisme ou de piraterie, sûreté du centre spatial guyanais).
Comme son prédécesseur « l’Atlantic », il est régulièrement sollicité par l’EMA dans un emploi aéroterrestre et de recherche de renseignement :
- recueil de renseignement (essentiellement ROEM et ROIM) en complément d’autres moyens plus spécialisés au profit de la DRM et du commandant de théâtre ;
- soutien aérien au profit des forces terrestres déployées (PC volant, recueil de renseignement tactique, guidage de tir d’artillerie sol-sol, AFAC, bombes guidées laser) ;
- missions au profit des forces spéciales.
La majorité de ces missions est menée dans un cadre interarmées ou interministériel, et multinational.
En cohérence avec les conclusions du Livre blanc et avec les travaux d’élaboration de la loi de programmation militaire 2009-2014, le format de cette composante sera maintenu à 22 avions.
Sources : DICoD