À l'heure où les opérations militaires se complexifient et se diversifient, où le format des forces armées et des coûts inhérents à l'entraînement se réduit, l'armée de l'air adapte ses méthodes de travail. Son recours croissant à des outils de simulation sophistiqués vise à anticiper l'avenir et surtout, à maximiser la capacité opérationnelle de ses aviateurs.
La simulation se définit comme une méthode technique permettant de représenter artificiellement un fonctionnement réel. À l'aide d'un système informatique ou d'une modélisation, elle reproduit les caractéristiques et l'évolution d'un processus. Elle est utilisée pour étudier les résultats d'une action sur un élément sans avoir à réaliser l'expérience sur l'élément réel. La simulation pallie ainsi les multiples contraintes que sont le coût, la sécurité et l'économie de l'équipement.
Grâce à des ressources industrielles informatiques mettant en scène des scénarios de type « jeux de guerre », les simulateurs proposent des conditions de travail réalistes, sur mesure et économiques. Ses limites sont liées à la nature humaine et au besoin d'expertise technologique lourd. Quels que soient ses atouts, la simulation ne remplace en effet pas l'expérience sur le terrain.
Les pilotes, qui utilisent des simulateurs de vol, ne sont pas les seuls à bénéficier d'un entraînement virtuel. Les commandos parachutistes ou les pompiers de l'air, les contrôleurs aériens ou encore, les opérateurs sur avion radar ou de tir de missile sol-air, via les décideurs des opérations aériennes, utilisent, eux aussi, des systèmes de simulation, plus particulièrement, les simulateurs d'entraînement.
Simulateurs de vol
Le simulateur de vol est une étape incontournable pour les pilotes, expérimentés ou non, car ils doivent s'entraîner un certain nombre d'heures afin de conserver leur qualification ou pour en acquérir une nouvelle.
L'armée de l'air dispose d'une quarantaine de simulateurs destinés à assurer leur formation, leur instruction et leur entraînement. Ces derniers sont de deux types :
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L'objectif des simulateurs de vol est de fournir un entraînement hautement réaliste pour améliorer l'apprentissage. Leur principal atout réside dans le fait qu'ils sont la réplique exacte du cockpit d'un aéronef (avion de chasse, de transport ou hélicoptère) montée sur vérin ou fixe. Ils reproduisent les sons et les mouvements de l'appareil au sol et en vol permettant au pilote de ressentir les sensations d'accélération, les vibrations, les inclinaisons en virage... La restitution visuelle à haute définition est un autre atout. Quant à la palette de scénarios complexes, elle programme des entraînements spécifiques et individuels. Le simulateur contribue également à renforcer la sécurité des vols, car les pilotes expérimentent en cabine les procédures d'urgence qu'il serait périlleux de tenter en vol.
L'enjeu, aujourd'hui, consiste à harmoniser la gestion de l'entretien des simulateurs. Le mot d'ordre pour atteindre cet objectif, diminuer les coûts de gestion du soutien technique. La solution préconisée est de favoriser l'externalisation de ce service auprès d'un prestataire spécialisé. Cette volonté d'externalisation est d'ores et déjà concrétisée puisqu'un premier pas a été franchi le 21 avril 2006. Un contrat, d'une durée de cinq ans renouvelable, a en effet été signé avec l'industriel EADS pour lui déléguer la maintenance des entraîneurs de mission de Cognac.
Simulateurs d'entraînement
L'utilisation des simulateurs d'entraînement s'inscrit comme une démarche pédagogique menée en parallèle ou en amont de l'activité opérationnelle. Les simulateurs d'entraînement équipent l'armée de l'air, testant l'aptitude des aviateurs sur un vaste éventail de compétences, tant sur le plan collectif qu'individuel.
Pour répondre aux besoins d'acquisition et de perfectionnement des compétences, les simulateurs, élaborés sur mesure selon le domaine d'application concerné, créent de la « mise en scène à la carte ». Grâce à l'outil informatique, ils facilitent l'accès à un panel de scénarios de missions, dont la difficulté et l'intensité vont crescendo selon les paramètres fournis.
La modélisation et l'animation virtuelles reproduisent un environnement opérationnel fidèle et offrent la possibilité à l'utilisateur de s'immerger dans un réalisme stimulant.
Les simulateurs d'entraînement servent également à appréhender des situations extrêmes irréalisables dans la réalité. Ils recréent fidèlement la complexité du terrain. Son utilisateur évolue cependant dans un espace-temps élastique et contrôlable, à la différence de la réalité sur les théâtres d'opérations. L'entraînement qu'elle propose supporte d'être interrompu, découpé en séquences ou réitéré. La répétition engendre l'acquisition de réflexes et la confiance en soi.
Véritable pilier de l'entraînement, de l'instruction et du maintien en condition opérationnelle des aviateurs, la simulation d'entraînement ne remplace cependant pas l'expérience gagnée sur le terrain.
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La simulation conditionne aujourd'hui la qualité de la coopération interalliée et de l'harmonie opérationnelle entre l'armée de l'air française et ses homologues. La pleine participation de la France dans les structures de l'Otan, depuis le 4 avril 2009, aura une incidence sur les méthodes et sur les outils de travail. À l'heure actuelle, l'armée de l'air est dotée d'un dispositif disparate de simulateurs d'entraînement et de vol, essaimés sur différentes bases. Seul le centre d'entraînement au combat (CEC) de Mont-de-Marsan, unité avant-gardiste, possède, depuis 2005, des simulateurs de combat aérien reliés en réseau. La nouvelle donne otanienne nécessitera, en conséquence, d'établir une politique spécifique à la simulation et à sa restructuration autour de deux objectifs : l'interopérabilité et la compatibilité entre les systèmes de différents pays. D'ailleurs, les acteurs otaniens travaillent déjà sur le dossier de l'interopérabilité. Le projet Snow Leopard, piloté par le commandement allié pour la transformation de l'Otan à Norfolk, aux États-Unis, vise à entraîner les forces des nations de l'Otan ensemble pour mener conjointement des opérations.
Le centre d'analyse et de simulation pour la préparation aux opérations aériennes (CASPOA) de Taverny, représentant l'armée de l'air française, figure parmi les consultants de ce groupe et a présenté le projet Polaris. Ce dernier projette de connecter les différents simulateurs de la chaîne opérationnelle de chaque force aérienne afin d'éviter que les nations contributrices s'entraînent individuellement.
Droits : Ministère de la Défense