L'armée de l'air est amenée à assurer quotidiennement, sur le territoire français, deux types de missions : la défense aérienne et les missions de service public.
Depuis le 11 septembre 2001, de lourdes mesures de contrôle ont été mises en oeuvre par les compagnies aériennes et les responsables de la sécurité des aéroports. Ces mesures ont été complétées par un dispositif de sûreté aérienne mis à disposition par le chef d'état-major des armées, sous la conduite de l'armée de l'air, pour réagir à tout événement se déroulant en vol. L'objectif étant de faire respecter la souveraineté nationale dans l'espace aérien français et d'assurer la défense du territoire contre toute menace aérienne.
Des interventions sont possibles sur l'ensemble des aéronefs utilisant l'espace aérien français. Toutes les mesures actives de sûreté aérienne (MASA) leur sont applicables. Faisant appel à des moyens actifs (intercepteurs ou armement sol-air), ces mesures permettent de rechercher l'identité d'un aéronef, d'observer son comportement, de lui faire appliquer une obligation, une restriction ou une interdiction, de l'avertir (tir de semonce), voire de le détruire. La phase de vol est soumise à un suivi systématique comparant en permanence le trajet décrit dans le plan de vol et la trajectoire réelle de l'avion.
Tout écart de route ou de comportement peut donner lieu, sur ordre du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes, à une intervention des moyens des armées placés en alerte.
La surveillance du ciel ainsi que la capacité d'intervention s'appuient sur l'activation permanente d'un dispositif qui mobilise, sous l'autorité du centre national des opérations aériennes (CNOA), cinq centres de détection et de contrôle (CDC), des avions de chasse implantés sur différentes bases aériennes, une capacité de ravitaillement en vol, un système de détection aéroporté E-3F, des hélicoptères spécialisés disposant de tireurs embarqués, éventuellement des moyens sol-air ainsi qu'en permanence, pilotes, mécaniciens, contrôleurs aériens, personnels de toutes spécialités.
Au total, 24 heures sur 24, quelque 900 personnes sont prêtes à faire face à toute menace aérienne. Et près de 520 autres sont en astreinte pour renforcer ce dispositif.
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L'armée de l'air assure régulièrement des missions de service public afin de venir en aide à des personnes en difficulté ou en danger, lors de catastrophes naturelles par exemple ou lors d'évacuations sanitaires. L'armée de l'air vient en renfort lors de la mise en place de dispositif de sécurité ou de prévention dont voici quelques exemples.
Conçu en 1978, le plan Vigipirate est un dispositif gouvernemental de défense, de vigilance et de prévention contre les actions terroristes. Les armées y assurent une mission de surveillance aux côtés de la police et de la gendarmerie. Le plan Vigipirate comporte quatre niveaux d'alerte. Chaque niveau est matérialisé par une couleur qui déclenche une série de mesures.
Jaune : accentuer la vigilance face à des risques réels mais encore incertains.
Orange : prévenir le risque d'une action terroriste.
Rouge : prendre des mesures nécessaires pour prévenir le risque avéré de plusieurs attentats graves.
Écarlate : prévenir le risque d'attentats majeurs simultanés ou non.
L'armée de l'air assure les missions de mesures actives de sûreté aérienne (MASA). Aux côtés des centres de détection et de contrôle œuvrant 24 heures sur 24, des avions de combat et des hélicoptères sont en alerte et veillent en permanence à la sûreté aérienne du territoire national.
Cette campagne a été conçue pour faire face à une aggravation des risques de feux de forêts sur le pourtour méditerranéen. Des moyens militaires sont mis à la disposition de la direction de la défense et de la sécurité civile ainsi que du préfet de la zone de défense-sud. Il s'agit d'éviter le moindre départ de feu.
Dans le dispositif, les aviateurs sont mobilisés et se tiennent prêts à intervenir. L'armée de l'air déploie des moyens militaires, répartis entre les bases aériennes d'Istres, d'Orange, de Salon-de-Provence et de Solenzara, pendant la durée de la campagne Héphaïstos.
