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La maîtrise de la 3D

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Mise à jour : 21/07/2011 11:01

La maîtrise de la 3D impose à l'armée de l'air de posséder quatre atouts essentiels : la permanence, la réactivité, la visibilité et l'allonge.

Atout 1: la permanence

Le devoir de permanence des forces aériennes françaises consiste à garantir la souveraineté de l’État ainsi qu’à assurer la protection des populations et des territoires contre des menaces venant de la troisième dimension (3D), de type terroriste ou sous la forme de trafics en tout genre. La sécurité du ciel français, ou la défense aérienne, est au cœur de cette responsabilité, une mission assurée par l’action coordonnée de plusieurs acteurs. Les contrôleurs aériens traquent le moindre mouvement des aéronefs évoluant sur leurs écrans radars au sein des centres de détection et de contrôle. Les pilotes des avions de chasse et des hélicoptères sont placés en alerte dans le cas du déclenchement d’un décollage immédiat. Il s’agit de la permanence opérationnelle déclenchée par le centre national des opérations aériennes de Lyon Mont Verdun. La capacité d’élévation fait également de la 3D un milieu privilégié pour l’observation et la surveillance de l’activité des hommes, jusqu’à l’espace extra-atmosphérique grâce au radar Graves, qui observe les mouvements des satellites en orbite basse.

Les chasseurs et les hélicoptères en alerte se partagent la mission pour identifier, intercepter ou assister les aéronefs qui survolent le territoire national, au nombre de 10 000 à 15 000 en moyenne par jour. Les hélicoptères Fennec, quatre au total répartis sur les bases aériennes de Villacoublay, Metz, Orange et Bordeaux, s’occupent des engins volant à basse altitude comme ULM, parapentes, planeurs ou encore, avions de tourisme. Au premier semestre 2010, ils ont comptabilisé 296 sorties dont neuf interceptions. Les huit Mirage 2000 et Rafale, pour leur part, en alerte depuis Mont-de-Marsan, Orange, Creil et Lorient, identifient, interceptent ou arraisonnent tout appareil classé suspect ou détourné ou encore, viennent en aide aux avions en détresse. Au premier semestre 2010 toujours, ils ont réalisé 91 sorties dont 50 interventions. La défense aérienne française s’exporte également à l’étranger. Parmi les opérations les plus récentes, Balto en 2007 et Air Baltic en 2010 et 2011 ont mobilisé un détachement français sur la base de Siaulaï, en Lituanie, pour assurer la protection de l’espace aérien des trois pays baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie). En 2008, c’est la protection du ciel islandais qui a été assurée par l’armée de l’air avec Air Islande.

Atout 2: la réactivité

La réactivité des capacités aériennes va de pair avec leur flexibilité. Les aéronefs sont répartis sur les théâtres, placés en alerte ou encore, dédiés à la réalisation de missions d’entraînement au sein de leurs escadrons respectifs. Au coup de sifflet bref, selon l’expression consacrée, tous sont capables de se rendre immédiatement disponibles. Les avions de chasse décollent en moins de quelques minutes pour les besoins de la protection de l’espace aérien, les avions de transport acheminent du fret et transportent des troupes ou des ressortissants français, tandis que les hélicoptères recherchent, secourent et évacuent d’éventuels accidentés.

En juillet 2006, l’opération Baliste a été déclenchée à la suite des troubles dus au conflit israélo-libanais. Trois hélicoptères EC 725 Caracal ont été déployés pour établir des rotations entre Beyrouth et Chypre afin d’évacuer des ressortissants français, parfois blessés. Près de 300 d’entre eux ont ainsi été pris en charge en une quinzaine de jours, puis rapatriés en France. Les mêmes appareils ont, quelques mois plus tard, rejoint le théâtre afghan.

En Afghanistan, les Mirage et les Rafale démontrent quotidiennement leur aptitude à assister les troupes au sol. Comme le mentionne le compte-rendu de la commission de la Défense nationale et des forces armées d’octobre 2007, « ils luttent contre les Talibans, soit de manière autonome, soit en étroite coopération avec les troupes au sol et participent à la sécurité des soldats engagés. Lorsque les troupes de surface sont assaillies, elles font appel à des appareils de la coalition qui viennent sur zone en quelques minutes afin de dissuader ou bombarder les adversaires, si nécessaire».

