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Équipements et stages de survie

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Mise à jour : 12/07/2010 13:44

En cas de problème, le personnel navigant en mission peut-être amené à s’éjecter ou à évacuer un aéronef. Au sol, il doit être équipé et formé pour survivre en attendant sa récupération. Objectif : anticiper les situations les plus extrêmes.

Un pilote est en mission quelque part dans le monde. En vol, un voyant s’allume sur le tableau de pannes de son avion, signalant un grave problème de moteur. Après avoir rapidement évalué la situation et appliqué les procédures d’urgence, l’aviateur n’a pas d’autre choix que de tirer la poignée d’éjection. La descente semble durer d’interminables minutes pour le pilote suspendu à son parachute. Après un rude atterrissage, il réalise qu’il est au sol, sain et sauf. Mais il se trouve désormais seul dans un environnement inconnu. Et maintenant, que doit-il faire ?

Le personnel navigant est préparé à affronter ce type de situation ultime : survivre. D’une part, tous les aéronefs sont équipés de paquetages de survie élaborés, testés et conditionnés par des unités de l’armée de l’air. Quel que soit le milieu dans lequel il se trouve, l’aviateur dispose de plusieurs équipements nécessaires et adaptés pour se protéger, se signaler et assurer sa survie en attendant sa récupération.

D’autre part, l’acte de survivre représente un véritable savoir-faire qui ne s’improvise pas. Le centre de formation à la survie et au sauvetage, une unité unique dans l’armée de l’air, instruit le personnel navigant de la Défense aux techniques élémentaires qui pourront leur sauver la vie, en temps de paix et en temps de guerre. Des stages spécifiques en milieux inhospitaliers sont également proposés. Parmi eux, la forêt équatoriale qui revêt une part de mystère qu’il faut appréhender et apprivoiser.

Dans «lenfer vert»

Seize pilotes et navigateurs de l’armée de l’air ont participé à un stage de survie en milieu équatorial. Plongeon en images dans la jungle guyanaise, surnommée «l’enfer vert».

Les yeux cernés et une barbe de quelques jours soulignent les traits tirés des survivants. La plupart ont leur combinaison de vol trempée et déchirée à plusieurs endroits. Réunis sur un point haut, ils scrutent le ciel, attendant d’apercevoir l’hélicoptère Puma qui viendra les récupérer. Ces 19 membres du personnel navigant de la Défense (seize de l’armée de l’air, deux de la Marine nationale et un de l’armée de terre) ont vécu près de quatre jours et trois nuits dans la jungle guyanaise, avec un paquetage de survie pour unique «allié». Tous ont été volontaires pour suivre un stage en milieu équatorial début mai, organisé par le centre de formation à la survie et au sauvetage (CFSS), implanté à Cazaux. Quinze jours plus tôt, les stagiaires sont arrivés sur la base aérienne de Rochambeau, en Guyane, tandis que la saison des pluies battait son plein. «Nous choisissons cette période de chaleur et d’humidité afin de bénéficier des conditions les plus extrêmes», explique le commandant Emmanuel Crubellier, commandant le CFSS.

L’objectif du séjour est d’acquérir des connaissances sur les procédures, le matériel et le milieu inhospitalier. «Nous enseignons aux stagiaires des techniques élémentaires de survie en jungle, explique l’adjudant-chef Lallemand, instructeur au CFSS. Mais le plus important est de leur donner une première approche d’un milieu inconnu.» Le déroulement du séjour est progressif. Les futurs survivants suivent une phase théorique de trois jours sur la base aérienne de Rochambeau avant de rejoindre une zone d’acclimatation dans la forêt équatoriale. Ils y passent trois jours et deux nuits avec pour leitmotiv de «démystifier la jungle : il faut s’adapter au milieu et prendre l’habitude de faire attention aux dangers réels qui sont différents de ceux que nous rencontrons en métropole», insiste l’adjudant-chef Mabire, un instructeur du CFSS. Parmi les précautions à prendre : pour éviter qu’un scorpion ne se trouve au fond d’une chaussure, la retourner systématiquement sur des piquets en bois et la taper avant de l’enfiler le matin. Très vite néanmoins, les stagiaires découvrent un monde plein de ressources pour qui doit y survivre. «Cette forêt, souvent surnommée «l’enfer vert», représente une véritable mine d’or et un paradis vert pour un survivant potentiel», annonce l’instructeur. Les journées sont rythmées par des cours et des démonstrations jusqu’à 17 heures. Au programme des soirées, bain obligatoire dans la rivière, dîner à la lueur d’une bougie et nuit en hamac.

Après la phase d’acclimatation, les stagiaires sont fin prêts à vivre l’ultime et véritable situation de survie en jungle. Durant cette étape, les survivants sont seuls (chasse monoplace), en binôme (chasse biplace) ou en groupe (transport et hélicoptère) vêtus de leur tenue de vol et seulement équipés du paquetage de survie présent dans les aéronefs. Ils doivent restituer l’ensemble des connaissances acquises lors des derniers jours, mais également tout au long de leur carrière militaire. Chaque jour, un instructeur accompagné de l’équipe médicale se rend sur les différentes zones de survie pour s’assurer du bon déroulement de l’exercice. «Nous essayons de rester seulement quelques minutes avec les survivants pour ne pas briser leur sentiment d’isolement», explique le commandant du CFSS. Lors de la première visite, l’adjudant-chef Lallemand n’hésite pas à apporter de précieux conseils sur l’amélioration des abris. «Ils vont rapidement se rendre compte des défauts après avoir passé leur première nuit, souligne-t-il avec expérience. Dès demain, ils feront probablement des modifications.» Les jours suivants, les survivants mettront en place un dispositif de signalisation avant de commencer à chercher de la nourriture. «Nous leur avons enseigné les bénéfices de planifier leur journée pour garder le moral, rester actif et positif», ajoute-t-il. La pêche est une activité prisée par les apprentis survivants. Lorsqu’elle est fructueuse, elle leur offre de quoi manger. Dans tous les cas, «cela aide à passer le temps». Ce ne sont pourtant pas les journées qui sont les plus difficiles à vivre... «Les nuits sont interminables, confie l’un des pilotes de chasse épuisé. Il faut se mettre «au lit» à la tombée de la nuit, à environ 17 heures, et attendre qu’il fasse jour pour bouger vers 6 heures du matin. Entre la pluie, les moustiques, l’inconfort et les bruits de la jungle omniprésents, je ne parviens pas à dormir plus de quelques heures entrecoupées sur près de 12 heures dans l’abri.» Pour d’autres, le plus dur est de lutter contre l’épuisement physique. «Chaque geste, chaque tâche prend plus de temps chaque jour et demande davantage de réflexion au fur et à mesure que le temps passe», raconte l’un d’entre eux.

Même si les survivants ont apprécié et profité des enseignements d’une telle expérience, à l’heure de la récupération, un franc sourire illumine tous les visages.

Les quatres priorités de la survie (format pdf, 2 MB).

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