La prévention des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC) est en pleine évolution au sein de l'Otan. La section « intervention NRBC » de Cazaux participe aux formations et aux exercices de l'Alliance. Elle possède une expertise qui la place parmi les nations cadres dans ce domaine.
À l'origine, le sigle NBC désigne une arme nucléaire, biologique ou chimique. Avec la montée du terrorisme, le terme « radiologique » fut ajouté pour désigner la dissémination de produits radioactifs contaminants, notamment par une bombe radiologique ou bombe dite sale (différente d'une bombe nucléaire). L'appellation devient alors NRBC ou CBRN selon la terminologie officielle de l'Otan. Ces armes non conventionnelles sont classées de « destruction massive », car leurs effets sont difficiles à contrôler et à confiner en raison de leur puissance et de leur pouvoir de dissémination dans l'environnement.
Renforcer la protection contre les menaces NRBC dans le domaine de la détection, de l'analyse et de l'intervention est l'une des priorités mise en exergue par le dernier Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale. La France, déjà très active dans le domaine de la recherche et de la mise en place de moyens de protection, de détection et de décontamination, s'emploie d'autant plus à développer les technologies nécessaires à ses armées.
La déclaration du sommet de l'Otan de Prague, approuvée le 21 novembre 2002, avait à l'origine entériné la mise en oeuvre de cinq initiatives de défense contre les armes nucléaires, biologiques et chimiques afin de renforcer les capacités de défense de l'Alliance contre les armes de destruction massive. Ce sommet a vu la création d'un bataillon composé de militaires de plusieurs pays, en alerte pendant une période de six mois, dans le cadre de la force de réaction de l'Otan (NRF). Le personnel désigné pour constituer le bataillon reste basé dans son pays d'origine et se réunit pour l'entraînement et le déploiement. L'armée de l'air a donc mis à disposition du bataillon son équipe d'intervention NRBC rattachée au commandement des forces de sécurité et de protection. La mission principale de cette unité « air » consiste, d'une part, à protéger les forces et, d'autre part, à chercher des preuves et à prélever des échantillons lors d'une agression NRBC. Stationnée sur la base de Cazaux, la section d'intervention NRBC compte des experts qui bénéficient d'une formation de pointe dans le domaine nucléaire et biologique. Autonomes d'un point de vue opérationnel, ils mesurent leur compétence sur le terrain lors d'exercices Otan, comme Volcanex à Saragosse, en Espagne, ou Precise Response, au Canada. Ces exercices permettent de fédérer les équipes NRBC de chaque état-membre pour mieux harmoniser les procédures.
Depuis 2005, la France a également développé un protocole de travail avec la Belgique. Cet accord prévoit un échange de leur expertise chimique contre celle de la France dans le domaine radiologique.
Grâce au système d'alerte biologique de théâtre (SABT), un programme lancé peu après 1995 et confié exclusivement à l'armée de l'air, la France a franchi une nouvelle étape dans l'expertise NRBC. Devenu prioritaire après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, à New York, sa mise en service opérationnel a été officiellement annoncée par le chef d'état-major des armées, le 8 janvier 2010.
Conçu en exemplaire unique, le SABT, mis en oeuvre par l'armée de l'air, représente la première capacité déployable de détection biologique des forces armées, qui bénéficient ainsi d'une détection NRBC et d'une analyse biologique préliminaire sur le terrain. Du même coup, la France se place au premier rang des grandes nations en matière de NRBC. Aucun pays, cependant, n'a développé de système cohérent équivalent au SABT. En effet, sa particularité réside dans sa capacité à, non seulement identifier les agents biologiques, mais aussi d'y associer un réseau de balises déportées.
Le centre de formation des techniciens de la sécurité, sur la base aérienne de Cazaux, est l'unité qui assure la mise en oeuvre du SABT au profit des autres armées, que ce soit lors d'un déploiement pour une opération extérieure ou à l'occasion d'une mission intérieure. Il assure également la formation et la qualification du personnel destiné à armer le SABT, soit 48 personnes, dont douze disponibles en permanence sous 48 heures.
Cette station déployable requiert l'équivalent de quatre avions de transport de type Transall et une équipe de 25 personnes, formées pour réaliser des missions de moyenne ou longue durée.
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