Ces moyens se traduisent par la mise en place de quatre modules adaptés de surveillance (MAS). Chacun étant composé d'une quinzaine de militaires et de sept véhicules d'intervention tout terrain, équipés de radio, de moyens d'observation et de transmission.
Aux patrouilles au sol, s'ajoute l'ensemble du personnel navigant sensibilisé à la prévention des incendies et des pollutions maritimes. En vol, ils veillent particulièrement à tout départ de feu éventuel. Par ailleurs, une équipe d'experts de l'armée de l'air reste mobilisée pour gérer le flux aérien des appareils de lutte contre les incendies : elle opère depuis un poste de commandement basé à Valabre, à proximité d'Aix-en-Provence.
L'engagement opérationnel de l'armée de l'air ne se résume pas à la mission de sûreté aérienne. Elle assure, notamment, sous tutelle du ministère chargé des transports, la direction générale des opérations de recherche et de sauvetage des aéronefs en détresse.
Cette mission s'exerce au profit de tous les usagers de l'espace aérien, quelles que soient leur origine et affiliation, privées et étatiques. Ce sont les mêmes personnes et moyens, renforcés d'unités terre, marine ou de la sécurité civile qui effectuent cette mission de protection au profit des citoyens.
En France, il existe quatre centres de coordination et de sauvetage (CCS) : Lyon, Cinq-Mars-la-Pile, Drachenbronn et Mont-de-Marsan. Ils assurent la recherche et le sauvetage (SAR - seach and rescue) des aéronefs. Ces centres veillent en permanence aux fréquences de détresse. Ils assistent également les aéronefs civils et militaires (français et étrangers) qui se trouvent en difficulté. Sous les ordres de la haute autorité de défense aérienne, le CCS coordonne les actions de recherche et de secours aux victimes d'accidents aériens. Pour y parvenir, le centre dispose de moyens (personnel et aéronefs) qui sont mis en alerte 24h/24. Les recherches se déroulent en coordination avec les nombreux organismes étatiques.
La déclaration du sommet de l'Otan de Prague, approuvée le 21 novembre 2002, entérine la mise en oeuvre de cinq initiatives de défense contre les armes nucléaires, biologiques et chimiques afin de renforcer les capacités de défense de l'Alliance contre les armes de destruction massive.
Ce sommet a vu la création d'un bataillon composé de militaires de plusieurs pays, en alerte pendant une période de six mois, dans le cadre de la force de réaction de l'Otan (NRF). Le personnel désigné pour constituer le bataillon reste basé dans son pays d'origine et se réunit pour l'entraînement et le déploiement.
L'armée de l'air, met à disposition du bataillon son équipe d'intervention NRBC rattachée au commandement des forces de sécurité et de protection.
La mission principale de cette unité « air » consiste, d'une part, à protéger les forces et, d'autre part, à chercher des preuves et à prélever des échantillons lors d'une agression NRBC.
Stationnée sur la base de Cazaux, la section d'intervention NRBC compte des experts qui bénéficient d'une formation de pointe dans le domaine nucléaire et biologique.
Depuis 2005, la France a développé un protocole de travail avec la Belgique. Cet accord prévoit un échange de leur expertise chimique contre celle détenue par la France dans le domaine radiologique.
Autonomes d'un point de vue opérationnel, les membres de la section intervention mesurent leur capacité sur le terrain lors d'exercices otaniens.
La mise en service opérationnel du système d'alerte biologique de théâtre (SABT) de l'armée de l'air a été officiellement annoncée par le chef d'état-major des armées, le 8 janvier 2010. Conçu en exemplaire unique, le SABT représente la première capacité de détection biologique des forces armées, qui bénéficient ainsi d'une détection NRBC et d'une analyse biologique préliminaire sur le terrain. Le centre de formation des techniciens de la sécurité, sur la base aérienne de Cazaux, en assure la mise en œuvre au profit des autres armées lors d'un déploiement pour une opération extérieure ou une mission intérieure. Il assure également la formation et la qualification du personnel destiné à armer le SABT. La capacité SABT place la France dans le peloton de tête des grandes nations en matière de NRBC.
Droits : Ministère de la Défense