Affectée sur la base aérienne 107 de Villacoublay, l’adjudant L. est infirmière-convoyeuse de l’air au sein de l’escadrille aéro-sanitaire. Trois fois par an, elle troque sa blouse d’infirmière pour assurer une mission d’expertise en Medevac (Medical Evacuation – évacuation médicale), au sein de l’état-major opérationnel-santé (EMO-santé), durant une semaine d’astreinte.
«Nous nous relayons afin qu’une convoyeuse de l’air occupe ce poste en permanence tout au long de l’année, explique la jeune adjudant. Notre rôle consiste à conseiller l’EMO-santé lorsque le recours à des moyens aériens est nécessaire. Au cours de notre formation de convoyeuse de l’air, nous développons en effet une réelle expertise dans le domaine de la médecine aéronautique.»
Parmi ses nombreuses attributions, l’EMO-santé possède l’autorité de déclencher, lorsque l’état de santé de militaires l’exige, des Medevac. Ces dernières peuvent se dérouler aussi bien en métropole qu’à l’étranger. En raison de l’éloignement de nombreux théâtres d’opérations, le recours à des moyens aériens, tels que les Falcon ou les C135 médicalisés, est fréquent.
L’actualité l’a encore rappelé. Le 20 janvier 2012, en Afghanistan, une fusillade éclate sur une base militaire en Kapisa. Un groupe de soldats français effectuant une séance d’entraînement physique est attaqué par un soldat de l’armée afghane. Une vingtaine de militaires français sont touchés : 4 décèdent et une quinzaine sont blessés, dont 8 dans un état grave. Immédiatement, une procédure de Medevac est déclenchée. Des hélicoptères français et américains décollent pour évacuer les blessés vers les hôpitaux militaires français de Kaboul et américain de Bagram où ils sont pris en charge. À l’EMO-santé, les moyens d’évacuation médicale vers la France s’organisent.
«Dans les minutes qui ont suivi cet incident, nous avons reçu un compte-rendu de notre cellule santé (J Med) en Afghanistan, détaille l’adjudant L. À partir des premiers éléments, il nous a fallu organiser les moyens aériens. Étant donné le nombre important de blessés, nous avons sollicité auprès du centre opérationnel des forces aériennes stratégiques (COFAS) un avion de type C135 équipé d’un kit MORPHEE (MOdule de Réanimation pour Patient à Haute Élongation d'Évacuation). Puis, nous avons contacté le centre opérationnel de l’armée de l’air (CO Air) qui nous a attribué une liaison aérienne par avion Casa, afin d’acheminer le personnel médical vers la base aérienne d’Istres, plate-forme où sont basés les C135. La réactivité de chacun a été exemplaire.»
Grâce à l’action conjuguée de l’ensemble des intervenants du ministère de la Défense, les blessés français ont été rapatriés en métropole, puis admis dans les dans les établissements hospitaliers militaires parisiens.
L’EMO-santé appartient au service de santé des armées. Il est né en 2009 de la transformation du bureau « opérations » de la direction centrale du service de santé des armées (DCSSA), dans le cadre de la réforme du commandement stratégique des opérations qui réunira, à terme, tous les acteurs du domaine opérationnel sur le site de Balard. L’EMO-santé travaille en miroir du centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de l'état-major des armées. Il travaille également en liaison avec les autres centres de commandement opérationnel des armées, notamment avec le CO Air.
Plus d’informations sur le site du service de santé des armées
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Sources : Armée de l'air
Droits : Armée de l'air