Les obsèques de Roland de la Poype ont été célébrées, le 30 octobre 2012, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris. La mémoire de ce compagnon de la Libération, ancien pilote des forces aériennes françaises libres (FAFL) a été saluée au cours d’une cérémonie religieuse suivie d’une cérémonie militaire, présidée par le colonel Fred Moore, chancelier de l’ordre de la libération.
La cérémonie a rassemblé la famille de Roland de la Poype, ses amis et de nombreux compagnons d’armes. Le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, était également présent pour rendre hommage à cette figure de l’aviation française, héros de la Seconde Guerre mondiale. «Nous honorons aujourd’hui la mémoire d’un grand aviateur qui illustre des qualités telles que l’excellence et l’intégrité», a déclaré le chef d’état-major aux médias russes, présents pour l’occasion. En effet, une délégation de l’armée de l’air soviétique s’est déplacée et quelques uns de ses chœurs ont accompagné l’entrée du cercueil dans la cathédrale.
À la fin du service religieux, les honneurs militaires ont été rendus à Roland de la Poype, dans la cour d’honneur des Invalides, par un détachement de la base aérienne 123 d’Orléans et en présence d’une délégation du régiment de chasse 2/30 «Normandie-Niemen» (ou "Neu Neu"). «Rendre hommage à notre ancien est un honneur», livre avec émotion le commandant Alexandre Richard, commandant en second du «Neu-Neu». Et d’ajouter : «À ce jour, un seul pilote ayant combattu sous les couleurs du régiment au sein des FAFL et quelques mécaniciens sont encore vivants. Régulièrement, nous leur rendons visite lors de nos déploiements. Malheureusement, je n’ai pas pu rencontrer personnellement M. de la Poype et partager ses aventures. Mais il laisse un bel héritage historique derrière lui, notamment à travers ses écrits.» Les murs du régiment de chasse 2/30, installé à Mont-de-Marsan, sont ainsi imprégnés de l’histoire du légendaire «Normandie-Niemen», écrite par des héros, tels que Roland de la Poype.
Homme «unanimement respecté, dont la personnalité riche et attachante a marqué les générations», comme l’indique le colonel Moore, Roland de la Poype s'engage le 5 décembre 1939 au bataillon de l'air 131 du Mans. Promu caporal à l’école élémentaire de pilotage d’Angers, il est breveté en février 1940. Il répond alors à l'appel du 18 juin du général de Gaulle et intègre les FAFL. Après une soixantaine de missions, il se porte volontaire pour rejoindre le groupe de chasse n°3 «Normandie» qui se constitue au Moyen-Orient, avant de partir pour la Russie fin novembre 1942. Pilote chef de patrouille, il se distingue au cours de multiples opérations. Fait «héros de l’union soviétique», il reçoit le commandement de la 1ère escadrille. À la fin du conflit, totalisant 1 200 heures de vol et 16 victoires aériennes, il est autorisé par Staline à ramener son Yak 3 sur le territoire français et quitte l’armée en 1947. Grand-croix de la Légion d’honneur, le colonel de la Poype laisse le «souvenir d’un homme aux talents multiples, courageux et toujours amical», conclut le chancelier de l’ordre de la libération.
Retrouvez la biographie complète de Roland de la Poype.
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Sources : Armée de l'air
Droits : Armée de l'air