Atout 3 : la visibilité

«Notre stratégie d’influence doit s’appuyer sur l’existence de capacités visibles, quantifiables et reconnues, dont l’engagement, potentiel ou réel, contribue à la manœuvre politico-diplomatique. » Le général Paloméros, chef d'état-major de l'armée de l'air est clair. Pour préserver la paix, il est impératif d’être crédible, donc visible. Cette « crédibilité doit dissuader tout adversaire d’agir ou, s’il agissait, d’être capable de lui porter des coups décisifs ».

La dissuasion nucléaire est le socle sur lequel repose le concept de défense de la France qui lui permet de peser sur la scène internationale. Elle se fonde sur la perception, par tout adversaire potentiel, des risques inacceptables que pourrait entraîner une agression contre la France ou contre ses intérêts stratégiques. Le principe de dissuasion consiste non à attaquer mais à décourager de le faire, ce qui revient à parler d’intimidation et des moyens nécessaires pour y parvenir. Ces moyens constituent la composante aéroportée et comprennent le Mirage 2000 N et le Rafale. L’arme nucléaire qu’ils emportent se décline en deux missiles. Le missile air-sol moyenne portée (ASMP) et le nouveau ASMP dans sa version améliorée (ASMP-A), arrivé en 2009 pour le Mirage, en 2010 pour le Rafale. Équipé d’une tête nucléaire aéroportée, l’ASMP-A peut être tiré à différentes altitudes et vole en supersonique en suivant des trajectoires qui lui permettent de contrer les menaces adverses. L’activité suscitée par un entraînement régulier (manipulation des missiles, convoyage, accrochage et simulation d’un tir) est visible par satellite, les faits et gestes français sont donc perçus par le reste du monde, transmettant le message que le pays est capable d’assurer la mission nucléaire à n’importe quel moment.

Atout 4 : l’allonge (ou le rayon d’action)

De la même manière que l’allonge d’une arme à feu signifie sa portée pratique et exprime la distance maximale d’emploi réaliste, l’allonge dans le domaine aéronautique consiste en la capacité d’étendre son rayon d’action, de projeter ses moyens et leurs effets loin de ses frontières. Cette allonge est rendue possible grâce à deux éléments clefs : le pré-positionnement des forces et le ravitaillement en vol.

En plus de ses bases métropolitaines, l’armée de l’air dispose de nombreux sites disséminés à travers le monde : en outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Polynésie française), mais également, en des points stratégiques (Sénégal, Tchad, Djibouti et Émirats arabes unis), qui lui confèrent une capacité inégalable de rayonnement, de stabilisation et d’action pour la sécurité de la région. La partie de l’Afrique où la France est impliquée est si vaste qu’elle pourrait être vue comme la juxtaposition de théâtres nécessitant une grande quantité de points d’appui. «À partir d’une position centrale à N’Djamena, l’armée de l’air peut intervenir sur toute la partie de l’Afrique subsaharienne. Elle surveille régulièrement la frontière entre le Tchad et le Soudan, elle est intervenue lors des deux derniers épisodes de crise en République centrafricaine ou bien elle peut assurer la surveillance des élections en République démocratique du Congo sous mandat de l’Onu », énumère le compte-rendu de la commission de la Défense nationale et des forces armées. Tous ces sites stratégiques représentent également des plateformes de transit essentiels pour les avions dans le cas de convoyages.

Le ravitaillement en vol, assuré par le C135FR, est une capacité de l’Otan que seule la France détient aux côtés des Américains et des Britanniques. Elle lui offre la possibilité d’assurer une multitude de missions. L’avion ravitailleur, ou tanker, permet aux Mirage 2000 N et aux Rafale de délivrer le missile nucléaire ou le missile de croisière conventionnel (Scalp) à des milliers de kilomètres de leurs bases. Il garantit à la flotte des chasseurs la possibilité de participer à des exercices interalliés partout dans le monde grâce aux convoyages d’avions d’armes. Il concourt à la bonne marche de la mission en Afghanistan en ravitaillant tous les types d’appareils de la coalition et de toutes les nationalités, « en maximisant le temps sur zone ». Enfin, depuis la base de N’Djamena, au Tchad, il favorise le déplacement des avions de chasse en Afrique subsaharienne.

Sources : Armée de l'air
Droits : Armée de l'air

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