La Société d’exploitation des matériels Martin Baker, branche française de l’entreprise anglaise Martin Baker, est chargée de fabriquer, produire et mettre en place tous les sièges éjectables des avions de chasse français. Parmi les différents modèles produits par l'entreprise, celui qui équipe les Rafales.
« Autrefois, on fabriquait des sièges éjectables pour sortir le pilote de l’avion, avant de se préoccuper des conditions de sûreté, ce qui était déjà une avancée majeure. Aujourd’hui, les techniques sont de plus en plus poussées, et nous voulons que le pilote puisse s’éjecter et rester entier ! » explique Gérard Depré, responsable support technique et projets de la Société d’exploitation des matériels Martin Baker (SEMMB). Cette branche de l’entreprise anglaise Martin Baker est basée en France. Elle est chargée de fabriquer, produire et mettre en place tous les sièges éjectables à destination des avions de chasse français. L’une des particularités du MK16, le siège éjectable des Rafales, est qu’il est équipé d’une boucle de harnais ventrale fixée au siège, à la différence par exemple des sièges américains où elles sont intégrées dans l’équipement du pilote.
« D’autre part, jusqu’en 2009, les sièges étaient “à canon“, avec un seul propulseur au niveau de la colonne vertébrale, alors qu’aujourd’hui ce siège éjectable est projeté grâce à un système fusée (deux propulseurs derrière les épaules). Cela permet des éjections et des sauvetages optimums, et on approche grâce à cette technique de l’objectif “double zéro“. » En d’autres termes, le pilote pourra s’éjecter au sol (zéro altitude), et à l’arrêt (zéro vitesse). L’entreprise Martin Baker travaille en étroite collaboration avec des médecins et le Bureau des enquêtes et accidents de la Défense pour approfondir au mieux les conséquences de l’éjection pour l’homme. « Par exemple, nous devons définir précisément quels sont les pics d’accélération maximum que peut tolérer le corps humain sans risque de dommages physiques », développe Gérard Depré. Les études sont poussées jusqu’au moindre détail : actuellement, SEMMB travaille à modifier le coussin du bassin d’assise. « Celui-ci avait été prévu avec une mousse à mémoire de forme, mais les retours d’expériences nous ont appris que ce n’était pas confortable, particulièrement sur les longues distances. Nous sommes donc en cours d’études pour remédier au problème ». Prévenance, sécurité et confort maximum : tout est prévu !